Le juste milieu des midot selon le Rambam
Les bonnes actions sont celles qui se tiennent entre deux extrêmes, et la modestie se vit différemment devant les hommes et devant Hachem.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le juste milieu : guérir les excès du caractère, 46 min
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Nous allons passer, je crois, au quatrième chapitre du Chemona Pérakim, pour une raison très simple: nous avons fini le troisième. Le quatrième chapitre est un chapitre de travaux pratiques. Jusqu'à présent, nous avons appris quels sont les fondements de la morale, qui sont indispensables pour que la morale soit possible. Tout d'abord, l'unité de l'âme, dans le premier chapitre. Deuxièmement, la liberté, dans le deuxième chapitre. Troisièmement, la distinction entre le bien et le mal, dans le troisième chapitre. Et maintenant, ce qu'on appelle le Tikoun Midot.
Évidemment, quand on étudie un texte, il est toujours préférable d'avoir le texte disponible devant les yeux, pour une raison très simple: un cours sans texte est compris cinq fois moins qu'avec texte. Il est donc fort utile que l'on dispose de textes. Depuis le début de l'année, vous en avez, et on vous a dit au moins mille fois d'amener vos textes. Donc vous comprendrez moins bien, mais c'est de votre faute.
J'en étais donc au quatrième chapitre. Ce chapitre a un sous-titre, Birfuot Holé HaNefech, « de la guérison des maladies de l'âme ». On avait vu que les maladies de l'âme sont ce qu'on appelle des défauts et des qualités, maladie et santé. Et nous avons vu également que tout cela se retrouve dans la partie qu'on appelle « mythes horaires », c'est-à-dire la partie émotive. C'est là que se trouvent les midot, les qualités humaines, les vertus, on pourrait dire.
Il y a également, indépendamment de ce qu'on appelle les bonnes midot et les mauvaises midot, une définition des bonnes actions et des mauvaises actions. Ce sont deux choses différentes. On peut faire une bonne action en ayant de mauvaises midot, et on peut faire une mauvaise action en ayant de bonnes midot. Le mieux, c'est quand il y a accord, quand on est à la fois avec de bonnes midot et de bonnes actions.
Par exemple, la générosité est une bonne mida. La pratique de la générosité est une bonne action. Je peux être généreux, mais faire des gaffes, avoir fait le mal sans le vouloir, sans que ce soit en accord avec mon acte, avec ma tendance à la générosité. Je peux également être très avare, ne pas être généreux du tout, mais accidentellement avoir fait une bonne action, un acte de générosité. Accidentellement. D'accord ? Ce n'est donc pas exactement la même chose. Il faut donc définir ce qu'est une bonne action, et ensuite définir ce qu'est une bonne mida.
Alors, qu'est-ce qu'une bonne action ? C'est ce que le Rambam va nous dire maintenant. Hamaasim ha-tovim, les bonnes actions, hem hamaasim ha-shavim, sont les actions égales, hamutsaim ben shtey tsavot, intermédiaires entre deux opposés, entre deux extrêmes, she-shteyhem ra'im, qui sont tous les deux mauvais. Ahat mehen totéfet, l'une étant un surplus, véahat ḥesron, et l'autre une privation.
C'est-à-dire: si vous avez une action et que vous voulez savoir si c'est une bonne action ou une mauvaise action, si l'action a des extrêmes des deux côtés, c'est que c'est une bonne action. Si l'action est en elle-même extrême, c'est une mauvaise action. Vous avez compris ?
— Oui ?
— Pas trop. Ah, merci. Je vous suis extrêmement reconnaissant d'avoir bien voulu répondre à ma question. Alors, je reprends.
Nous voulons définir ce qu'est une bonne action. Le Rambam nous dit: une bonne action, c'est une action qui est intermédiaire entre deux extrêmes. Ce n'est pas bête, non ? Par exemple, donner tous ses biens, c'est extrême, c'est donc une mauvaise action. Ne rien donner du tout, c'est extrême, c'est donc une mauvaise action. Donner une partie et garder une partie pour soi, c'est intermédiaire entre deux extrêmes, c'est donc une bonne action. C'est clair maintenant ?
