La révolte du ghetto de Varsovie : sanctification ou suicide ?
Le cours examine si le combat de l'OGC relève du Kiddouch Hachem ou d'un suicide collectif, à la lumière de la loi.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Le Hessed, 51 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## La mémoire du 10 Tevet
Bon matin, bon matin. Le cours d'aujourd'hui sera bien entendu lié à la mémoire du 10 Tevet, qui à l'origine parle du siège mis devant Jérusalem, mais qui fut décidé aussi par la Rabbanout d'Israël comme le jour où le peuple d'Israël prononcerait un Kaddish à la mémoire de tous ceux qui avaient…
Alors, à ce sujet, j'ai choisi aujourd'hui de vous parler de la révolte du ghetto de Varsovie, mais pas de vous raconter l'histoire de la révolte du ghetto de Varsovie, mais de voir, ou d'essayer d'entrevoir dans la révolte, si nous pouvons considérer la révolte armée de l'Organisation juive de combat, l'OJC, comme un acte qui relève simplement d'une appréhension grande et fière d'un nationalisme vibrant, ou bien est-ce que, d'après la loi, la législation toranique, il y aurait là à redire quant à la volonté de ces hommes et de ces femmes de s'engager dans un combat qui avait peu de chance de réussir et donc énormément de chance de périr au cours de ce combat ? Je veux voir avec vous essayer de comprendre dans le temps qui nous est imparti. On ne pourra pas tout faire.
Mais essayez de vous apporter ces notions que sont Kiddouch Hachem, Kiddouch Hahayim, Yibud Atzmo Lada'at. Kiddouch Hachem sanctifiait le Don de l'Éternel. Kiddouch Hahayim sanctifiait la vie. Yibud Atzmo Lada'at, c'est celui qui a perdu toute raison d'être, en clair, la traduction en hébreu: celui qui se suicide. Vous comprenez ?
Que lorsque je viens parler de la révolte du ghetto de Varsovie, je veux savoir, je veux entendre si oui ou non, dans l'action de ces hommes, religieux et non religieux, qui se sont unis dans l'Organisation juive de combat, il y avait un Kiddouch Hachem, un Kiddouch Hahayim, ou bien un suicide collectif. Les occurrences de l'événement du ghetto de Varsovie et des décisions qu'il faudra prendre auront des relents jusque dans la pensée philosophique juive, la géopolitique juive, la manière de gérer un gouvernement juif nouvellement indépendant. Mais
ça touchera aussi à un domaine dont je n'ai pas beaucoup de temps pour vous en parler, si ce n'est pour vous dire la loi et la législation qui concerneront les malades en fin de vie, ce qu'on appelle les malades terminaux. Ça a trait à Kiddouch Hachem, Kiddouch Hahayim, suicide. C'est clair ? Je ne peux pas rentrer dans le détail. Le dernier propos sur lequel j'ai travaillé pendant deux ans, ça concerne 300 heures de cours. C'est donc un match impossible. Mais sachez qu'un événement comme celui-ci aura
des relents dans l'histoire des hommes: politique, médicale, philosophique, morale, éthique.
Le premier passage que je vous ai inscrit ici, d'abord, vous avez vu qu'il y a des passages en très gras et des passages qui sont presque transparents. Je vous ai mis au départ Régech HaLeumi, Assechei l'Akara Ilchati, Sheloh Lakhi. Je traduirai Régech HaLeumi par le nationalisme, et Assechei l'Akara Ilchati par le légalisme.
Régech HaLeumi, c'est la sensibilité d'appartenir au collectif d'Israël, d'appartenir à la communauté d'Israël. C'est-à-dire de considérer Israël non pas comme une communauté, mais comme une nation, comme un peuple. Et au nom de ce peuple, cela m'engage à quoi ? Le deuxième trait, Assechei l'Akara Ilchati, c'est celui qui doit légiférer dans la froideur du jugement, c'est-à-dire sans émotion aucune. Vous comprenez que dans le premier cas de figure, à Régech HaLeumi, le mot Régech, sensibilité, émotionnalité, vis-à-vis de ma responsabilité d'appartenance, de ma responsabilité dans l'appartenance qui est la mienne à ce peuple, à cette collectivité d'Israël.
La loi va quelquefois, la raison va quelquefois à l'encontre du cœur. Bien que je vous aie expliqué dans d'autres cours que chez nous, nous allons à l'encontre de ce que Pascal avait énoncé dans ses Pensées, où le cœur aurait des raisons que la raison ne connaîtrait pas, il y a chez nous justement, et à travers ce cours aussi, une formidable affirmation que le cœur a des raisons que la raison doit connaître. Ce qui contredit la pensée pascalienne. Mais ce que nos sages enseignent, simplement, je fais
une parenthèse rapide: la dphiline du bras est près du cœur, la dphiline de la tête près de la raison. Il est impossible de mettre l'une sans l'autre: le cœur a des raisons que la raison doit connaître. Je ne m'étale pas, mais comme dit le Maharal de Prague, « à mes vignes, il y a vignes, celui qui doit comprendre, comprendra ». Mais comprenez qu'il y a là quelque chose de très, très profond. Bien entendu.
