Les tsadikim aux comportements extrêmes selon Maïmonide
Pourquoi certains justes s'éloignaient du juste milieu, et le cas du nazir Shimon HaTsadik.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Santé et maladie de l'âme selon Maïmonide, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour tout le monde. Nous sommes dans le Chemonah Pérakim, dans le quatrième chapitre. Je crois que nous en sommes arrivés au paragraphe qui commence par Oulé Zéhaïnyan. Est-ce que je me trompe ? C'est ça ? On était arrivés au fait que, pour réparer les midot, il fallait en mettre plus d'un côté, la posologie était plus sur un côté que sur l'autre. C'est ça. Bon.
Donc, à cause de cette raison, on a vu qu'il y avait en fait un milieu exact et un milieu pas exact, n'est-ce pas ? Je crois que nous avons vu tout cela. On va passer au paragraphe qui commence par Aval. Maintenant, il y a un petit problème. Le Rambam nous a dit qu'il était très important, dans le Tikoun Midot, d'être dans le juste milieu. Or, nous avons des exemples assez nombreux de tsadikim qui avaient des comportements extrêmes et non pas au milieu. Comment comprendre cela ? Nous avons ici un débat là-dessus.
Aval mâchéhâsûm ôtâ mahâsidîm: mais ce qu'ont fait ces hommes pieux, biktsât azmanîm: dans certains temps, uktsât amekomot: dans certains lieux, uktsât anâshîm mèhem: et certains d'entre eux.
Vous voyez déjà que le Rambam réduit la portée du phénomène. Ça ne se passe pas tout le temps, en tout lieu, et chez tout le monde. C'est seulement une partie des tsadikim qui, dans certains moments de leur vie et dans certains lieux seulement, ont fait des choses bizarres. Gam ken, le même, mintot ahara katseha ehad: s'incliner vers une des extrémités, betsom: en jeûnant.
Nous avons trouvé des tsadikim qui ont jeûné longtemps. Par exemple, Moshe Rabbeinu a jeûné quarante jours et quarante nuits. Ve'komba leilot: et se lever pendant les nuits, c'est-à-dire ne pas dormir, passer les nuits à l'étude, comme David HaMélech, qui dormait à peine. Va'anahat achilat basar roukhti atyain: l'abandon de la consommation de viande et de la boisson du vin. On a pu voir cela chez certains tsadikim, comme Chmouel HaNavi.
Vé'hakanashim: s'éloigner des femmes, comme par exemple Yirmiyahou, qui ne s'est pas marié, ou bien comme Moshe Rabbeinu, qui a quitté sa femme. Et se revêtir de laine et de poils, comme par exemple Éliyahou HaNavi, qui était habillé d'une peau de bête.
Et la résidence dans les montagnes, c'est-à-dire loin des villes, et s'isoler dans les déserts. Donc nous voyons qu'il y a des tsadikim qui ont eu des comportements extrêmes, pas des comportements habituels. Comment comprendre cela ? Ils n'ont fait cela qu'en tant que remède, comme une médecine, comme nous l'avons expliqué.
C'est-à-dire, la première raison de ce comportement bizarre, c'est le fait que c'étaient des tsadikim qui avaient quelque chose à rééquilibrer en eux. Quelque chose avait perdu son équilibre, et il fallait le retrouver. Tu peux fermer la porte là-bas, s'il te plaît, pour qu'on ne traverse pas devant. Ça veut donc dire que, par exemple, Yirmiyahou HaNavi avait besoin de s'isoler parce qu'il y avait eu un excès chez lui.
De sociabilité, par exemple. C'est exactement comme nous l'avons dit tout à l'heure, dans le dernier cours: il arrive qu'on doive rétablir l'équilibre, et donc on va à l'autre extrémité. Non pas que l'autre extrémité soit bonne, mais momentanément, elle est utile.
