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Les cinq parties de l'âme selon Maïmonide

Le Zan, la physiologie nutritive de l'âme, et pourquoi Maïmonide la distingue de la morale.

36 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le juste milieu des actions selon le Rambam, 54 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On va pousser un peu le cours, mais il n'y a pas vraiment le choix. Nous sommes donc dans le premier chapitre des Chemoné Pérakim, au milieu du premier chapitre. Je reprends là où il est écrit: Ve'achouv el kavanati, je reviens à mon intention. Dans l'édition de la traduction de Rabbi Shmuel Ibn Tibbon, vous avez ici les deux dernières lignes: Ve'achouv el kavanati, je reviens à mon intention, ce que j'avais l'intention de t'expliquer, bechelkeh ha-néfech, concernant les différentes parties de l'âme, du néfech.

Il y a assez de photocopies pour tout le monde ? Non, pas celle-là, celle que j'ai amenée. Là. D'accord, j'ai tout de suite compris. Il y a ici deux lignes. Bon.

Je reviens à ce que j'avais l'intention d'exposer, en ce qui concerne les parties du néfech. Pas cette photocopie-là, l'autre. Celle-là. D'accord ? Je donne la traduction de Ibn Tibbon et non pas la traduction Shilat, parce que j'insiste là-dessus pour qu'on ait tous le même texte. D'accord ? Bon. Nous avons dit qu'il y avait cinq parties dans le néfech, cinq parties de l'âme.

Qui ne sont pas vraiment des parties, mais des actions de ce même néfech. La première s'appelle Zan. Ça veut dire quoi, Zan ? Le nutritif. De manière générale, c'est toute la physiologie humaine, c'est-à-dire tout ce que les médecins étudient. C'est ça qu'on appelle le Zan.

— Comment ? La quoi ? La que ?

Zanav. Tandis que Zan, ça veut dire le nutritif. D'accord ?

— Mazone, par nourriture, Mazone. Azan et Takol, qui nourrit tout.

Très bien, vous savez donc la Birkat HaMazon par cœur, c'est très bien. Donc, 'Helek ha-zan, la partie nutritive. Mimenou, qui comprend… Dans la partie qu'on appelle Zan, chez les médecins du Moyen Âge, on divisait ça en sept parties différentes. Quelles sont les sept ?

'Hokha ha-moshekh, la partie appétitive, celle qui aspire. Par exemple, c'est elle qui introduit dans le corps les aliments, et l'air qu'on respire, enfin tout ce qui entre. Ça, c'est le moshekh, ce qui aspire.

Ve-ha-mah'azik, ce qui maintient. C'est-à-dire qu'il y a dans le corps des forces qui sont là pour maintenir dans le corps ce qui doit y être. Ce sont en général des muscles qui font ça, d'accord ?

Ve-ha-me'akel, la partie digestive. Ça, on connaît bien le tube digestif, c'est tout un système: il y a les intestins, il y a l'estomac, tout ce machin-là.

Ve-ha-doh'ah et ha-motarot, ce qui rejette les surplus. Il y a dans le système des intestins ce qui rejette, mais il y a aussi, dans les poumons, ce qui rejette le gaz carbonique.

Ve-ha-mag'del, et ce qui fait croître. C'est-à-dire qu'il y a dans l'homme quelque chose qui le fait grandir. Par exemple, on est au début tout petit, après on grandit. Et même quand on a fini de grandir, les cheveux poussent, les ongles grandissent. Il y a donc toujours quelque chose qui se développe.

Ve-ha-mevadel… Et le reproductif. Il y a une fonction biologique chez l'homme: il peut se reproduire, l'homme fait des enfants.

Ve-ha-mavdil ha-'halekot, et ce qui sépare les humeurs. Ha-che-yafrish ma-she-tzarikh le-hizdonbo ou ma-she-tzarikh li-trotô, au point de séparer ce qu'il faut, ce dont il faut se nourrir, et ce qu'il faut rejeter. C'est une sorte de filtre. Par exemple, dans le foie: le foie, les reins agissent à la manière d'un filtre, qui retient ce qu'il faut garder et rejette ce qu'il faut rejeter.

