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Maïmonide et l'introduction à Pirké Avot : la morale comme jugement de soi

Le Rambam explique pourquoi Pirké Avot ouvre la partie Nezikin : sans juges moraux, l'édifice social s'effondre.

43 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : L'âme et ses cinq parties selon le Rambam, 57 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon. Donc, nous avons commencé la dernière fois par l'étude du Chemona Pérakim, l'introduction du Rambam à Massekhet Avot, qui est un résumé. En fait, il existe ici deux traductions différentes. Celle-ci est préférable, pour des tas de raisons. On ne va pas rentrer dans le détail. L'introduction du Rambam à Massekhet Avot est un résumé de toute la science morale et psychologique du judaïsme selon le Rambam. C'est important de comprendre comment nous fonctionnons, nous autres, les hommes.

Nous allons rentrer à nouveau dans le texte. Vous avez vu, le tout premier titre, en haut, c'est Akdamout, Massekhet Avot, introduction à Massekhet Avot. Entre parenthèses, il y a un sous-titre: Chemona Pérakim LaRambam Zal, ce qui s'appelle les huit chapitres du Rambam, de, que son souvenir soit une bénédiction. Là, vous avez encore un troisième titre, Akdamout, c'est-à-dire l'introduction. C'est l'introduction à l'introduction. Et après, il y a encore deux lignes d'introduction qui ont été écrites par le traducteur. Le traducteur, c'est Rabbi Chmuel Ibn Tibbon, qui vivait en Provence au temps du Rambam.

Dans la traduction que vous avez en photocopie, ce n'est pas écrit, parce que ce n'est pas la même. D'accord ? C'est pour ça que vous avez: Amar Chmuel ben Yehouda Ibn Tibbon, ainsi parle Chmuel fils de Yehouda Ibn Tibbon, Amar haMekhabèr zikhro tsadik livraha, ainsi disait l'auteur, que le souvenir des justes soit une bénédiction. L'auteur, c'est le Rambam. Donc Rabbi Chmuel Ibn Tibbon dit que le Rambam disait que... Voilà. Tout ça, ce sont des titres.

Maintenant, entrons dans le vif de l'introduction. Hinné — voilà — Béarnou, nous t'avons expliqué biftikha tsa'ihibour, dans l'introduction de cet ouvrage. C'est quoi, l'introduction de cet ouvrage ? D'ailleurs, de quel ouvrage parle-t-il ? De son commentaire sur la Michna. N'oubliez pas que le Chemona Pérakim fait partie du commentaire de Maïmonide sur la Michna. Et donc, il se réfère ici à l'introduction à la Michna. C'est quoi, l'introduction à la Michna ? C'est le premier texte que vous avez dans le volume.

Dans l'introduction à la Michna, je t'ai expliqué que... Qu'est-ce que je t'ai expliqué ? Pour quelle raison l'auteur de la Michna — cette fois-ci, c'est Rabbi Yehouda HaNassi — a mis ce traité, c'est-à-dire Massekhet Avot, bézé haséder, dans l'ordre qu'on appelle Nézikin, qui est le quatrième de la Michna ? Vous vous rappelez que la Michna est composée de six ordres, qu'on appelle les Shisha Sédarim, initiales Chas. Chas, ça veut dire les six parties de la Michna. Quelle est la quatrième des six parties ? Nézikin. Et donc, Massekhet Avot se trouve à la fin de Nézikin.

La raison pour laquelle Rabbi Yehouda HaNassi l'a fait, c'est parce que c'est pour les juges. Les juges s'occupent particulièrement de Nézikin. Or, si les juges ne sont pas moraux, tout s'effondre. L'édifice social s'effondre. Donc, il faut d'abord la morale. Voilà. Pour les juges. Nous avons expliqué qu'être moral, c'est d'une certaine manière être juge. C'est-à-dire, je suis le juge de ma personne. Comment est-ce que je fais ça ? Eh bien, je me juge. Je vois où j'en suis, dans quel état se trouvent mes différentes midot, et je fais un jugement. Voilà. Jusque-là, c'est ce que nous avons vu la dernière fois. On peut continuer ? Bon, ça va, puisque vous ne dites rien.

