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Les huit chapitres de Maimonide : l'âme et ses forces

Le Rambam ouvre son traité par l'unité de l'âme humaine et la diversité de ses fonctions.

28 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Pirké Avot, la morale et la perfection de l'homme, 49 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Les parents font partie des valeurs morales universelles, alors on va l'apprendre chez les Goyim. D'accord ? Il y a un texte très intéressant de Rabbi Tzadok de Lublin. Vous connaissez Rabbi Tzadok de Lublin ? Vous savez où c'est, Lublin ? En Pologne, oui. Eh bien, Rabbi Tzadok de Lublin, un des grands maîtres du hassidisme, qui au début était d'ailleurs chez les Mitnagdim, dit pourquoi la Guemara va précisément, pour le respect des parents, apprendre chez les Goyim ? Il dit: parce que les Goyim aiment beaucoup leurs parents. Et pourquoi aiment-ils beaucoup leurs parents ?

Parce que les Goyim ont de l'admiration pour la vie de ce monde. Ils sont donc pleins de reconnaissance envers celui qui les a amenés dans ce monde, puisque ce monde est tellement bien. Mais les Juifs n'aiment pas tellement ce monde. Ils préféraient peut-être ne pas avoir été créés. La Guemara dit: Noah lo nivra olam. Il est plus agréable à l'homme de ne pas avoir été créé. Donc ils n'ont pas tellement de reconnaissance envers celui qui les a amenés dans cette galère. Il faut donc aller apprendre chez les Goyim le kibboud av vaem.

D'accord ? Bon. Donc c'était là la première idée. On peut continuer ? Eh bien on va continuer. Vous êtes très silencieux aujourd'hui, c'est que vous êtes intimidés. Non, vous êtes intimidés. C'est dommage, parce qu'il y a peut-être des choses que vous ne comprenez pas, et vous n'avez pas le courage d'en parler. Bon, tant pis, c'est bien fait pour vous. Charles ! Oui, qu'est-ce qu'il y a ?

— Oui, absolument. D'ailleurs, les prophètes n'arrêtent pas de reprocher aux Goyim leur comportement immoral. C'est donc qu'on attend d'eux de la moralité.

— Absolument pas. Tu as dit quelque chose d'intéressant. Tu dis que la morale se résumerait dans les sept lois noachides. Comme je savais que tu risquais de poser cette question, enfin toi ou un autre, c'est pour ça que j'ai amené l'exemple du respect des parents, qui ne fait pas partie des sept lois noachides. N'est-ce pas ?

Les sept lois noachides, ce n'est pas un maximum, c'est un minimum. C'est-à-dire que, pour pouvoir établir un dialogue sérieux avec un Goy, il faut tout d'abord qu'il s'acquitte des sept lois noachides: qu'il ne soit ni assassin, ni idolâtre, ni débauché, ni voleur, etc. Tout cela fait partie, si tu veux, du minimum de moralité, d'un minimum de civilisation qui permet de se maintenir. Sinon, on ne peut pas parler.

Mais une fois que cela est acquis, il y a beaucoup de degrés. S'il est idolâtre, il n'y a pas de problème ? Ça dépend des cas. Pourquoi tu dis ça ? Si c'est un problème. C'est ce qu'on appelle les dieux étrangers. Bravo d'Azara. Hein ? C'est lui qui le fait. Oui, d'accord, mais, premièrement, qu'est-ce que cela crée dans son être intérieur ? Le fait qu'il soit idolâtre, c'est une décadence de l'intelligence.

Il y a une décadence, il y a une faiblesse de l'intelligence, donc cela ne peut amener qu'à l'immoralité. C'est-à-dire qu'il est immoral d'être idolâtre. C'est ça que cela veut dire. Et il y a des cas de ce qu'on appelle des circonstances atténuantes. Il faut comprendre exactement ce qu'on entend par le terme d'Avodah Zarah. En hébreu, il y a Avodah Zarah, et il y a Avodat Elilim, le culte étranger ou le culte des dieux étrangers. Ce n'est pas exactement la même chose.

