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Le juste milieu des middot selon le Rambam

Le Rambam explique que la vertu se trouve entre deux excès, et qu'il faut parfois tendre vers un extrême pour revenir au centre.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le juste milieu selon Maïmonide et le nazir, 45 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom tout le monde. Regardez à la page Tsadik Zayin. C'est plus facile quand nous avons tous la même édition. C'est au milieu du chapitre 4, le quatrième chapitre. C'est un très long chapitre, et si on n'a pas la même édition, c'est difficile de dire exactement où on en est. Dans l'édition que vous avez entre les mains, c'est à la page Tsadik Zayin. Une erreur a été faite dans cette édition: on n'a pas mis les numéros, on a mis des lettres. Seulement, c'est une erreur.

Je vois que je n'ai toujours pas réussi à trouver la page, bien que nous ayons la même édition. J'ai fait l'effort de dire quelle page c'était. Bon. Donc, on avait, je crois, étudié le principe de ce qu'on appelle les bonnes middot, les qualités et les défauts, n'est-ce pas ? Pour chaque qualité, il y a deux défauts. Pour chaque bonne mida, il y a deux mauvaises middot. La bonne mida, c'est celle qui est au milieu, et la mauvaise, c'est celle qui est à l'extrême, soit à gauche, soit à droite. C'est-à-dire soit un surplus, soit une déficience.

La voie du milieu, c'est un terme qu'on retrouve un peu partout, dans plusieurs traditions. Dans le bouddhisme aussi. Et ça se trouve également, par exemple, chez Confucius, et dans l'éthique d'Aristote. C'est-à-dire que c'est une idée universelle, d'accord ? Maintenant, je ne sais pas si, dans le bouddhisme, c'est exactement ça que ça veut dire, mais c'est autre chose.

Véharbé péamim yitou bné adam: il arrive souvent que les hommes se trompent à propos de ces actions. Véyarchevou akhat me-akhtzavot: et s'imaginent qu'une des extrémités, tov ou-maala mi-maalot ha-nefesh, est le bien et une qualité des qualités de l'âme.

Péamim yarchevou akhat ha-rishon tov: il arrive parfois que l'on considère une des extrémités comme étant le bien. Kemo chéarchevou: comme parfois on imagine que ha-mesira ha-sakanot maala: s'exposer au danger est une vertu. Véikreu amitsim atsmam ha-sakanot guiborim: et c'est alors qu'on désigne ceux qui se livrent au danger du nom de héros.

Qui est à l'extrême de cette mida ? Il dit: celui qui se livre au danger, ou moser atsmo la-sakanot, ou celui qui s'expose à la mort avec intention, ou moser atsmo la-mita be-chavana, ou celui qui lui arrive d'être sauvé par accident, ami minatsel be-mikré. Ils le considéreront pour cette chose, et ils diront que c'est un héros. Ça s'appelle James Bond, n'est-ce pas ? James Bond, c'est un fou, en fait. C'est un fou puisqu'il s'expose au danger et qu'il est sauvé tout à fait par accident. De même Zorro et autres personnages de ce genre.

Le mot mikré ici veut dire accident. Le mot mikré a plusieurs significations en hébreu, mais dans ce cas précis, il veut dire accident.

Il y a des situations extrêmes, mais même dans les situations extrêmes, il ne faut pas faire de bêtises. Il y a beaucoup d'imbécillités de ce genre dans l'histoire militaire. Par exemple, en Inde, au XIXe siècle, lors de la guerre entre les Anglais et les Français sur le territoire hindou, un capitaine britannique avait décidé que, dans une région qui était infestée de Français, la compagnie devait marcher droit, avec des vêtements extrêmement brillants et voyants, dans la forêt.

