Le refus de l'ascétisme selon Maïmonide, chapitre 4
Le jeûne de Zacharie, la justice sociale des prophètes et la thèse des défauts humains.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le juste milieu des midot selon le Rambam, 50 min
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## L'ascétisme et la Torah
Bon, alors nous sommes donc au chapitre 4, au paragraphe qui commence par « Où veut d'ivraie ne vie et nous ? » Ceux qui ont l'édition jaune, c'est à la page cafetette. Non, mais ça, c'est une autre édition. « Où veut d'ivraie ne vie et nous ? » Vous avez trouvé ?
Donc, le Rambam affirme que la Torah s'oppose à l'ascétisme. Et il a amené pour cela, tout d'abord, l'absence de l'ascétisme dans la Torah. C'est le premier argument: nous n'avons jamais vu dans la Torah une instruction de ce genre. À part ça, nous trouvons une opposition dans la Torah à l'ascétisme: c'est ce que dit la Torah du Nazir, qu'il est un pécheur contre son âme, Khata alana fesh. À part ça, nous voyons également des preuves tirées des paroles des prophètes. C'est ce que nous allons voir maintenant.
Nous avons vu dans les paroles de nos prophètes et des sages de la Torah qu'ils se préoccupaient d'équilibrer leur âme et leur corps selon les instructions de la Torah. Ce qui veut dire uniquement… Et le Saint béni soit-il a répondu, par l'intermédiaire de son prophète, les niches et Cha'al, la Tzoum, Yom et Chad, Ba'olam. Attendez, on a déjà vu tout ça, non ? Sur les jeûnes ?
— Non, non, on va voir ça.
Bon, d'accord. Donc, quelqu'un a demandé à un prophète, c'est quelqu'un qui a demandé ce qu'il pouvait faire un jour de jeûne, Imyatmid, Imlav, s'il doit continuer ou pas. C'est ce qu'ils ont dit au prophète Zacharie. En français, comment on dit Zecharia ? Zacharie.
« Devrais-je pleurer lors du cinquième mois et me priver comme je l'ai fait depuis de nombreuses années ? » C'est-à-dire, quelqu'un a demandé au prophète: j'ai l'habitude de jeûner, est-ce que je continue ?
Il leur a répondu: lorsque vous avez jeûné et que vous avez fait des oraisons, des élégies, lors du cinquième et du septième mois, depuis soixante-dix ans, est-ce que vous avez jeûné pour moi ? Et lorsque vous mangez et lorsque vous buvez, Ha-Ochelim ve-atem ha-Choteim, c'est vous qui mangez, c'est vous qui buvez.
C'est-à-dire qu'il se réfère ici à un jeûne qui était en usage pendant soixante-dix ans: deux jours de jeûne, celui du cinquième et celui du septième.
— Le cinquième quoi ?
Le cinquième mois et le septième mois. Quel est le jeûne qui est en usage le cinquième mois ? D'abord, c'est quoi, le cinquième mois ? Le dix-sept Tamouz à partir de Nissan ? Essayons de voir: Nissan, Iyar, Sivan, Tamouz. Ça ne tombe pas, ça fait le quatrième mois. Alors c'est Av, exactement. Il y a un jeûne lors du mois d'Av. C'est quel jeûne ?
— Ticha beAv.
Très bien. Et le septième mois, c'est quoi ?
— Tichri, c'est le jeûne de Guedalia.
C'est-à-dire que, depuis la destruction du premier Temple, il était en usage chez les captifs de Judée de faire des jeûnes lors du cinquième et du septième mois: Ticha beAv et le jeûne de Guedalia. C'est ça ?
Et ça s'est fait pendant soixante-dix ans, et le Temple a été rétabli après soixante-dix ans, du temps de Zacharie. Alors quelqu'un a demandé à Zacharie: est-ce que ça vaut la peine de continuer à jeûner quand même ? Quel est le sens de cette question ? La question a l'air a priori absurde. Si le jeûne a été institué à cause de la destruction du Temple, et que le Temple est reconstruit, alors quel sens il y aurait à jeûner ? Il faut comprendre celui qui a posé la question.
