Maïmonide : la techouva est un acte de la volonté
Le cours définit la techouva comme l'abandon de la volonté de pécher, et non la simple cessation du péché.
Rav Oury Cherki
Ensuite : La techouva comme changement de volonté selon le Rambam, 45 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Nous allons continuer dans Hilchot Techouva, au chapitre Beit, halakha Beit. Chers amis, excusez ma difficulté à m'exprimer aujourd'hui: j'ai un peu perdu la voix, pas totalement, malheureusement pour vous. Nous allons donc continuer le chapitre Beit, halakha Beit.
J'ai découvert, à mon grand étonnement, qu'une partie des élèves présents n'ont pas le texte. Comment cela se fait-il ? C'est terrible. Le résultat est que certains d'entre vous ont posé des questions qu'ils n'auraient pas posées s'ils avaient eu le texte sous les yeux. Enfin, que faire ? Donc, Perek Chéni, halakha Beit. C'est dans votre photocopie, en bas à droite. Oumah HaTechouva. Qu'est-ce que c'est que la techouva ? On a déjà remarqué que l'emplacement de cette question est très bizarre, ça aurait dû être au début. Mais comme on a compris la dernière fois, il y a des notions qu'on ne peut comprendre que si on les a d'abord rencontrées. C'est-à-dire que si on a une certaine expérience d'une notion, alors on peut commencer à la définir. C'est une fiction qu'on a parfois, de se dire qu'il faut d'abord donner des définitions avant d'expliquer, ce qui est tout à fait faux.
Par exemple, pouvez-vous m'expliquer ce qu'est un chiffre ? La vérité est que c'est absolument inexplicable si vous n'avez pas d'abord fait du calcul. Quand on a calculé les rapports entre les chiffres, alors on peut commencer à se poser des questions, mais qu'est-ce qu'un chiffre ? Il faut donc d'abord avoir rencontré la chose. La même chose pour la techouva. Il faut d'abord avoir fait une connaissance plus ou moins intuitive de ce qu'est la techouva, et à partir de là, on peut donner des définitions absolues.
Nous allons passer maintenant à la définition de la techouva. D'abord, dans quelle partie de l'être, dans quelle partie de la personne, est-ce que ça se passe ? Avez-vous une réponse ? Le cœur, la néchama ? Oui, et puis ? Le néfèch ? Oui. Le cœur et la néchama. Le corps aussi, il faut qu'il participe.
Il y a quand même un dénominateur commun à toutes les réponses que vous avez données: le cœur, la néchama, le cœur et la néchama, et le néfèch. Le dénominateur commun de toutes ces réponses, c'est qu'elles sont fausses. La techouva est quelque chose qui se produit dans la volonté. C'est la volonté. — Comment ? — Je veux bien que ça fasse partie de la néchama, mais dans ce cas, ça demanderait quelle partie ? — Du corps. — La volonté fait partie du corps ? Je ne sais pas, je n'ai jamais vu un corps doué de volonté. En vérité, quand je fais techouva, auparavant je voulais le mal, et maintenant je veux le bien. C'est donc une transformation de ma volonté. C'est ça, la techouva. Au lieu de vouloir le mal, je veux le bien. Il est important de définir ça, parce qu'on pourrait se tromper, il y a beaucoup de choses qu'on pourrait dire.
Par exemple, les réponses que vous avez données, on pourrait également dire que c'est les actes, alors que ce n'est pas vrai du tout. La techouva est un acte qui se produit dans la volonté. Nous allons voir cela, en particulier à propos de la techouva sur les péchés. Nous allons donc voir ici la halakha suivante: Oumah HaTechouva, qu'est-ce que c'est que la techouva ? Hou, c'est-à-dire ché ya'azov a'hotè ha-hèt'o, que le pécheur abandonne son péché. L'abandon. Ce n'est pas simplement cesser le péché, c'est plus que ça. C'est quelque chose qui se passe au niveau de la volonté. Je ne veux pas du péché. Vé-yissiron mi-mahchavto, et il fait disparaître de son intention. L'intention est quelque chose qui relève de la volonté.
Petite précision grammaticale. Le mot mahchava, en hébreu moderne, signifie la pensée. Mais en hébreu biblique, qui est également l'hébreu employé ici par le Rambam, c'est la volonté, le projet. Par exemple, dans le rouleau d'Esther, il est dit Mahchevet Haman. Que veut dire Mahchevet Haman là-bas ? Le dessein, le projet d'Haman. Un dessein, un projet, c'est quelque chose que l'on veut faire, cela relève de la volonté. Tandis que la pensée est quelque chose de tout à fait différent: c'est un état de la conscience.
Et si un Israélien lit ce texte, il pense que cela voudrait dire que la techouva implique de ne plus penser à la faute. Ce qui est totalement faux. Au contraire, je dois y penser. Je dois penser: j'ai fait tel péché. Donc, quand on dit ici vé-yissiron mi-mahchavto, cela veut dire qu'il le fasse disparaître, qu'il l'évacue. C'est-à-dire que, quand on parle de techouva, disons que je regrette de l'avoir fait et que je décide de ne plus le faire.
Vé-gomer etc. Vé-chein yitnachem al she-avar, il doit également regretter le passé. Ché néémar, ainsi qu'il est dit: Ki aharei shuvi nichamti, après mon retour, j'ai regretté, je me suis repenti. Là encore, il y a un problème de lexique. La racine nachèm, en hébreu, peut signifier consolation, mais elle peut vouloir dire également le regret. En hébreu moderne, le mot néhèm a essentiellement la signification de consolation. Ce qui fait qu'un Israélien non averti qui lira ce texte du Rambam pensera que cela veut dire que le pécheur doit se consoler. Ce n'est pas du tout ce que cela veut dire. Le pécheur doit regretter.
Celui qui connaît les secrets pourra témoigner qu'il ne reviendra plus jamais à ce péché. Qui est celui qui connaît les secrets ? C'est Hachem. Ché néémar, ainsi qu'il est dit: Velo nomar od elohénou lema'asé yadénou, nous ne dirons plus jamais à l'œuvre de nos mains: vous êtes notre dieu. Vé-tsarikh leitvadot bi-sfatav, il doit également avouer par ses lèvres, vé-yomar vé-yidor, et dire toutes ces choses qu'il a décidées en son cœur. Voilà. En fait, cela revient sur tout ce que nous avons dit dans le premier chapitre, mais sous une autre forme, et une définition de la techouva: c'est une volonté qui se traduit également en paroles. Y a-t-il des questions jusque-là ? Oui ?
— La parole vient après la techouva ? Ou bien, quand je fais techouva, je dois exprimer par la parole ? — C'est le vidouï. D'accord ? — Oui, évidemment. — Tout péché est une idolâtrie. — Exactement. Oui. Le vidouï permet donc de se dégager totalement du péché, mais cela n'a rien à voir avec la connotation que ce mot a en français, vider. D'accord ? Le vidouï n'est pas une vidange. C'est exprimé par les paroles: le fait qu'on a péché et qu'on a décidé de ne plus le faire. Bon, c'est très simple, non ? On peut passer à la halakha suivante ? Allez, on y va.
Kol ha-mitvadeh bi-devarim, velo gamar be-libo la-azov, tout celui qui fait le vidouï en paroles, mais n'a pas l'intention d'abandonner le péché, c'est-à-dire qu'il fait le vidouï parce que c'est écrit dans le sidour, mais en fait il a tout à fait l'intention de continuer le péché. Ké-zeh ha-dome le-tovel vé-ha-cheretz béyado, c'est comme quelqu'un qui s'immerge en gardant dans sa main l'animal impur. Vous savez …
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