Servir la connaissance de Dieu dans les actes du quotidien
Comment manger, parler, plaisanter ou orner sa maison peut servir la connaissance de Dieu selon le Rambam.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le jeûne, les vertus médianes et la tsédaka selon le Rambam, 46 min
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Bonjour tout le monde. Ça fait un bon bout de temps qu'on ne s'est pas rencontrés. Nous sommes dans le Chemonah Pérakim, le traité des huit chapitres du Rambam. Et si je ne me trompe pas, nous sommes en plein dans le cinquième chapitre, n'est-ce pas ? Mais où dans le cinquième chapitre ? C'est ça que j'ignore. Au début, n'est-ce pas ? Ve'al Zeha Yekesh. Ah oui, ça, c'est donc dans le deuxième paragraphe du cinquième chapitre. Voilà. Ce qui est extraordinaire, c'est que tu as un texte devant les yeux. Tu peux t'en servir. Bon, on peut y aller ?
Vous vous rappelez quel est le sujet du cinquième chapitre ? Vous ne vous rappelez pas ? D'accord, mais de quoi parle le cinquième chapitre ? Le but de la vie, c'est très simple. Le but de la vie d'après le Rambam, c'est quoi ? La connaissance de Dieu, n'est-ce pas ? Vous vous rappelez de ça ? C'est-à-dire connaître le Créateur, et ceci se fait par des voies intellectuelles. C'est ça, le but de l'existence. Maintenant, une fois qu'on a posé ça,
on va se demander à quoi servent toutes les autres choses. Par exemple, dans ma vie, je ne fais pas que connaître le Créateur. Je passe mon temps aussi à prendre mon petit déjeuner, à dormir, à faire de l'argent, à étudier maths et physique, à dire bonjour à la voisine, à demander comment va le petit, s'il s'est guéri de sa grippe. Je vois des œuvres d'art. Je fais même des plaisanteries. Alors, à quoi servent toutes ces choses-là ? D'accord ?
Eh bien le Rambam dit, c'est très simple: tout ça peut servir à la connaissance de Dieu. Il est important, une fois qu'on a un but, que cela donne une orientation à l'ensemble des activités. Ce n'est pas le fait d'avoir un but qui va rejeter les autres activités, bien au contraire. Une fois que j'ai un but, les autres activités ont un sens. Je prends mon petit déjeuner parce que, sans ça, je n'aurais pas les forces nécessaires pour connaître le Créateur. Donc cela prend un sens.
Prendre mon petit-déjeuner, d'accord ? Est-ce que ça a un sens que le petit-déjeuner soit bon, agréable ? Bien sûr, parce que si ce n'est pas agréable, je ne le mangerai pas. Et je risque aussi de faire une dépression nerveuse parce que je mange tout le temps une nourriture qui n'est pas agréable au palais. Donc je fais ce qui est nécessaire pour être dans un état de joie.
Et la joie me permet d'être plus détendu, donc de mieux me concentrer pour la connaissance de Dieu. Mais quel profit ai-je, justement ? C'est bon, c'est agréable. Et alors ? Est-ce que ça peut être un but dans l'existence ? Si mon but dans l'existence est de manger des choses agréables, alors évidemment ça sera très important. Mais si mon but dans l'existence est de connaître Dieu, je ferai tout ce qui est nécessaire, et je m'efforcerai de joindre l'utile à l'agréable, comme on dit en français. Mais si ce n'est pas agréable, je mangerai quand même, d'accord ?
Parce que j'ai quelque chose de plus important. Voilà ce que nous enseigne le Rambam dans ce cinquième chapitre: de quelle manière utiliser l'ensemble des fonctions de la vie pour connaître le Créateur. Maintenant, vous savez qu'une des choses les plus importantes dans la moralité, c'est de veiller à son prochain. J'ai remarqué que la très grande majorité des élèves ici ont un texte devant les yeux, mais il y en a un qui n'en a pas. Et personne ne se préoccupe de lui. C'est terrible. Là, le tikoun a été immédiat.