Donc toutes les bonnes actions sont des actions qui ont des extrêmes des deux côtés. Les extrêmes sont mauvais, le milieu est le bien. C'est très facile à dire, mais définir exactement le milieu n'est pas si simple, et définir exactement les extrêmes non plus.
Je vais vous donner l'exemple d'une action extrême: ne pas tuer Amalek. C'est extrême. Autre action extrême: faire disparaître Amalek de dessous le ciel et au-dessus du ciel. Ça aussi, c'est extrême, donc ce n'est pas bien. Qu'est-ce que dit la Torah ? « Tu effaceras le souvenir d'Amalek de dessous le ciel. » N'est-ce pas ? C'est-à-dire qu'en dessous du ciel il faut l'exterminer, mais pas en haut. C'est donc intermédiaire. Vous avez compris ?
— Oui.
— Merci d'avoir répondu. Vous avez compris ? Je suis très heureux que mes questions reçoivent des réponses. Ce qui prouve que vous êtes habitués à la politesse. C'est très bien.
Donc, Hamaasim ha-tovim, les bonnes actions, nous dit le Rambam, et hamaasim ha-shavim, ce sont les actions intermédiaires, égales. Hamutsaim ben shtey tsavot, intermédiaires entre deux extrémités qui sont toutes les deux mauvaises. Quelles sont les deux extrémités ? Ahat mehen totéfet, l'une d'elles est un surplus. Véahat ḥesron, et l'autre une privation.
Maintenant, on parle ici des vertus, qui sont des qualités de l'âme et des acquis, intermédiaires entre deux natures, on pourrait dire deux particularités mauvaises: l'une de trop, l'autre insuffisante, un manque. De ces qualités-là découlent ces actions-là.
Est-ce qu'il y a ici de quoi dessiner, une feuille de papier ? Est-ce que quelqu'un peut éventuellement contribuer à l'effort du cours ? Une feuille de papier. C'est très bien. Voilà. Très bien.
Voici une feuille de papier qui représente des cercles et des traits. Sur la rangée du haut, il y a trois cercles. Celui-ci, c'est le milieu, celui-là, ce sont les extrêmes. Dans le milieu, vous avez la bonne mida, la qualité humaine; à gauche et à droite, vous avez les défauts. C'est clair ? Maintenant, en bas, vous avez les actions: les bonnes actions sont au milieu, les actions extrêmes sont les mauvaises. Jusque-là, vous suivez ?
Eh bien, les midot en question entraînent les actions. C'est-à-dire que quand on a une bonne mida, cela entraîne une bonne action, et quand on a une mauvaise mida, cela entraîne une mauvaise action. C'est clair ? C'est ce qu'a dit le Rambam. Maintenant, vous pouvez vous dispenser de répondre bêtement « oui » à chaque fois.
Et maintenant, le Rambam va nous donner des exemples. Il va en donner quelque chose comme quatorze, à peu près. Le problème, c'est que pour chaque bonne mida, il va devoir en donner deux mauvaises, n'est-ce pas ? Et il va devoir traduire ces termes. Les termes sont à l'origine en grec; on les trouve chez Aristote. Ils ont été traduits en arabe par le Rambam, puis de l'arabe ils ont été traduits en hébreu médiéval, celui d'Ibn Tibbon, que je vous lis. Et de cet hébreu médiéval, je dois le traduire en français moderne.
Donc l'intelligence de ce que nous allons lire est un peu problématique: à chaque fois, on doit inventer des termes qui expriment ce que veulent dire ces midot, et ce n'est pas toujours précis.
— Oui.
Cela s'appelle le juste milieu, ou bien la voie d'or, Chevil Azahav, le sentier d'or. C'est l'idée que le bien est …
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