Il semblerait que l'idée du questionneur était la suivante: c'est vrai qu'on a commencé le jeûne à cause de la destruction du Temple, mais nous avons découvert que le jeûne est une bonne chose. Alors peut-être que ça vaut la peine de continuer, même si le Beit Hamikdash est reconstruit. C'était ça, la question.
— Comment ?
Ah, parce que ça purifie l'âme, parce que ça rapproche de Dieu, des choses de ce genre, n'est-ce pas ? Voilà. Exactement, c'est la thèse que le Rambam combat.
## La justice plutôt que le jeûne
Et après, il leur a ordonné d'acquérir la vertu et les qualités, uniquement, et non pas le jeûne. C'est ce qu'il leur dit: Ko amar Hachem Tsevaot leemor, ainsi parle l'Éternel des armées, en ces termes: jugez d'une justice véritable, pratiquez la bonté et la miséricorde envers votre prochain, et la veuve et l'orphelin, l'étranger et le pauvre, ne les opprimez pas, ne pensez pas au mal de votre frère dans votre cœur.
D'accord ? Donc, qu'est-ce qu'il nous dit le prophète de faire ? Il ne nous dit pas de jeûner, il nous dit de pratiquer la justice, la charité, l'amour, et tout le reste.
Ve-hamar ha-kach, il leur dit après: Ko amar Hachem Tsevaot, ainsi parle l'Éternel des armées: Tsom ha-revi'i, le jeûne du quatrième, ve-tsom ha-hamichi, le jeûne du cinquième, ve-tsom ha-chevi'i, le jour du septième, ve-tsom ha-assiri, le jeûne du dixième. C'est quoi, tous ces jeûnes-là ? Le quatrième, c'est le dix-sept Tamouz. Le cinquième, Ticha beAv, on l'a déjà vu. Le septième, c'est le jeûne de Guedalia, le trois Tichri. Et Tsom ha-assiri, c'est quoi ?
— Le dixième ?
C'est ça. Puis: Ve-hayu leveit Yehouda le-sason ule-simcha, les maisons de Juda seront pour des réjouissances et de la joie, ule-moadim tovim, et de bonnes fêtes. Ve-ha-emet ve-ha-shalom ahavou: aimez la vérité et la paix.
Et il faut que tu saches que l'expression « la vérité », ha-emet, désigne les vertus intellectuelles, parce que cela s'occupe de la vérité immuable, comme nous l'avons exposé dans le deuxième chapitre. Et « la paix », ha-shalom, désigne les qualités morales, celles qui entraînent la paix dans le monde.
Donc, ce que dit le Rambam, c'est que le prophète Zacharie nous a dit en deux mots: l'homme tout entier, c'est celui qui connaît la vérité et qui pratique la paix. Les vérités intellectuelles absolues, la connaissance de Dieu, et ce qu'on appelle la paix, c'est-à-dire la morale.
— Oui ?
Voilà. Bon, jusque-là, je pense, je suis presque persuadé que nous avons étudié ce paragraphe la dernière fois. Hein ?
— Ouais.
Ouais. Bon. Ve-ahouv el kavanati, et je vais revenir à mon intention. C'est-à-dire que, jusqu'à présent, le Rambam nous a expliqué qu'il y avait, sur la droite du comportement, six points qu'il faut connaître. N'est-ce pas ? Rappelez-vous que, d'après le Rambam, il y a sur la ligne du comportement six points qu'il faut connaître. D'abord, les extrêmes. Les extrêmes sont deux, le premier extrême est un mal, le deuxième extrême est un mal aussi. Il y a le milieu. Le milieu, c'est le bien.
Le premier extrême est un mal… Nous avons appris que lorsqu'on est tombé dans un extrême, on est arrivé… Ceci est un mal, guérisseur. Mais, en fait, il y a à part le bien qui est vraiment égal, il y a également un point qui …
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