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Le juste milieu selon Maïmonide et le nazir

Pourquoi la Torah interdit l'ascétisme, et ce que dit l'histoire du nazir repenti.

45 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le but de la vie selon le cinquième chapitre du Rambam, 44 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Le juste milieu

Shalom tout le monde. Nous sommes à la page 23, en plein dans le quatrième chapitre des Chemona Pérakim de Rambam, au passage qui commence par Vezot. Je sais que c'est difficile, parce qu'il y a des pages qui sont à l'envers et qu'il faut un certain effort pour retourner la feuille, mais je pense que vous êtes capables de surmonter cet obstacle. Y a-t-il un problème ? Je peux t'aider si tu veux.

Et cette Torah parfaite qui nous perfectionne, comme a témoigné celui qui la connaissait. Car il a dit: la loi de Dieu est parfaite, elle apaise l'âme; le témoignage de Dieu est fidèle, il assagit l'ignorant. C'est-à-dire la Torah, qui est une Torah complète, dans laquelle il ne manque rien. Et comment savons-nous cela ? Parce que le roi David, qui connaissait bien la Torah, a dit qu'elle était complète. Or la Torah n'a jamais mentionné une chose pareille. C'est ça ? Conclusion: c'est donc superflu. D'accord ? Une chose pareille n'a jamais été mentionnée par la Torah.

Alors qu'est-ce qu'elle a quand même mentionné ? Elle a dit autre chose. Veomnam kivna liyot haadam timi, mais son intention était que l'homme soit naturel, oleh baderech haim tsaim, et qu'il chemine dans le chemin intermédiaire, dans la voie médiane, dans ce qu'on appelle le juste milieu. Donc la Torah n'a jamais mentionné une chose pareille, mais elle a dit au contraire qu'il fallait aller dans le juste milieu.

Est-ce que c'est bien clair ? Bon. Maintenant, la question que je vais poser à l'ensemble des élèves, puisque vous avez l'air de dire que c'est bien clair: quelle est la chose que la Torah n'a pas mentionnée ? — Les extrêmes. Voilà, très bien. Exactement. La Torah n'a pas mentionné ce qu'on appelle l'ascétisme, une sorte de masochisme par rapport au corps, qui dirait qu'il faudrait affliger le corps, amoindrir le corps, tout cela. La Torah n'a jamais dit des choses pareilles.

Pour l'intention, c'est d'amener l'homme au juste milieu: qu'il mange ce dont il a besoin de manière égale, et qu'il boive ce qu'il a à boire de manière égale.

Qu'il ait une vie conjugale, de manière équilibrée. Ve-yichkon bamedinot, qu'il réside dans les villes, be-yosher ou be-émouna, avec droiture et fidélité. Ve-lo yichkon bemidbariot ou bahararim, non pas qu'il aille s'installer dans les déserts et dans les montagnes. Ve-lo yilbacha tsemer ve-ssehar, et pas qu'il se revête de fourrure et de peau. Ve-lo yane goufo, et non pas qu'il afflige son corps.

## Le nazir et le sacrifice

Donc la Torah n'a pas dit ces choses-là, tout d'abord. C'est la première chose: la Torah n'a pas dit qu'il fallait ne pas manger, ne pas boire, ne pas se vêtir, ne pas avoir de vie conjugale, être dans la solitude. Tout cela, la Torah ne l'a pas dit. Non seulement elle ne l'a pas dit, mais en plus elle l'a interdit. Voyons donc: elle nous a mis en garde contre ces choses-là, comme nous le dit la tradition.

Il est dit à propos du nazir. Qu'est-ce que le nazir ? C'est un individu qui se prive de trois choses. Il se prive du vin, de tout ce qui y est associé, du raisin, etc. Il se prive de la coupe de cheveux, et il s'interdit le contact avec l'impureté des morts. D'accord ? Il y a donc trois choses que le nazir n'a pas le droit de faire: se rendre impur au contact des morts, se couper les cheveux, et boire du vin ou des boissons associées. Ça, c'est ce qui est interdit au nazir.

Et la Torah nous dit que lorsque le nazir finit sa période de naziréat, il amène un sacrifice. Avant de se couper les cheveux, il amène un sacrifice. Après, il se coupe les cheveux, il boit du vin. Et la Torah nous dit: ve-chipér alav me-acher ahata, ce pour quoi il a péché. Ah, voilà, page 24, ça.

Il expia son péché envers l'âme. Qu'est-ce que ce péché envers l'âme ? Les sages de mémoire bénie ont dit: quel est le nefesh contre lequel celui-ci a péché ? Il y a un texte pour toi là-bas, si tu veux. Il s'est simplement privé du vin.

Et à plus forte raison, si celui-là, qui s'est privé du vin, a besoin d'expiation, celui qui se prive de toute chose a, à plus forte raison, besoin d'expiation. C'est-à-dire: si quelqu'un s'est privé, par exemple, des cacahuètes, ou du chocolat, ou de la moutarde, ou de la viande, par ascétisme, pour des raisons de santé, alors il doit expier son péché. Il y a une sorte de péché, une remise en question de la justesse de la création: comme si Dieu avait créé quelque chose de nocif en soi, ce qui est en un sens un blasphème. Oui, il amène un sacrifice, c'est ce qu'il a écrit.

Faire un jeûne pour faire la capara de s'être jeûné, de s'être d'abord privé ? Il jeûne parce qu'il a jeûné ? Il y a un peu de ça. Par exemple, il y a une règle qui veut que l'on fasse des jeûnes pour les mauvais rêves. Un jeûne pour un mauvais rêve, on peut le faire même le Chabbat, mais il faut ensuite jeûner un autre jour, après le Chabbat, pour expier le fait qu'on ait jeûné le Chabbat. C'est une privation à cause de la privation; c'est-à-dire qu'on fait l'expiation de l'expiation. S'il y a un péché...

Alors il y a parfois des formes d'ascétisme. Par exemple, le jeûne vient faire l'expiation. Mais le jeûne n'est pas un idéal. C'est-à-dire: si je n'ai pas de péché, pourquoi jeûner ? Ça serait en soi un péché. Ce n'est pas clair ? Ça a pourtant l'air d'une limpidité, ce que je dis. J'ai du mal à comprendre ce qui n'est pas clair. — C'est paradoxal. Qu'est-ce qui est paradoxal ? Explique-toi, parle sans crainte, en exposant bien tes idées, de sorte qu'elles soient limpides également pour moi. — Oui, c'est un péché, non ? De quoi tu parles ? Si tu dis que l'expiation, c'est un taranit, tu as raison, mais ce n'est pas ce que dit la Torah. La Torah ne dit pas un taranit, elle dit un sacrifice. Est-ce que tu sais ce que c'est qu'un sacrifice ? C'est prendre un bélier et le présenter en offrande sur l'autel. Ce n'est pas un taranit, ça. Alors, aujourd'hui...

Quand il n'y a pas de sacrifice, nous faisons parfois des jeûnes à la place. Or il y a un problème: le sacrifice réparait très précisément le mal, et ne portait pas atteinte au bien. Quand je jeûne, je répare bien le mal, mais je me fais du mal. Il y a donc quelque chose dans le jeûne qui est déprécié par rapport à ce qui se faisait à l'époque des sacrifices. Dans le sacrifice, on donnait quelque chose qui vaut de l'argent. Il y avait une perte, évidemment, mais la perte ne portait pas atteinte aux forces vitales de ma personne, au contraire: elle …

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