Rivka et l'ange : qui conduit le serviteur d'Abraham
Le récit de Béréchit 24 : le serviteur croit agir seul, mais c'est l'ange qui mène la rencontre avec Rivka.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Yitzhak et Avimelekh en Pelichtim, 54 min
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Tout le monde, nous serons obligés aujourd'hui de raccourcir un peu le cours pour des raisons extérieures. Nous en sommes, si je ne me trompe, au chapitre 4 d'Alet, et nous sommes à la recherche de l'ange. C'est comme le fameux jeu « Où est Charlie ? ». Donc, comme nous le disions la dernière fois, nous sommes en train de jouer à cache-cache. En effet, Abraham a promis à son serviteur qu'un ange viendrait à son aide.
Voyons donc au chapitre Kaf Dalet, au verset Kaf. Elle s'empressa, elle vida sa cruche dans l'abreuvoir. Elle courut encore au puits pour puiser, et elle puisa pour tous ses chameaux. Et l'homme était en admiration, il se taisait, pour savoir si Hachem avait réussi son chemin ou non.
— Qui c'est, Ha-Ish ? L'homme ?
Vous dites que c'était l'Yetser, le serviteur donc, à moins que ce soit… comment vous dites ? Métatron ? Métatron, peut-être. L'ange, il est là. L'ange est venu. C'est-à-dire qu'il y a, parallèlement au travail du serviteur, le travail de quelqu'un d'autre qu'on appelle Ha-Ish, qui est l'ange en vérité.
C'est-à-dire que parfois la Torah dit Ha-Eved, parfois elle dit Ha-Ish. Ça va expliquer bien des choses. On va voir d'abord que le serviteur est persuadé que c'est lui qui fait tout, alors qu'en vérité c'est l'ange qui fait tout. Gardez la page, mais consultez, toujours dans le même chapitre, au verset Samekh Aleph. Le chapitre est très long. Au verset 61, Samekh Aleph. Vous y êtes ?
Dans votre édition, c'est la page Aïn, au verset Samekh Aleph. — Qu'est-ce que tu as dit ? Il n'y a pas écrit Vatakam. — Il n'y a pas écrit Vatakom, il y a Vatakom. C'est un Mil'el. L'accent tonique se trouve sur l'avant-dernière syllabe, dans ce cas-là. D'accord ? Donc: Vatakom Rivka. Elle se leva, Rivka, avec ses accompagnatrices. Qu'est-ce que tu as ? Tu ne trouves pas ? C'est incroyable.
Chapitre Kaf Dalet, verset Samekh Aleph. C'est si difficile que ça à ton âge ! Ah ! Vatakom Rivka, vatelekh. Rivka se leva avec ses accompagnatrices, elles enfourchèrent les chameaux, elles allèrent après l'homme. Et le serviteur prit Rivka et s'en alla. C'est-à-dire que si je demande à Rivka: « Pourquoi tu vas ? », elle dit: « Eh bien, je suis Ha-Ish. »
Et le serviteur est persuadé que c'est lui qui a pris Rivka. — Le serviteur ? — Oui, qu'on dit être Eliézer. — Oui, il est là aussi. — Mais il a un double. — Il est doublé ? — Non. Le serviteur, celui qui s'appelle Eliézer, a pris Rivka et il est parti. C'est-à-dire que le serviteur est persuadé qu'il prend Rivka, et c'est pour ça qu'elle vient.
Alors qu'en vérité Rivka est portée par du spirituel. Elle est appelée par Ha-Ish. D'accord ? C'est-à-dire que lui ne se rend pas compte du tout de ce qui se passe. Revenons en arrière, au verset Kaf Beth. Au verset Kaf Beth: Vayikra'ou kha gemalim lishtot. Ce fut lorsque les chameaux avaient fini de boire.
Vayikra ha-ish nezem zahav beka mishkalo, l'ange prit un anneau d'or qui pesait un beka, ushnei tsemidim ala yadeha, ainsi que deux bracelets qu'il mit sur ses mains, asara zahav mishkalam, qui pesaient dix mesures d'or. Donc il lui met l'anneau et les bracelets avant de savoir qui elle est. Bizarre.
