Le juste milieu : guérir les excès du caractère
Comment soigner un excès de dépense ou d'avarice, et pourquoi le milieu n'est pas au centre géométrique.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Moïse, la colère et le rocher de Mériba, 51 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le juste milieu et sa posologie
Nous sommes donc à la page 22, c'est-à-dire au milieu du chapitre 4. Ve-ke-shenirè'ou mefazèt: de même, lorsque nous le verrons, être dépensier. Nous parlons ici de la manière de guérir les maladies du nefesh, c'est-à-dire les maladies morales. Et nous savons que la maladie du nefesh, c'est l'excès, dans un sens ou dans l'autre, c'est-à-dire soit l'excès, soit la privation. Est-ce que je peux t'aider à trouver ? D'accord ? Tu as trouvé ? Ah, d'accord.
Et donc, comment guérit-on les excès ? Par un excès contraire. Par exemple, si quelqu'un a un excès de recherche du plaisir, on l'amènera à l'ascétisme. S'il a un excès d'ascétisme, on l'amènera à chercher le plaisir. N'est-ce pas ? De même, autre exemple: si nous voyons qu'il est trop avare, on va lui apprendre à devenir dépensier. Si on voit qu'il est dépensier, on va lui apprendre l'avarice, jusqu'à ce qu'il arrive au milieu. Le milieu s'appelle ni avarice ni dépense, mais générosité. La générosité, que le Rambam appelle en hébreu nedivout. La nedivout est intermédiaire entre le pizour et la kilout. Kilout, ça veut dire… avarice ? Pizour veut dire dépense, être dépensier, et au milieu vous avez la nedivout, la générosité. D'accord ? Jusqu'ici vous me suivez ? Ça a l'air tout simple, hein ? On va voir que c'est plus compliqué que ça.
Ça commence comme ça, donc. Lorsque nous voyons qu'il est dépensier, Netsavéoula, Asotpeoula, Otakilou, Telishnotan, nous lui apprenons à faire les actions de l'avarice et à les répéter. Aval. Mais. C'est là le grand khidouch que nous allons apprendre aujourd'hui. Aval, ça veut dire quoi, aval ? « Mais ». A ne pas confondre avec le « bellement ». Oui, mais non, c'est vrai que ce n'est pas toujours la même chose, mais ça ressemble. Donc, aval, « mais »: la posologie n'est pas la même.
C'est-à-dire qu'il ne doit pas abonder dans les actions d'avarice autant que dans les actions de dépense. Justement, le problème, c'est comment arriver au juste milieu. Si la maladie, c'est que l'on est trop dépensier, alors il faut se comporter avec avarice. Si la maladie, c'est qu'on est avare, il faut être dépensier. Mais les quantités d'actions dans un sens ou dans l'autre ne sont pas égales.
C'est-à-dire que si le problème, c'est un excès de générosité, il faudra être un peu avare, mais il ne sera pas nécessaire de multiplier les actions d'avarice autant qu'il est nécessaire, pour celui dont la maladie est l'avarice, de multiplier les actions de générosité. Enfin, de dépense. Voyez-vous ? Parce qu'il est plus difficile de faire techouva de l'avarice que de faire techouva de la dépense.
Ah, donc le milieu n'est pas un milieu géométrique. Le milieu est un peu en dehors du milieu. De même que le nombril n'est pas forcément au centre géométrique du corps. Non, le nombril est au centre géométrique du corps, mais le centre du corps, c'est le cœur. C'est-à-dire que la vitalité a pour centre, par exemple, un lieu du corps qui n'est pas exactement le centre géométrique. C'est ça ? Mais c'est le nombril qui est le centre géométrique, n'est-ce pas ? Enfin, dans un corps bien disposé.
Donc c'est ce que va nous expliquer le Rambam. C'est ça, cette bonne innovation. C'est là l'ordre de la guérison et son secret.
