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Santé et maladie de l'âme selon Maïmonide

Le bien et le mal comme critères de santé morale, et pourquoi la définition du bien n'est pas toujours évidente.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le juste milieu selon le Rambam, entre les extrêmes, 48 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, shalom à tous. Nous continuons notre étude pénétrante des Chemona Pérakim de Rambam. Nous sommes arrivés au troisième chapitre, que nous avons commencé la dernière fois. Nous avons commencé à comprendre qu'il existe ce qu'on appelle la santé et la maladie du nefesh, de l'âme.

Il y a donc une santé morale et une maladie morale, indépendamment de ce qu'on appelle un homme sain d'esprit ou un malade d'esprit. Ce n'est pas du registre du pathologique ou du psychiatrique, ce n'est pas de cela dont on parle ici. On parle ici du bien et du mal. C'est une santé morale ou une maladie morale. Le juste est en bonne santé morale, le méchant est en mauvaise santé morale. Voilà, c'est tout. C'est très simple.

Amrou be'cholé nefech, des maladies de l'âme. Amrou kadmonim, les anciens ont dit, il s'agit ici d'Aristote, et ensuite d'Abou Nasr Al-Farabi: ki ech ha-nefech biriouta ve-choli, ki kméch ech ha-guf biriouta ve-choli. Que l'âme est susceptible de santé et de maladie, comme le corps est susceptible de santé et de maladie. La santé et la maladie du corps, cela s'apprend dans la médecine. Mais la santé et la maladie de l'âme, qu'est-ce que c'est ? Il y a là tout un problème, celui de la définition du bien et du mal. C'est un très grave problème.

On dit: quand je suis en bonne santé morale, c'est que je fais le bien ou que je veux faire le bien. Quand je suis en mauvaise santé morale, c'est que je veux faire le mal. Mais qu'est-ce que le bien, qu'est-ce que le mal ? Il faut pour cela un critère. Nous allons entrer un peu dans la profondeur de la chose.

Qu'est-ce que la santé de l'âme ? C'est la qualité de ses parties, c'est-à-dire des qualités, cheta asar be-ataïm tadira tovot, qui l'entraînent à faire toujours le bien et les bonnes actions. La maladie de l'âme, c'est lorsque sa nature et la nature de ses parties ont des qualités, qui l'entraînent toujours à faire le mal et les mauvaises actions.

Donc, quand quelqu'un est porté à faire le bien, il est en bonne santé. Quand il est porté à faire le mal, il est en mauvaise santé, il est malade. Maintenant, est-ce que cela a un rapport avec le fait de faire le mal ? C'est encore autre chose. Il est possible, par exemple, que je sois bien intentionné, que je veuille faire le bien, mais que j'aie accidentellement fait le mal. Il est possible aussi que je veuille faire le mal, mais qu'accidentellement j'aie fait le bien. Ce n'est pas le sujet dont parle le Rambam ici. Il en parlera dans le sixième chapitre. Nous en sommes au troisième.

La santé du corps et sa maladie, c'est la médecine qui les étudie. Alors qu'est-ce qu'être en bonne santé corporelle ? Il y a des phénomènes liés à la santé. Quand je suis en bonne santé, j'ai une tendance

Euh, c'est ce qu'il dit ici.

Parfois, on recherche des sensations qui sont contre nature, et on se représente ce qui est bon à faire comme quelque chose de mauvais à faire.

Leurs plaisirs et leurs désirs se renforcent pour des choses qui ne procurent aucun avantage à ceux qui sont en bonne santé, et qui peut-être même entraînent la souffrance. Kéchilat afar ou fechamim, comme par exemple manger de la terre et des charbons.

Qui mange de la terre et des charbons ? Les fumeurs. Et les choses extrêmement acides ou détériorées, par exemple l'alcool, le whisky. Le whisky, c'est très acide. C'est dégoûtant, en vérité. Exactement.

De toutes ces sortes d'aliments, ceux qui sont en bonne santé ne désirent absolument pas, au contraire ils les rejettent. Alors pourquoi nous a-t-il amené cela ? Parce qu'il y a une comparaison. De même, ceux qui sont malades de l'âme, ken ch'ol ha-nefachot, c'est-à-dire les mauvais, ara'im. Comment ? Les mauvais !

Ceux qui ont des défauts, midot ra'ot, s'imaginent que le mal est le bien et que le bien est le mal. Par exemple, il y a dans la littérature française un mot qui a fait fortune, qu'on appelle l'amour. Or, souvent, ce qu'ils appellent de l'amour est en fait de l'inceste, de la débauche.

Cela complique la chose. Si la définition du bien et du mal était fixe, alors on saurait. Quand on fait le bien, on sait qu'on fait le bien. Quand on fait le mal, on sait qu'on fait le mal. Mais il y a parfois un état d'esprit où l'on s'imagine que le bien est le mal et que le mal est le bien. C'est une sorte de perversion.

Alors qu'est-ce qu'on fait quand on commence à ne plus voir ce qui est bien et ce qui est mal ? Faisons l'analogie avec la médecine. Que fait celui qui est malade du corps ? Il va chez le médecin, à moins qu'il ne soit lui-même médecin. S'il est lui-même médecin, il saura ce qu'il faut faire. S'il ne sait pas ce qu'il faut faire, il va chez celui qui sait. Et s'il ne va pas chez le médecin, il mourra. C'est-à-dire que si quelqu'un est malade du corps et ne soigne pas son corps, cela entraîne, en fin de compte, la mort. Je parle ici dans les extrêmes, dans l'absolu.

De même que les malades du corps, ke-chiedou cholim ve-lo yedou melekh ve-arefot, quand ils connaissent leur maladie mais ne connaissent pas la médecine, ils savent qu'ils sont malades mais ne sont pas médecins. Ils interrogent les médecins, et ceux-ci leur disent ce qu'il faut faire.

Ils leur feront savoir ce qu'ils pensent être agréable, mais qui en vérité entraîne leur maladie. Ils les obligent à prendre des choses repoussantes et amères.

Jusqu'à ce qu'ils guérissent leur corps. Par exemple, on prend des médicaments. Les médicaments sont parfois amers, désagréables. Il faut parfois une piqûre. Qui est-ce qui n'arrête pas, là, de faire cela ? C'est insupportable. Dans le traitement médical, il y a donc des choses désagréables. Mais le patient accepte de les subir. Pourquoi ? Parce qu'il a confiance dans le médecin, dans la science du médecin, et il sait que cela va le guérir.

De sorte qu'ils reviendront à choisir le bien et à repousser le mal. Voilà le traitement médical. De même pour ceux qui sont malades dans leur âme: il faut qu'ils interrogent les sages, qui sont les médecins de l'âme, et qu'ils les préviennent des mauvaises choses, celles qu'ils imaginent être bonnes.

Et qu'ils les guériront par la pratique, par ce qui permet de guérir les midot, les qualités de l'âme. Je te mentionnerai cela dans le chapitre à venir, be-perek she-acharav. C'est-à-dire que quand on est immoral, quand on a un problème, disons qu'on a tendance à choisir le mal plutôt que le bien, on va chez les sages. Les sages disent: voilà ce qu'il faut faire. Le traitement est indiqué dans le quatrième chapitre. Ce n'est pas très difficile à comprendre, en tout cas. Quand nous verrons le quatrième chapitre, nous comprendrons ce que veut dire le Rambam.

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