Le jeûne, les vertus médianes et la tsédaka selon le Rambam
Pourquoi le jeûne n'est pas un idéal, et comment la tsédaka va jusqu'à combler le manque du pauvre.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Moché, la colère et la juste mesure des midot, 52 min
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Shalom tout le monde. Nous sommes en plein quatrième chapitre du Chemona Prakim, à la page Kouf Aleph dans l'édition que vous avez devant les yeux, à la ligne 6, dans le dernier mot de la ligne: ve'ana. Ça fait partie du combat du Rambam contre l'ascétisme.
D.ieu, béni soit-Il, a répondu par l'organe de son prophète à celui qui avait demandé s'il fallait jeûner un jour dans le monde, s'il fallait continuer ou pas. Ve'omrou el Hachem tsevaot laimor, comme ils l'ont dit au prophète Zacharie: Ha'évké baḥodech ha'hamichi inazer kakha assiti zé chanim. Devrais-je pleurer lors du cinquième mois et m'abstenir comme je l'ai fait depuis plusieurs années ? De quoi s'agit-il ? Il s'agit du jeûne.
De Ticha BeAv. Est-ce que ce jeûne doit continuer ou pas, alors que le Temple est reconstruit, du temps du prophète Zacharie ? Et la question est idiote. Il est évident que si le jeûne a été institué à cause de la destruction du Temple, et que le Temple est reconstruit, le jeûne est annulé. Mais ce qui était probablement dans le fondement de la question, c'est que peut-être que, grâce à la destruction du Temple, nous avons découvert l'intérêt du jeûne.
C'est-à-dire que nous avons jeûné non seulement pour nous affliger de la destruction du Temple, mais qu'une fois que nous avons commencé à jeûner, nous avons pris l'habitude et nous avons découvert qu'il y a un grand bénéfice au jeûne. Donc, ça vaudrait peut-être la peine de continuer. Il y a des avantages dans l'ascétisme.
La réponse du prophète est la suivante. Il leur a répondu: lorsque vous jeûniez et que vous faisiez des élégies, lors du cinquième et du septième mois, et que vous le faisiez depuis soixante-dix ans, est-ce que c'est moi que vous avez jeûné ? Et lorsque vous mangez et lorsque vous buvez, c'est vous qui mangez, c'est vous qui buvez.
Et par la suite, il les a instruits à la droiture et à la vertu, uniquement, et non pas aux jeûnes. Ve'omar alehem, comme il leur dit: Ko amar Hachem tsevaot lémor: ainsi parle le Roi, l'Éternel des armées. En ces termes: michpat emetichpetou, rendez une justice véritable; véhessed véracha'mim assou ich et a'hiv, faites grâce et miséricorde chacun envers son prochain.
N'opprimez ni la veuve, ni l'orphelin, ni l'étranger, ni le pauvre, et ne pensez pas de mal de votre frère dans votre cœur. Il leur a dit ensuite: ainsi parle l'Éternel des armées.
Le jeûne du quatrième mois, et le jeûne du cinquième, vétsom hachevi'i, vétsom hachamichi, vétsom hachevi'i, et le jeûne du septième et du dixième. Quoi ? Dixième quoi ? Moi ? Oui ? C'est-à-dire qu'il s'agit donc des jeûnes du dix-sept Tammouz, de Ticha BeAv, de Guedalia et du dix Tévet. Yihyé le beit Yehouda lessason ulessimha ulemo'adim tovim: ce seront pour la maison de Juda l'exultation, la réjouissance et les...
...bonnes fêtes. Ve'ahavou ha'emet vehachalom: vous devez aimer la vérité et la paix. Sache que ce que l'on entend par vérité, ce sont les vertus intellectuelles, parce que cela s'occupe de la vérité immuable, comme nous l'avons expliqué dans le deuxième chapitre.