C'est comme des médicaments. Ce n'est pas parce qu'on a pris 500 mg de médicament pour telle maladie que cela veut dire que pour une autre maladie, ce sera automatiquement 500 mg. Ça pourra être plus, ça pourra être moins.
## Revenir à la modération
Chov, le retour, le retour. Na'idar hargachata ana nizhar birechet: le retour de celui qui est sans sensation aucune, le ramener à la modération. Yoter kal, yoter karovela chuv: c'est une chose plus facile mi-shuv balata avot nizar que de ramener celui qui est dans l'excès de désir à la modération. Velazé, et c'est pour cela nihpol al-balata avot: que nous nous répétons souvent, pour celui qui a un excès de désir, de plaisir, pioulat et ader anaha, des actions d'absence de plaisir. Yoter, plus, miche nirpol, que nous multiplions, al-neid al-hargachot, pour celui qui n'a pas de sensation, pioulat ata ava, des actions de désir.
Unir hayev al-raha levav: et nous entraînerons le poltron à s'exposer au danger, plus que nous n'apprendrons à celui qui s'expose au danger à être peureux. Parce que la peur est plus facile à apprendre que le courage. D'accord ? Nous apprendrons, disons, à l'indifférent à exagérer sa… la bonté, plus que nous n'apprendrons à celui qui a un excès de bonté à être indifférent. C'est là l'ordre de la guérison des midot. Souviens-toi.
Le plaisir n'est pas un mal. L'excès de plaisir est un mal. Il faut donner la jouissance aux sens, parce que cela fait partie de la santé des midot, c'est-à-dire aimer. Le couscous est une bonne chose. Si c'est un excès, oui, mais l'ascétisme est un mal aussi. C'est-à-dire que refuser le plaisir, considérer le plaisir comme étant le mal, est également une erreur. C'est une erreur parce que l'homme est fait, selon la manière dont Dieu a créé l'homme, et que l'homme a besoin de plaisir.
Et donc, à partir du moment où on lui refuse ses plaisirs, cela veut dire que le corps, que Dieu a créé, serait un corps nocif, un Satan. La vie matérielle est-elle satanique ou non ? D'après le Rambam, qui est un monothéiste, HaKadosh Baroukh Hou n'a pas créé un Satan pour s'opposer à l'âme. L'homme est une seule unité. Il faut donc donner les plaisirs du corps également. D'accord ? Ces plaisirs doivent être pris de manière modérée, une modération des plaisirs.
Parce que s'il y a excès de plaisir, alors, par exemple, la pensée ne peut plus agir. D'accord ? Donc quand on dit « un minimum », cela ne veut pas dire moins qu'un minimum. C'est vrai qu'il faut un minimum de plaisir. Il ne faut pas moins qu'un minimum. D'ailleurs, cela sera beaucoup plus développé: toutes les problématiques sont dans le cinquième chapitre. Jusqu'ici, monsieur ? Très bien.
En fait, étant donné qu'il y a ici un tas de textes, tu peux très bien t'en servir. Par exemple, prendre les feuilles qui sont à côté de ta main gauche, de ton coude gauche plus précisément. Le côté gauche, c'est là-bas, pour toi. Il y a donc des textes à proximité de ton coude gauche, et il serait utile que tu les utilises, parce qu'ils ont été photocopiés dans ce but. Nous sommes à la page 22, n'est-ce pas ? Voilà, la page 22. Je sais que c'est difficile à trouver, parce que certaines pages sont à l'envers, mais je ne pense pas que ce soit si difficile que ça, étant donné la formation. Voilà. Donc on peut continuer.
D'ailleurs tu aurais bien pu comprendre, même quand je ne te regardais pas, que ce discours s'adressait à toi, mais enfin, peu importe. Oulézé ha-inyan: c'est à cause de cette idée-là, lohayou hassidim manichim trounat nafcho-tem tichouna mimoutzat be-chavé. C'est pour cela que les …
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