Le but de la vie et l'usage des forces de l'âme selon le Rambam
Le Rambam montre comment orienter manger, parler et rire vers la connaissance de Dieu, sans rien disqualifier.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Les écrans entre l'homme et Dieu selon le Rambam, 52 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Le but de la vie
Nous sommes à la page 28 du Chemonè Pérakim du Rambam, ce qui veut dire que nous sommes en plein dans le cours du cinquième chapitre. Le cinquième chapitre traite d'un sujet que nous avons déjà exposé: de quoi parle le cinquième chapitre ? Le but de la vie. Le Rambam nous a exposé, nous avons expliqué pourquoi il dit cela, que le but de la vie est la connaissance de Dieu, n'est-ce pas ?
Et cela a des conséquences. Étant donné que nous savons quel est le but, nous pouvons donner une direction aux différentes capacités du nefesh. Ce qui est intéressant de voir chez le Rambam, c'est qu'une fois le but posé, aucune des forces de l'âme humaine n'est disqualifiée.
— Qu'est-ce qu'il y a encore ? Mais laisse-le ! Ça va, calme-toi. Bon. Quoi ? Ah, je comprends. Tu veux répondre ? Dis-lui que je ne suis pas là. Voilà. Bon.
Pour en revenir à notre sujet, le but de la vie, une fois posé, ne disqualifie aucune force de l'âme. Imaginez que j'aime bien manger. On me dit: « Oui, mais attention, le but de la vie n'est pas de manger, c'est de connaître Dieu. » Est-ce que cela veut dire que je dois arrêter de manger ? Non. Je vais manger pour orienter cette force vers la connaissance du Créateur. Tout s'arrange ?
— Si. Non, j'ai dit: « J'aime bien, virgule, manger. » Je peux aussi dire: « J'aime, virgule, bien manger. » Je vais donc me servir de ma capacité de bien manger, de mon désir de bien manger, pour la connaissance du Créateur. Ça aussi.
C'est-à-dire qu'il n'y a aucune force de l'être humain… Qu'est-ce que c'est que ce machin-là ? Ah, c'est à cause de ça. D'accord, je comprends. Est-ce qu'on ne peut pas mettre quelque chose sous la table ? Un mouchoir, oui. Bon.
Donc cela veut dire qu'aucune force de la vie humaine n'est disqualifiée en soi. C'est très important, parce qu'il y a ici une opposition au christianisme. Dans le christianisme, on considère qu'il y a des parties de l'être humain qui relèvent des forces du mal. C'est très fort, par exemple, pour ce qui est de la sexualité, entre autres. Il y a aussi le péché de gourmandise. Toutes sortes de choses de ce genre: les désirs, les plaisirs sont en fait entachés de péché.
## Les inclinations de l'âme
Tandis que dans la tradition juive, reprise ici par le Rambam, il n'y a pas de péché dans les inclinations de l'âme. Tout dépend de la direction donnée à ces inclinations. Le Rambam nous dit qu'il existe différents niveaux d'emploi des forces vitales pour la connaissance de Dieu, et je vous ai déjà annoncé qu'il y en a sept. Le niveau le plus simple, ce sont les fonctions naturelles: manger, boire, la vie conjugale et tout le reste.
Alors, à quoi cela sert-il ? Le repos, l'activité, nous avons vu la dernière fois que c'est nécessaire pour la santé. Mais à quoi sert la santé ? Eh bien, la santé sert à être tranquille. Une fois qu'on est tranquille, on a la capacité d'acquérir la sagesse. Si j'ai acquis la sagesse, j'arrive, en fin de compte, à la connaissance de Dieu.
Celui qui a des problèmes de santé chroniques aura donc une difficulté à surmonter pour accéder à la sagesse qui lui permettra de connaître Dieu. Comme le dit le Rambam dans un autre endroit, dans Hilkhot Techouva, on ne peut s'attacher à la sagesse quand on a faim, ou qu'on est malade, ou qu'on est persécuté. C'est pour cela que la Torah nous a promis que, si nous nous attachons à connaître Dieu, elle éliminera de nous ces trois obstacles: nous n'aurons pas faim, nous ne serons pas malades et nous ne serons pas persécutés.
— Alors tu dis: il y a eu de grands rabbanim qui ont été persécutés, qui avaient faim et qui étaient malades, n'est-ce pas ? Par exemple le Rambam. C'est-à-dire que le problème que tu poses est le problème de la justice: « Tsadik ve-Ra lo », un juste à qui il arrive le malheur. C'est le problème du mal.
## Le problème du mal
Pour cela, il y a un livre entier que je te recommande de lire, qui s'appelle Daat Tevounot, de Rabbi Moshé Haïm Loutzato, le Ramchal, qui traite de ce problème. Mais là, je te parle du principe.
Euh, alors, j'en étais à la page 28, dans le deuxième paragraphe, trois lignes avant la fin du paragraphe.
— Là, tu es dans le troisième, très bien. Je parle du deuxième.
Je parle de trois lignes avant la fin du paragraphe, après le point. Je pense qu'on ne peut pas être plus précis que cela. Il n'y a qu'un seul point. Trois lignes avant la fin. — Tu as mal compté. — Ça explique tout.
Donc, j'en étais après le point qui se trouve à la troisième ligne avant la fin du paragraphe: ve-khen, de même: ke-she-hou assouq likenot mamon, quand il s'affaire à acquérir de l'argent.
— Qu'est-ce qu'il y a ? Mamon, cela veut dire des biens, surtout de l'argent. Enfin, des biens, des richesses. Le Rambam dit donc que, quand il s'attache à acquérir des biens, des richesses, l'intention qu'il mettra dans son but, l'intention qu'il aura en réunissant cet argent, est de le dépenser pour de bonnes choses, pour des qualités.
## L'argent, un moyen
C'est-à-dire que l'argent, par définition, c'est ce qui est fait pour être dépensé. C'est ce qu'on appelle le pouvoir d'achat, n'est-ce pas ? Le capital se traduit en pouvoir d'achat. Certains parmi vous ont fait des sciences économiques, n'est-ce pas ? Bon.
J'ai entendu une fois une définition d'un de mes maîtres à la yeshiva, qui expliquait ce qu'est l'argent: l'argent, c'est ce que l'on s'efforce de dépenser, parce que l'argent en lui-même ne sert à rien. Il est donc fait pour s'en débarrasser. Mais alors, parfois, on accumule de l'argent par précaution. Si cette précaution ne sert finalement à rien, parce qu'on meurt sans avoir utilisé cet argent et qu'il n'y a personne à qui le transmettre, alors c'était inutile, n'est-ce pas ?
Donc l'argent est fait pour être dépensé, mais dépensé dans quel but ? Eh bien, pour acquérir des qualités, ma'alot, et pour qu'il soit disponible pour l'entretien de son corps, pour le besoin de son corps, et pour perpétuer son existence. C'est-à-dire: j'ai besoin d'argent pour vivre. Et à quoi sert de vivre ? Jusqu'à ce qu'il acquière et connaisse de Dieu ce que l'on peut en connaître.
## Le corps, l'argent, la médecine
Nous avons donc passé deux niveaux. Le premier niveau, ce sont les besoins du corps. Le deuxième niveau, c'est l'acquisition de l'argent, de la monnaie. Il y a une différence entre l'argent et les besoins du corps: les besoins du corps sont quelque chose d'extrêmement concret, de matériel; l'argent est quelque chose d'un peu abstrait. Donner de la valeur à l'argent, alors qu'en fait un lingot d'or pourrait servir …
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