Il lui dit: « Qui es-tu ? Dis-moi, est-ce qu'il y a dans la maison de ton père un endroit pour passer la nuit ? » Elle lui dit: « Je suis la fille de Betouel, fils de Milka, qu'elle a enfanté pour Nahor. » Elle lui dit: « Et aussi, il y a chez nous également du… »
Du foin, du fourrage. Il y a également un endroit pour passer la nuit. Vayikod ha-ish vayishtakhavu lachem. L'homme se prosterna, enfin, il s'inclina et se prosterna devant Hachem. Et donc, là, on voit très bien que c'est l'ange qui fait le travail.
Par la suite, Eliézer, ou le serviteur, va raconter ce qui s'est passé. Regardez au verset Zayin Zayin, sur la page de gauche. J'essaye d'être utile. Va'ekh'al ota. Quand il raconte, il dit: « Je lui ai demandé, Vaomar batmiat, et je lui ai dit: de qui es-tu la fille ? Vatomer, elle m'a répondu: Bat Betouel ben Nahor, asher yalda lo Milka, je suis la fille de Betouel, fils de Nahor, que lui a enfanté Milka. Va'asim anezem al apa, vatsidim al yadeha. Alors j'ai mis l'anneau sur son nez et les bracelets sur ses mains. »
— Donc il raconte le contraire de ce qui s'est passé ? — C'est ça. Il dit qu'il lui a d'abord demandé qui elle est, après il lui a donné les bijoux. Tandis que dans le premier récit, il lui met les bijoux, après il lui demande qui elle est. Parce que ce n'est pas le même récit. Quand c'est l'ange, l'ange sait très bien qui elle est, la question est posée pour des raisons formelles. Mais, au niveau de la conscience humaine du serviteur, que vous appelez Eliézer d'après le midrash, eh bien, Eliézer ne se rend pas compte de ce qui se passe.
Donc évidemment, il a été logique, lui. Il a d'abord demandé qui elle était, après il lui a donné les bracelets. — Et l'anneau. — Comment ? C'est une troisième version ? — Non. — Oui, mais pourquoi, quand il raconte, il raconte autrement ? — Trop facile. — Non, ils avaient le même bijou.
Non, non, il y a écrit un anneau. Il n'y a pas écrit une bague. C'est le même. Il n'y a pas écrit que l'anneau est pour le nez, mais là, c'est écrit. — À l'époque, on mettait des anneaux dans le nez. — On en met encore ? — Vous êtes sûr ? Vous avez vu ça, vous ? — Ah oui. — Ah bon, d'accord. Vous êtes observateur.
Donc il y a ici deux personnages tout à fait différents. Maintenant, regardez à nouveau en arrière. Je vais vous faire tant travailler.
Au verset Kaf Tet. Non, il n'y a pas besoin de tourner la feuille. Oul Rivka ah. Rivka avait un frère, ushmo Lavan, qui s'appelait Lavan. Vayarotz Lavan el ha-ish. Lavan courut auprès de l'homme. C'est-à-dire que Lavan lui aussi a quelque chose de prophétique. Il est de la famille d'Abraham, lui. Bien qu'il se révèle par la suite comme n'étant pas un personnage absolument remarquable, il a quand même l'esprit de la famille d'Abraham. Et donc il voit, lui, Ha-Ish.
Regardez au verset Lamed Gimel, ou quelque chose de ce genre. Regardez au verset Lamed Beth. Vayavo ha-ish habaita. L'homme arriva dans la maison. Il ouvrit… les chameaux, lors d'un fourrage, et de l'eau pour laver ses pieds et les pieds des hommes qui étaient avec lui, on mit devant lui à manger. Il dit: « Je ne mangerai pas tant que je n'aurai pas dit ce que j'ai à dire. » On lui dit: « Parle. » Il dit: « Je suis le serviteur d'Abraham. » Et …
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