Nous avons donc ici sept parties différentes dans la force qu'on appelle Zan, c'est-à-dire la physiologie, en fait.

Ve-ha-dvarim al-elou ha-hakhotot, et tout ce qui concerne le discours sur ces sept forces: ma ya'asou, qu'est-ce qu'elles font ? Ve-eikh ya'asou, et comment le font-elles ? Et dans quels organes leur action est-elle plus évidente et plus ressentie ? Qu'est-ce qui est toujours présent ? Qu'est-ce qui cesse après un certain temps ? Par exemple, la croissance cesse à partir d'un moment, ou bien la reproduction cesse à partir d'un moment. Tout cela concerne la science de la médecine.

Et ce n'est pas nécessaire ici. Quoi, ici ? Dans les Chemoné Pérakim. Pourquoi ? Parce que les Chemoné Pérakim s'occupent de morale, ils ne s'occupent pas de médecine. Vous suivez ? D'accord.

Il est donc très important de voir que le même Rambam dit d'une part que l'âme est unique, c'est donc le même néfech qui se traduit dans toutes les parties. Pourtant, quand il s'agit de la pratique, il y a une différence fondamentale entre le moral et le médical.

Pourquoi en parle-t-il, alors ? Il en parle pour plusieurs raisons. D'abord, pour qu'on ne se trompe pas. On peut se tromper et se dire: ah, j'ai un problème à la rétine, c'est donc qu'il y a quelque chose d'immoral chez moi. Un homme te dit: descends de ton char, tu es à côté de tes pompes, tu as manqué la flèche… Toutes les expressions de la langue française. En fait, tu dois voir un médecin. C'est avec ça qu'il est important de voir.

— Non, ça a un rapport avec le… ça a un rapport avec le néfech. C'est le néfech qui est malade.

Mais ce n'est pas un problème moral, c'est un problème médical. Alors que fait le Rambam avec le psychosomatique ? Il y a toujours une conséquence de comment on se sent, si on est heureux ou non, sur sa santé, n'est-ce pas ? Est-ce que le Rambam ignore ça ? Non, il ne l'ignore pas. Mais il veut d'abord que les choses soient bien claires.

J'ai mal aux doigts: il faut d'abord nettoyer, désinfecter et mettre un pansement. Après, on discute. Non, c'est certainement lié. Mais ce que dit le Rambam, c'est qu'il faut d'abord s'en occuper sur le plan médical. Ne fais pas d'erreur. C'est vrai: tu as un bobo, tu vas voir le rabbin, monsieur le rabbin, j'ai un bobo. Fais tes 'chouvas, parce que tu n'as pas mangé kacher. D'accord, mais là, j'ai mon bobo. Il faut aller voir le médecin.

Il y a donc ici une sorte de dualisme qui est nécessaire, disons, pour mettre de l'ordre dans les pensées. Une fois qu'on a admis le dualisme, on peut faire du holisme, comme on dit aujourd'hui, c'est-à-dire faire de l'harmonie entre les différentes parties de l'être. D'accord ? C'est ça que dit le Rambam.

Donc c'est la première raison pour laquelle il en parle quand même. Deuxièmement, le Rambam semble quand même avoir l'intuition qu'il y a un rapport entre les différentes parties du néfech. Donc la médecine n'est pas sans rapport avec la morale, mais c'est un rapport indirect, pas un rapport direct. Vous suivez ?

Bon. Ça nous amène très loin, par exemple, vers un enseignement du style du Rav Kook au début d'Orot HaTechouva. Dans Orot HaTechouva, dans le premier chapitre, le Rav Kook parle de différents degrés de techouva, différents niveaux. Le premier niveau de la techouva est ce qu'il appelle la techouva physique, c'est-à-dire revenir à la santé. La mauvaise santé est un péché, un péché contre le corps. Il faut faire techouva sur le plan physique, revenir …

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