La simha, mitsva de la Torah, même en temps de guerre
Pourquoi la Torah ordonne la joie des fêtes, et comment Rambam et Rabbi Yehouda Halevi en éclairent la nature.
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Ensuite : Le chofar entre Roch Hachana et le Yovel, 2 min
En bref
Le cours part de la mitsva de simha (la joie des fêtes) telle que la Torah la prescrit, et de ce qu'elle exige concrètement : réjouir sa famille, les plus démunis et les convertis. Il s'appuie sur le Hinoukh et le Rambam pour montrer que la joie partagée fait partie de la mitsva elle-même. Il présente enfin l'équilibre que propose Rabbi Yehouda Halevi entre crainte, amour et joie dans le service de Hachem, y compris en temps de guerre.
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Très bien. Alors d'abord, bonsoir à tous. C'est vraiment engageant de parler de la joie dans des temps si difficiles. Maintenant, il est important de savoir qu'il y a une mitsva dans la Torah d'être joyeux. Nous le voyons dans la paracha de Réé. La Torah nous dit: « Tu te réjouiras dans tes fêtes, toi, ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, le Lévi, le converti, le… l'orphelin et la veuve qui se trouvent parmi toi. »
Alors, qu'est-ce que c'est que cette mitsva de simcha ? La Guemara nous dit qu'au temps du Temple, on allait au Beit Hamikdash, on allait à Jérusalem, à Yerouchalayim, et on apportait un korban qui s'appelait korban simcha. On avait de la viande. Manger de la viande, c'est sympa. C'est à la ech, comme on dit. On aime faire ça en Israël, de manger de la viande. Mais elle est liée à la sainteté, puisque c'est à Yerouchalayim, c'est la viande d'un korban. Alors il faut être pur. Et cette mitsva de simcha ne concerne pas seulement les hommes: les femmes, les enfants, tout le monde est concerné. On s'est posé la question:
Et aujourd'hui, qu'il n'y a pas de Beit Hamikdash, combien peut-on accomplir cette mitsva ? C'est intéressant. On ne nous dit pas qu'il faut aller étudier beaucoup de Torah, parce que la Torah, ça nous rend heureux, sans aucun doute. Mais la simcha dont on parle ici n'est pas une simcha entièrement spirituelle. La Guemara nous dit, vous savez comment ? Les hommes aiment boire du vin, pas trop. Les femmes doivent avoir des bijoux. Les enfants, des friandises. Et ça, c'est un commandement positif de la Torah: réjouir toute sa famille.
Le Hinoukh donne une explication de cette mitsva, et j'aimerais vous la traduire, parce que c'est un très, très beau texte. Béla menoukha, béla hachena. Bien, faire la fête, festoyer, c'est un besoin humain, nous dit le Hinoukh. Comme on a besoin de manger, parce qu'on est fatigué, comme on a besoin de dormir, eh bien on a besoin de se reposer, on a aussi besoin de faire la fête. Ratzah El les a cotés, nous. Et le Saint, béni soit-Il, a voulu nous donner le mérite de pouvoir nous réjouir aux fêtes, c'est-à-dire d'associer ce besoin humain de faire la fête avec la mitsva. Et par conséquent, nous voyons ici que, selon le Hinoukh, cette mitsva de se réjouir est une mitsva bien matérielle, qui répond à un besoin de l'homme; mais la Torah nous a fait un cadeau: elle nous a permis de répondre à ce besoin en accomplissant une mitsva.
Et c'est ainsi qu'il est écrit: Hag LaHachem, Hag LaHachem, atséret LaHachem, atséret LaHachem. Une fête pour Dieu, une fête pour vous. Alors la halakha nous dit: vous savez quoi, il faut prendre une partie de la journée de fête pour étudier la Torah, et une partie de la journée pour festoyer. Et comme ça on est heureux, parce qu'en fait on a une réponse à nos besoins physiques et à nos besoins spirituels. Maintenant on nous dit, bien entendu, le Shoulhan Aroukh: attention, il ne faut pas que cette fête dégringole dans… je ne sais pas comment traduire, dans la hilloulout, dans la mauvaise conduite. Il faut se réjouir, mais en connaissant les limites, pour ne pas s'éloigner de HaKadosh Baroukh Hou pendant cette fête.