Oulé hef sed. Maintenant la deuxième réponse: Oulé hef sed an shéa medina gam ken. Et à cause de la médiocrité des hommes de leur ville, ki yerou sheyou nifsadim, shem nifsadim bechevratam mourot poulotéhem: lorsqu'ils se sont rendu compte qu'ils risquaient de se dégrader à cause de leur société. C'est-à-dire, il y a un tsadik, il est tsadik, mais il sait que s'il est en société avec des méchants, il risque de tomber. Achiv radou mef sed midotéhem baabouram: au point qu'ils aient craint de détériorer leurs midot à cause d'eux.
Ve'al ken barghou lahem les mitbarot: c'est pourquoi ils se sont enfuis dans les déserts, oulmakom shenesham adam ra: dans des lieux où il n'y a pas d'hommes mauvais. On ne prend pas le comportement ascétique de certains tsadikim comme une norme. C'était soit pour guérir, soit pour éviter la maladie. Kémamar Yirmiyahou HaNavi ha-shalom: comme l'exprime Jérémie, le prophète, que la paix repose sur lui.
Qu'est-ce qu'il disait Jérémie ? Mi yitenéni bamidbar, malon orchim: « Puissé-je avoir au désert un gîte de voyageurs », veèzvah ami ve'elekha mèhem, « pour que je quitte mon peuple et que je m'en aille de chez eux », ki kulam menaafim: car tous sont adultères, atséret bogdim: une assemblée de traîtres. Donc Jérémie, chapitre 9, verset Aleph, se plaint de l'état des gens de sa génération. Il dit: je ne peux pas vivre dans une société pareille, il faut que je m'en aille. Voilà, cela explique le comportement extrémiste.
Certains tsadikim devaient soit se rééquilibrer, soit fuir la société. Et lorsque les ignorants ont vu que des hommes pieux ont fait ce genre d'actions, ils ne comprenaient pas quelle était l'intention de ces gens-là. Ils ont cru que c'était bien de s'isoler, que c'était bien de ne pas manger de viande, que c'était bien de souffrir.
Et donc ils se sont orientés vers ces comportements-là. Ils se sont imaginé qu'ainsi ils seraient comme eux. Ils ont affligé leur corps de toutes sortes d'afflictions, ils ont torturé leur corps. Et ils ont pensé qu'ainsi ils acquéraient une qualité, une bonne mida, et qu'ils faisaient le bien, et que c'est ainsi que l'homme se rapproche de Dieu. Ké'ilou Hachem Yitbarakh sonè agouf vérotsé lé'abdo: comme si l'Éternel détestait le corps et voulait sa destruction.
On voit souvent, dans des théologies étrangères au judaïsme, cette idée que le corps est l'ennemi de Dieu, ou que Dieu est l'ennemi du corps. C'est ça ? On voit ce genre de choses. Mais le Rambam, en tant que vrai monothéiste, pense que le corps n'est pas un ennemi de Dieu, il n'y a pas de dualisme, et donc il pense que c'est une erreur, la vie ascétique. Ve'hem lo yadou: ces gens-là ne savaient pas che'ilou apé'olotam que ces comportements-là sont le mal, vé'chébaem tagia pé'hitout mi'pirkhouyot ha-nefesh: et que cela entraîne des défauts pour l'âme.
On ne peut les comparer qu'à un homme qui ne connaît pas la médecine, lorsqu'il voit des médecins spécialisés qui ont donné à boire à des malades proches de la mort des drogues, qu'on appelle en arabe Colokintida, ve-Ashkemounia, ve-Tsabar; Tsabar, c'est en arabe à nouveau, ve-Oblaz, et en espagnol Aloé, c'est l'aloès, ve-Khayoutzé baem. C'est-à-dire qu'il existe quantité de drogues extrêmement nocives.
Par exemple, si quelqu'un, Hass vé-Chalom, est dans un accident de voiture et qu'on l'amène à l'hôpital dans un état déplorable, on lui donnera, pour cesser ses souffrances et pour qu'on puisse l'opérer, de la morphine. La morphine, c'est une drogue. Si quelqu'un en bonne santé prend de la morphine, il se fait du mal. Mais pour un blessé, il vaut mieux lui donner de la morphine que de le laisser mourir. Donc il y a des médicaments qu'on prend dans certaines situations extrêmes et qu'il ne faut pas prendre quand on est en …
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