À un moment, ils se sont fait attaquer par des Français, qui ont commencé à tirer, et quelques-uns des soldats ont cherché d'abord un refuge pour pouvoir mieux tirer. Le capitaine, effrayé, dit: « Où est l'honneur ? » Et il les oblige à rentrer dans les rangs et à marcher tout droit. Ce qui fait qu'ils se sont tous fait dessiner. Ça s'appelle de l'imbécillité, ce n'est pas du courage. Une chose qu'on apprend tout d'abord à l'armée, c'est que quand on est attaqué par des tireurs, on cherche d'abord un endroit où se réfugier, et après on tire. Chose évidente.

Penser qu'il peut y avoir un miracle, c'est également une sorte de bêtise. L'homme ne se comporte pas en fonction du miracle. Sauver quelqu'un de la noyade, c'est très bien, mais est-ce qu'il faut pour cela arriver à une mort certaine ? Non. C'est ce que dit le Rambam: la non-assistance à personne en danger vaut dans la mesure où tu ne vas pas entraîner ta propre mort. C'est ça aussi.

Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas essayer, etc. Il y a des situations extrêmes, je ne juge pas chaque situation. Ce que je veux dire, c'est que si c'est un comportement normatif, qu'en permanence on s'expose au danger, ce n'est pas de l'héroïsme, c'est de la bêtise. Qu'est-ce que j'ai dit là maintenant ? Tu veux que je reprenne la phrase que j'ai dit ? Tu le fais exprès.

Comment ? La traversée de la mer des Joncs était un miracle, mais là, ils avaient un prophète pour leur dire. Bon, c'est la même chose.

Ou-féamim, et parfois yachchevou ha-kats akharon: on pense de l'autre extrême que c'est le bien. Véomrou: alpi-chout nefesh. On dira de celui qui est faible d'esprit qu'il est patient, véala atsel: et du paresseux, qu'il est heureux de son sort. Et celui qui ne ressent aucun plaisir, à cause de l'épaisseur de sa nature, on dira qu'il est modéré. C'est-à-dire qu'il craint le péché.

Selon ce même ordre d'idée d'erreur, on pensera que la prodigalité et l'excès de bonté de cœur sont une bonne action. Vézé koulo taout: et ceci est entièrement une erreur, une totale erreur.

Véomna, oui. Pour houtan efech, c'est le « phallo », le type un peu comme ça, sans colonne vertébrale, sans assertivité. Il se laisse faire, on lui crache dessus, bon, ça va. Il s'est nettoyé. C'est le pérou ta nefesh.

Ve-om nam: mais certainement, yéshou bah be-hémet: on ne peut en vérité louer que ha-memoutsa, l'intermédiaire, celui qui est au milieu. Véelav tsarich la-adam chéyikhaven vé-yishkol pioulotav kulam tamid ha-tsa'ou: et c'est vers cela que l'homme doit tendre, et soupeser toutes ses actions jusqu'à ce qu'elles s'équilibrent.

C'est-à-dire que l'équilibré est l'idéal moral. Si je suis trop dépensier, je donne tout à la tsedaka, je suis un déséquilibré. Si je suis avare et que je ne donne rien à la tsedaka, je suis un déséquilibré. L'équilibre se trouve dans le milieu, qu'on appelle la générosité, nedivout. C'est-à-dire que je donne autant que je peux, mais je préserve également ma subsistance à moi. C'est ça, l'idéal moral. C'est bien clair, n'est-ce pas ?

Jusque-là, ça a l'air facile. Pourquoi ? Parce que si j'ai bien compris le Rambam, je dois avoir les extrêmes et me mettre au milieu. On va voir que, dans la pratique, c'est beaucoup plus compliqué que ça, parce que le Rambam va nous donner ici des détails qui vont compliquer la chose.

Véda: c'est-à-dire, sache. Ché-elou ha-maalot ha-pihétouyot ha-cher la-middot: que ces qualités et ces défauts qu'on trouve dans les middot, lo yitachvou ba-nefesh: ne s'établissent dans l'âme raq bi-ch'fol apioulot abaot mi-ha-mida: seulement lorsqu'on répète plusieurs …

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