Ce qui est intéressant aussi, c'est la fin du verset. Le verset nous dit, on l'a lu tout à l'heure: vous allez vous réjouir, toi, ta femme, ton fils, ta fille. Puis on ajoute aussi l'étranger, les Lévi, l'étranger, la veuve, l'orphelin. L'étranger, c'est donc le converti. Alors le Rambam nous dit un très beau texte. Si tu ne fais pas participer à ta joie ceux qui ont besoin, ce n'est plus une joie, ce n'est plus une vraie simcha. Regardez, je vais aussi vous traduire ce texte. ]
… avec sa femme et ses enfants, mais pas avec les pauvres. Enzo simchat mitsva: ce n'est pas une joie de la mitsva. Et simchat kiro, la joie de son ventre. Très belle expression du Rambam. Qu'est-ce que vous nous enseignez ici, le Rambam ? Parce qu'on sait bien qu'il y a une mitsva de tsedaka, qu'il faut donner de la tsedaka à ceux qui en ont besoin. Le Rambam nous dit: donnez la joie aux pauvres. Au fond, ce n'est pas seulement une partie de la mitsva de tsedaka, c'est une partie de la mitsva de la joie. Parce qu'il n'y a pas de joie lorsqu'on est seul. C'est pour ça qu'aujourd'hui il est difficile que notre joie soit tout à fait complète, avec tous les malheurs qu'il y a. Mais, bien entendu, nous continuons à servir Hachem, même dans la joie, en faisant bien attention de partager le bien que HaKadosh Baroukh Hou nous donne avec autrui.
Maintenant, si on a encore quelques minutes, je vais me permettre d'apporter un enseignement de Rabbi Yehuda HaLevi dans le Kouzari. Rabbi Yehuda HaLevi nous explique qu'il y a trois niveaux de service de Dieu. Il y a la crainte de Dieu: Réchit hokhma yirat Hachem, le début de toute sagesse, c'est de craindre Dieu, c'est-à-dire savoir que je ne suis pas le maître de tout. Il y a Dieu qui est au-dessus de nous, et je dois suivre Ses commandements. Donc la base de tout, c'est la crainte. Sans ce respect envers HaKadosh Baroukh Hou, on ne peut pas réussir dans la vie. Mais la Torah nous dit: Ve'ahavta et Hachem Elokekha. Nous le disons dans la lecture du Chéma: tu aimeras Hachem ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces.
Alors, l'amour, c'est une proximité. La crainte, c'est un certain éloignement. Et la Torah nous dit qu'il faut servir Dieu dans la crainte et dans l'amour. Sans crainte, c'est comme entre deux êtres qui s'aiment, même entre un homme et une femme qui s'aiment: il faut de l'amour, il faut aussi du respect. Il ne faut pas que l'amour étrangle, et alors il n'y a plus de limite. C'était la faute de Nadav et Avihou: il y avait un trop grand amour, et ils ont apporté un sacrifice qu'on ne leur avait pas demandé. Finalement, lorsque l'amour est trop, il faut l'amour et il faut la crainte.
Et maintenant, Rabbi Yehuda HaLevi enseigne quelque chose de très important. Sachez qu'en plus de servir Dieu dans l'amour et dans la crainte, il faut aussi Le servir dans la joie. Il a repris ce que nous avons étudié tout à l'heure: la joie, c'est aussi dans les plaisirs matériels. Nous ne sommes pas des épicuriens qui pensent que la finalité de l'homme est de jouir, Khalila. Nous ne pensons pas comme ça. Mais ça fait partie de l'homme, comme nous l'a dit ici le Hinoukh. Ce qu'explique et ajoute Rabbi Yehuda HaLevi, il nous dit deux enseignements très importants. Premièrement, si tu sers Dieu dans la joie, ça n'a pas moins de valeur que lorsque …
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