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Le juste milieu selon le Rambam, entre les extrêmes

Le Rambam définit la bonne action comme le juste milieu entre deux extrêmes également mauvais, et illustre par la générosité, le courage et la douceur.

48 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le refus de l'ascétisme selon Maïmonide, chapitre 4, 50 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Alors, comme on l'a déjà dit dans les derniers cours, le quatrième chapitre est très long. Il est facile à comprendre, il est un peu ennuyeux, il est très difficile à faire. Comprendre est facile, mais à faire, difficile. C'est une banalité: il y a souvent des choses qui sont faciles à dire et difficiles à faire. Alors, de quoi ça parle ? Ça parle de travaux pratiques.

Le quatrième chapitre nous explique comment arriver à ce qu'on appelle le Tikkoun HaNefesh, c'est-à-dire l'équilibre de l'être, ce qu'on appelle les bonnes midot, le moussar, si vous voulez. C'est-à-dire que nous sommes faits de différentes vertus, de qualités et de défauts, et le problème, c'est de savoir comment faire pour arriver à l'optimum du comportement moral. Voilà. C'est bien, c'est simple. Si on accomplit tout ce qui est écrit dans le quatrième chapitre, on est un tsadik parfait.

Alors, comment est-ce qu'on fait ça ? Il faut d'abord définir les bonnes actions et les mauvaises actions. C'est quoi une bonne action ? C'est quoi une mauvaise action ? On a commencé à en parler la dernière fois. Alors, je reprends ici la définition du Rambam. HaMaasim HaTovim, les bonnes actions, c'est quoi ? Em HaMaasim HaShavim, sont les actions équilibrées; HaMem Mutsaim, qui sont intermédiaires; Ben shnei tsavot, entre deux extrémités, entre deux extrémités; shenehem ra, qui toutes les deux sont mauvaises. Voilà, c'est simple.

C'est-à-dire qu'une bonne action est toujours une action du milieu. Et il y a des actions qui sont extrêmes, d'un côté ou de l'autre: elles sont mauvaises. Je n'ai pas dit qu'on n'en a jamais besoin. On a parfois besoin de choses mauvaises. C'est comme, par exemple, quand quelqu'un est malade: on a besoin de lui injecter une matière qui, parfois, peut être un poison pour un autre. Mais, étant donné la situation du malade, on a besoin de l'alimenter de poison. Donc, parfois, le poison peut être une guérison. Simplement, il faut savoir que c'est un médicament. Ce n'est pas quelque chose de permanent, c'est quelque chose de nécessaire dans certaines situations.

C'est-à-dire que le comportement permanent, c'est la voie médiane, intermédiaire, ce qu'on appelle le juste milieu, et le mal, ce sont les extrêmes. Tout simple. Quelle est la logique de ça, d'ailleurs ? Pourquoi ne pas dire, par exemple, qu'une bonne action serait une action extrême ?

Parce que si on disait ça, vous comprenez ma question, n'est-ce pas ? Si on disait ça, ça voudrait dire que le monde est fait de deux pôles. Il y a un pôle qu'on appelle le bien, et un autre qu'on appelle le mal. Le bien est identifié à Dieu, et le mal, alors, c'est quoi ? Ça serait le Satan. Ça voudrait dire qu'il y aurait une entité opposée au Créateur. Ça contredirait le monothéisme.

Tandis que si je dis que le bien est au milieu, et donc que le mal est de côté, ça veut dire que le mal n'est qu'une moitié de bien. C'est-à-dire que si vous prenez une extrémité qui est un mal, et que vous prenez l'autre extrémité, qui est également un mal, et que vous les mélangez, vous tombez sur le bien. Et donc ça veut dire qu'il n'y a pas véritablement de mal absolu, il y a une partialité. Le fait de voir les choses partiellement, de les réaliser de manière partielle, c'est ça l'origine du mal. Mais dans la totalité, il n'y a pas de mal.

— Merci beaucoup.

Voilà. J'ai réussi à m'en sortir quand même. Voilà, quelle horreur, quelle horreur.

— C'est très bien d'être bon, non ?

Qui a dit que, justement, être bon n'est pas un extrême ? C'est ça le hidouch du Rambam. Bon, c'est au milieu.

— Entre deux mots, entre deux mots.

Exactement. Alors le hessed gamour, comme tu le définis si bien, c'est-à-dire la générosité absolue, est un mal.

— Je n'ai pas dit ça.

Ḥas veshalom. J'ai dit que la générosité est un mal ? J'ai dit, moi, que la générosité est un mal ? Non. Ah ! J'ai dit que la générosité absolue, extrême, est un mal. D'ailleurs, le Rambam va rentrer dans le détail de ça par la suite. Il va nous expliquer ça en long et en large. Comment ? Je ne sais pas encore. On va voir ça dans le Rambam. C'est ça l'avantage d'avoir le texte du Rambam: c'est que le Rambam peut parler à notre place. C'est comme si on avait invité le Rambam en classe pour nous dire son opinion. Le meilleur moyen de savoir ce qu'il dit, c'est de le lire. Vous en pensez ? C'est une idée, hein ? Bon. En tout cas, oui ?

— Alors donc, la Torah, si elle est extrême, c'est donc pas la Torah, n'est-ce pas ?

— Comment ? La Torah, par définition, ne peut pas être extrême. La Torah est intermédiaire, elle est au milieu.

Exactement. C'est-à-dire que si on applique la Torah telle qu'elle est véritablement, il est impossible d'arriver à l'extrême. C'est ce que le Rambam, d'ailleurs, va démontrer par la suite.

— D'avoir quoi ?

Un juif fidèle, par définition, n'est pas extrémiste, il est dans le milieu. Mais non, définir le milieu, c'est pas facile, parce que les extrêmes, c'est facile à trouver, mais le milieu exact, où est-ce qu'il est véritablement ? Alors il y a un petit problème, d'accord ?

— Un quoi ?

Un sioniste est au milieu. Un juif sioniste est donc au milieu.

— Quels seraient les extrêmes entre le sionisme et… ?

Quels seraient les extrêmes ? C'est très simple. C'est quoi ? Est-ce que je peux également répondre à vos questions, ou bien vous n'avez que le droit de parler ici ? Bon, la réponse, c'est que, par exemple, c'est quoi le sionisme dans la Torah ? C'est de fonder une nation sur cette terre, un État, et que cet État ait une portée universelle.

Alors, ça, c'est ce que définit la Torah. Maintenant, on peut aller dans un extrême qui serait de dire: ce qui nous intéresse, c'est uniquement l'universel, et donc de dissoudre l'identité nationale. C'est ce qu'on appelle le cosmopolitisme, d'accord ? On trouve ça souvent chez des juifs, ces tendances au cosmopolitisme, le refus, donc, de la vie de l'État. Ça, c'est un extrême. Autre tendance, qui serait le contraire, serait le fascisme: considérer qu'il n'y a que l'État, rien d'autre, sans portée universelle. D'accord ? Ce sont deux extrêmes.

Que dit la Torah ? Il y a un État, et il a une portée universelle. Voilà, c'est au milieu. C'est bien clair ?

— Je crois que c'est pas très clair pour toi.

— C'est pas que c'est pas clair. C'est que quoi ?

Vas-y, parle sans crainte. Si tu ne t'exprimes pas, je ne saurai pas ce que tu penses.

— Je n'ai pas le Roi HaKadosh.

Exactement. C'est ça. Il faut savoir le trouver. Et le trouver, c'est le travail que le Rambam entreprend ici. Dans le quatrième chapitre, il parle essentiellement au niveau des midot, pas au niveau des mitsvot. …

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