Je reprends donc ce que disait le Rambam. Connaître Dieu. Est-il indispensable de connaître la Chokhmah d'Egoïm pour arriver à cette connaissance ? Cela dépend de ce qu'on appelle la Chokhmah d'Egoïm. D'après le Rambam, oui. Le Rambam était persuadé que, sans connaissance véritable de la physique, on ne peut pas connaître Dieu. Aujourd'hui, les opinions ont un peu changé, puisque la théologie et la science se sont séparées. Mais du temps du Rambam, c'était évident que ça allait ensemble.
Donc si je ne connais pas la physique, appelons ça la Chokhmah d'Egoïm, c'est quand même une Chokhmah. Si je ne connais pas le monde, l'œuvre du Créateur, je ne connaîtrai pas le Créateur. D'accord ? Ça va ensemble. Au contraire, dès que mon but est si élevé, connaître le Créateur, tout a un sens, y compris la lecture d'Astérix en chinois.
Vous avez déjà lu ça, le texte en chinois ? Non, moi non plus. Je ne sais pas d'ailleurs si ça existe. Bientôt, ça va exister de toute façon. Ça existe ? De toute façon, même ce qui n'est pas en chinois est imprimé en Chine, non, certainement ? Bon. Je reviens donc à ce que dit le Rambam: toutes les fonctions physiques, manger, boire, procréer, le sommeil, l'éveil, etc., tout cela doit servir à la connaissance de Dieu.
Je reprends maintenant le deuxième paragraphe, qui commence par les mots Ve'al Zeha Yekesh. Vous y êtes ? Ve'al Zeha Yekesh. Tu vois, c'est extraordinaire, l'entraide. Ve'al Zeha Yekesh s'inscrit dans cet ordre d'idées. Vous avez des questions jusqu'à présent, tout est clair ? Génial, nous allons bientôt avoir une interrelation. Ve'al Zeha Yekesh, l'auteur, azka vanato elana alev had. Et dans cet ordre d'idées, son intention ne peut pas être uniquement le plaisir.
Hachem, Frar Minamazon, Vamishteh et Arev, au point de choisir précisément les aliments et les boissons agréables. Vechen, Bichara, Nagod, et dans les autres comportements. Aval, en vérité, Ichaven, El Amoil, ce qu'il va chercher, c'est l'utile. Est-ce que quelque chose d'utile doit être désagréable ? Pas forcément. Il y a une très belle expression en français: joindre l'utile à l'agréable. Ur She'is Damen, She'ya Arev, Yé, et s'il se trouve que c'est agréable, que ça le soit.
Pour ceux qui le trouvent agréable, c'est très bien, mais s'il arrive que ce soit désagréable, eh bien que ça le soit aussi. D'accord ? Par exemple, je suis malade, je dois prendre un médicament. Le médicament est amer. Que faire ? Je dois guérir. L'amertume n'est pas forcément nécessaire, mais s'il n'y a pas le choix, si je n'ai pas trouvé le médicament sucré, eh bien je ne le prendrai pas quand même. D'accord ? Mais il peut arriver que l'on cherche précisément l'agréable,
à la manière de la médecine. Kemi Shechalchata Avatol et Maachal. Par exemple, quelqu'un qui a perdu le désir de manger. C'est grave. D'accord ? Qu'est-ce qu'on fait quand on a perdu le désir de manger ? Yahira, il doit l'éveiller, ce désir. Bimzonot Ametoubalim, avec des aliments épicés. Haarivim, agréables. Che nefeshahadam mitavalehem, que l'âme de l'homme désire.
Ceux qui trahissent, comme je l'ai dit la dernière fois, l'origine séfarade du Rambam, n'est-ce pas ? Puisqu'ils aiment les plats épicés. Vecheyn, Mishé, Itorira, Alav, Mara, Shechora. Celui qui est emporté par la bile noire. C'est quoi, la bile noire ? C'est la mélancolie. Comment ? Non, la bile noire, ce n'est pas l'abgayla. Non, pas du tout. …
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