Exposé là également, Rov haTo'alet bézot haMassekhet, la grande utilité de ce traité. De quel traité parle-t-il ? Non, de Avot. De Avot. Nous t'avons expliqué en quoi Massekhet Avot est important. Véya'adnou péamim rabot ou-mashi kadam bézé hakhibour. Et nous t'avons également promis plusieurs fois, dans ce que nous avons écrit jusqu'à présent, que lorsque nous arriverions à commenter ce traité, nous parlerions de ce traité bi'inyani mo'ilim, de choses utiles, ouléa rikhbak sata rikhout, et que nous nous étendrions un peu. C'est-à-dire que le commentaire de Maïmonide est d'habitude très court, très concis, et là Maïmonide a décidé de parler un peu plus longuement, mipné chéi'iktana, bien qu'elle soit petite.

C'est-à-dire que Massekhet Avot ne comporte que cinq chapitres, mais ce sont des chapitres d'une importance capitale. La fa'alpich, etc., et mévoéret. Et bien que ce traité ait l'air facile, facile à comprendre... C'est-à-dire que, quand on lit Massekhet Avot, on se dit: tiens, ce n'est pas difficile à comprendre, c'est clair. Vous avez déjà lu Massekhet Avot, ça vous est arrivé ? Hum ? Vous êtes arrivés à lire Massekhet Avot ? Hein ? Massekhet Avot, c'est un traité qui a l'air facile à comprendre.

C'est-à-dire que, quand on le lit, on se dit non seulement que c'est facile à comprendre, mais que c'est facile à faire. En vérité, elle n'est pas facile pour tous les hommes. C'est très difficile de faire ce qui est écrit dans Massekhet Avot. Si on regarde sérieusement ce qui est écrit, on voit que c'est très difficile. Par exemple, il y a dans Massekhet Avot: Yihyou ani'im bnei vétékha, que les pauvres soient les habitants de ta maison. On va t'y voir, d'accord ? Ce n'est pas facile. Et véen kol inyan agam ken mouvanim, et tout ce qu'elle comprend n'est pas clair, bli pérouch rav, sans un commentaire bien long.

C'est-à-dire que, par exemple, il est écrit dans Massekhet Avot: Hakol tsafouï véharchout netouna. Tout est prévu, mais on fait ce que l'on veut. La phrase n'est pas claire. Si tout est prévu, donc je ne fais pas ce que je veux. Et si je fais ce que je veux, tout n'est pas prévu. Par exemple, le problème du libre arbitre, de la connaissance de Dieu et du libre arbitre: il y a contradiction. Pourtant, la Michna, dans Massekhet Avot, fait comme s'il n'y avait pas de problème. Elle dit: hakol tsafouï, tout est prévu, et tu fais ce que tu veux. Ah bon ? Ça, c'est déjà une tentative d'explication de ce qu'elle est en train de faire, d'accord ? Mais le fait même d'introduire une tentative d'explication prouve que cela a besoin d'être expliqué, d'accord ?

Bon. Alors maintenant, on pourrait se dire: si c'est si difficile à faire et si difficile à comprendre, on va laisser tomber. Eh bien, vous dites: non, tu ne vas pas laisser tomber. Pourquoi ? Parce que c'est très important. Ça va t'amener à une perfection incroyable. Imei yota, mais via les dechilim ouddhola, alors que cela t'amène à une très grande perfection. À quelle perfection on arrive ? Ve'atzlakha mitit, une réussite véritable. Oumipnézé, c'est pour cette raison, ra'iti lakhrov bézé hamar, que j'ai décidé de m'étendre un peu. C'est-à-dire que celui qui comprend et accomplit ce qui est écrit dans Massekhet Avot arrive à une très grande perfection. Ah oui ? Laquelle ? Il va vous le dire tout de suite.

Que leurs souvenirs soient une bénédiction. On l'a déjà dit: c'est de l'araméen, ce que je viens de lire. Celui qui désire devenir pieux ou vertueux, qu'il accomplisse les paroles d'Avot, d'accord ? Le niveau dont nous parlons s'appelle, en hébreu, Hassid. C'est-à-dire que si l'on veut devenir Hassid, un homme de vertu, il faut accomplir ce qui est décrit dans Massekhet Avot. *Véenénou …

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