Ha'hen maalot hamidot, il s'agit des vertus morales, acher bahen yihyé ha'shalom ba'olam, qui sont le moyen de la paix dans le monde. Donc on peut résumer, en fait, toute l'action humaine en deux foyers seulement: la vérité et la paix. La vérité, ce sont les connaissances absolues, intellectuelles, la connaissance de D.ieu, par exemple. Et le chalom, c'est tout ce qui entraîne la paix dans le monde entre les hommes.
Si vous voulez, on peut dire: ben adam lamakom et ben adam lé'havero, entre l'homme et D.ieu, et l'homme et son prochain. Donc il y a ici quelque chose de, vous voyez, de très concentré chez le Rambam. En tout cas, le jeûne ne fait pas partie de l'idéal humain. Il peut servir à réparer une faute. Il peut servir à réparer une faute.
Je vais vous donner de cela un exemple tiré du Rambam lui-même, dans son épître à Rabbi Ovadia. Vous connaissez l'épître du Rambam à Rabbi Ovadia Aguerre ? Rabbi Ovadia l'avait converti. Il y avait un homme du nom d'Abdallah, d'origine musulmane, qui s'était converti au judaïsme du temps du Rambam. Chose extrêmement rare: que quelqu'un vienne de l'islam au judaïsme était une chose très rare, mais enfin c'est arrivé. Et ce Rabbi est devenu Ovadia. Ce Rabbi Ovadia en question a eu une discussion avec son maître.
À propos de l'islam. Dans la discussion, le maître disait que l'islam c'est de l'idolâtrie, et Rabbi Ovadia disait que non, que l'islam n'est pas idolâtre. Son maître l'a insulté et lui a dit qu'il était un imbécile, kessil. Alors Rabbi Ovadia envoie une lettre au Rambam pour lui demander qui a raison: est-ce mon maître, ou est-ce moi ? Le Rambam lui dit: c'est toi qui as raison, l'islam n'est pas idolâtre.
Et là-bas, le Rambam fait une analyse de tous les minhagim, tous les usages de l'islam, qui ont leur origine dans le paganisme, mais dont la raison originelle a été oubliée. Le Rambam fait une analyse très intéressante des minhagim de l'islam. Après, il lui dit: et le fait que ton maître t'ait appelé imbécile, il doit te demander pardon. Pourquoi ? Parce que même si tu avais tort et qu'il avait raison, il n'a pas le droit d'insulter un converti, alors que la Torah nous a averti d'aimer le converti et de ne pas lui faire de peine, dans trente-six endroits différents de la Torah.
Mais à plus forte raison, puisque c'est toi qui as raison et que c'est lui qui a tort. Alors, non seulement il doit te demander pardon, dit le Rambam, mais il doit également jeûner et prier. Peut-être que D.ieu le prendra en pitié. Donc on voit que le Rambam a donné une instruction à quelqu'un de jeûner. Ce même Rambam qui critique le jeûne ici.
Ça veut dire qu'on peut jeûner, parfois c'est même nécessaire, quand il y a quelque chose à réparer. Mais s'il n'y a rien à réparer, ça ne fait pas partie du mode idéal de comportement. D'accord ? Est-ce que c'est clair tout ça ? Non ? Peut-être que tu avais quelque chose et que tu l'as réparé. Une fois que tu l'as réparé, tu as réparé. Oui, mais tu l'as réparé: une ancienne faute. Qu'est-ce qu'on fait quand on a une ancienne faute ? On fait techouva. Une fois qu'on a fait techouva, c'est fini. Il n'y a plus rien à réparer. C'est ce qu'on appelle la techouva.
Il y a des fautes qui nécessitent le jeûne de Kippour. Il y a des fautes qui nécessitent également des souffrances. Ça, ça fait partie des règles des Hilkhot Techouva. Mais c'est réparable, c'est effaçable. D'accord ? Donc on peut être dans une situation où on est complètement limpide, nickel, rien ne manque. On est parfait. Ça arrive. C'est ce qu'on appelle l'optimisme fondamental du judaïsme quant à l'esprit humain.
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