L'Avodah Zarah, à l'origine, c'est un culte qui est rendu à Dieu lui-même. On pourrait dire Avodah Hachem Zarah: c'est un culte rendu à Dieu sous une forme étrangère. À la limite, cela peut encore passer. Quand cela devient du paganisme et de la mythologie, alors cela tombe dans le ridicule. Si cela tombe dans le ridicule, cela ne peut entraîner qu'une déchéance morale chez le pratiquant. Est-ce que vous comprenez ce que je dis là ? Je vais vous donner un exemple intéressant de cela.

Il y a un texte écrit par Flavius Josèphe. Flavius, vous avez entendu parler de Flavius Josèphe ? Non. Flavius Josèphe était un Juif, de son nom en hébreu Yossef ben Matityahou. Il était Kohen et il officiait dans le Temple de Yerouchalaïm. Il est devenu un homme sage, un homme politique. Il était aussi de la famille des Hasmonéens. Et il a participé

à la grande révolte contre les Romains, en l'an 66. Il est devenu responsable de la Galilée, le général en chef de l'armée de Galilée. Et quand il a vu que les Romains allaient gagner, il a renoncé à faire la guerre et a proposé ses services à Vespasien, l'empereur, pour convaincre les Juifs de capituler. Cela n'a pas tellement marché.

Il était présent au siège de Jérusalem, il a vu la destruction du Temple, et ensuite il est parti comme captif en Italie, dans le palais de Titus, et là-bas il a écrit des livres d'histoire, en grec. Entre autres, un livre important qui s'appelle La Guerre des Juifs contre les Romains. Passionnant, c'est comme un reportage en direct. Il a écrit aussi un livre, les Antiquités judaïques, depuis la création du monde jusqu'à son temps.

Est-ce qu'il prend parti pour les Romains ? Non, il prend parti pour la capitulation face aux Romains. Ce n'est pas tout à fait la même chose. Est-ce qu'il est un traître ou pas ? Ça se discute. Il n'a pas vraiment retourné sa veste, parce qu'il est resté fidèle au peuple juif jusqu'à sa mort. Simplement, il pensait, sur le plan politique, que c'était une erreur de lutter contre les Romains. Et il considérait les révoltés de Jérusalem comme des brigands. Ça, c'est une discussion interne. Nous avons d'autres sources qui parlent également de cela dans la Guemara.

Il a écrit aussi un livre sur sa propre vie, mais il a écrit un petit livre dont je voudrais vous parler maintenant, qui s'appelle Contre Apion. Ce livre n'est pas très connu, mais c'est un livre très important, qu'il a écrit justement quand il était vieux. C'est un des premiers livres écrits pour la défense du judaïsme. Donc il n'a pas vraiment retourné sa veste. Et ce livre est écrit contre un prêtre

égyptien-grec d'Alexandrie qui s'appelait Apion. Cet Apion était un antisémite, un des plus anciens antisémites du monde, qui a écrit un livre contre les Juifs. Il y dit, entre autres choses, que les Juifs sont un peuple nouveau qui n'avait jamais existé, qui avait été inventé quelque deux siècles avant lui. Enfin, c'est nouveau. Et les accusations de meurtre rituel existaient déjà à l'époque, oui, oui, tout cela. Bon.

Il attaque aussi la Torah, et beaucoup d'autres choses. Et donc Flavius Josèphe, ou Yossef ben Matityahou, a écrit un petit livre qui s'appelle Contre Apion, dans lequel il défend le judaïsme et donne l'explication des mitsvot. Un des premiers arguments qu'il réfute est le suivant. Apion disait: vous, les Juifs, vous êtes le pire des peuples du monde, parce que vous raillez

les dieux des autres nations. Vous vous moquez des dieux des Goyim. C'est vraiment un scandale. Vous n'avez aucun respect pour le sacré. …

Cours de Machon Meir

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