Est-ce que j'agis dans mon existence simplement par l'émotion qui m'entreprend ici, ou est-ce que j'agis simplement avec l'intellect froid, sans aucune émotion ? Tu comprendras bien que nous ne pouvons accepter l'émotivité seule ou la raison froide seule. Vous savez, quand on t'exprime « mettre un peu d'eau dans son vin », ça veut dire essayer de tempérer le jugement. Le jugement, il est froid, il est raide, il est autoritaire. Il ne fait pas appel. La décision de ton père, du juge, du maître, elle est telle. Mais
mettre un peu d'eau dans son vin, c'est mettre un peu de base, même si le pH de l'eau, c'est zéro. Le pH de l'eau serait considéré comme basique par rapport à l'acidité du vin. Mais comprenez que même en ce moment, dans le cours qui est le nôtre, alors que nous vivons, il y a continuellement dans votre organisme un équilibre acido-basique qui se fait, c'est-à-dire une tempérance. Une tempérance.
Oui, c'était en classe de seconde-première. C'est bien. Donc, je lis la première phrase. Regardez la fin de la première phrase, juste avant Brachot Youdalef. « Même si l'homme se retrouve dans une situation où il aurait l'épée posée sur son cou comme un joug… »
Al imana atzmo minarachamim, il ne doit pas désespérer de la miséricorde divine jusqu'au dernier moment. Retenez. Je continue. Les deux Sipourim, je ne vais pas vous les raconter parce que c'est trop long et nous n'avons pas le temps. Mais le premier Sipour, Rav Daniel Bekiilato Bekelm, cela parle du suicide collectif.
Au moment où les Allemands rentraient dans le village et rassemblaient les Juifs, au moment où on les emmenait dans la forêt, que la fosse avait été creusée, qu'on les déshabillait à nu, hommes, femmes et enfants, et que les Einsatzgruppen étaient derrière avec les mitrailleuses, on savait très bien ce qui allait se passer au dernier moment. Ces gens se sont jetés sur les Allemands. Se sont-ils suicidés ? Ou pas ?
Le deuxième cas, Kéber Achim, bé, bé, Yehudé Kaïden, en Ukraine. C'est la révolte contre ces Allemands qui allaient les mitrailler. Dans un cas comme dans l'autre, il y a d'un côté ceux qui veulent se révolter, combattre contre les Allemands, et il y a ceux qui choisissent de provoquer l'Allemand pour les tuer, pour en finir au plus vite, c'est-à-dire rapprocher le moment de la mort. Elle devait être à 10h15. Leur réaction a provoqué leur mort à 10h45. Je veux que vous entendiez tout ce que je dis.
Cours de Machon Meir
Dans la même série
64 cours de Rony Akrich, donnés au Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Émouna, Rav Kook, Erets Israël, Techouva.
- 31
La notion nationale dans l'étude de la TorahPourquoi la Torah dévoile la neshama du peuple d'Israël, qui la précède, et ce que cela change dans l'étude et les mitsvot. - 32
La Torah est-elle d'origine divine ? La question de l'historicitéComment distinguer un récit véridique d'un mensonge, et pourquoi le souvenir collectif de la Révélation compte. - 33
l’action et l’intention - 34
Le cœur a des raisons que la raison doit connaîtrePourquoi nos sentiments appellent un examen de leur origine, selon le Rambam dans ses Chmoné Prakim. - 35
La révolte du ghetto de Varsovie : sanctification ou suicide ?Le cours examine si le combat de l'OGC relève du Kiddouch Hachem ou d'un suicide collectif, à la lumière de la loi. - 36
Le Hessed - 37
Le rejet de la Torah, révolte morale plutôt que faiblesseLe Rav Kook y voit une révolte de l'idéalisme moral, non un défaut de maîtrise de soi, et tire les conséquences pour notre génération. - 38
L’enseignement du Rav Cherki pour l’anné prochaine - 39
Les dix plaies d'Égypte et le choix d'IsraëlPourquoi les plaies sont scindées en deux blocs, et ce que révèle la plaie des ténèbres sur le choix d'Israël. - 40
Les datim leumiim, qui sont-ils vraiment ?Une kippa ne suffit pas à définir le camp national, la vraie question est le lien entre Torah, Erets Israël et État.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav