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Le philosophe et le Sekhel HaPoel, l'intellect agent

Le philosophe cherche la sagesse du monde sans lien avec Hachem, et le Kouzari lui oppose la prophétie.

59 min

Rav David Partouche

Ensuite : Le Kouzari et le tournant vers le christianisme, 59 min

En bref

Le cours présente la position du philosophe tel que le décrit le Kouzari de Rabbi Yehouda HaLevi : un Dieu détaché du monde, dont la sagesse ultime s'appelle Sekhel HaPoel, l'intellect agent, auquel l'homme doit s'attacher par la pensée seule, les actes n'ayant qu'une valeur d'aide. Il confronte ensuite cette conception au roi des Khazars, pour qui les actes ont une valeur réelle et où Dieu se révèle dans une relation vivante avec les hommes. Le cours s'achève sur la critique de la conception chrétienne de Jésus et sur la lecture de la situation d'Israël à la lumière de la pensée du Rav Kook.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il y a fait. Donc on est arrivé à ce que le philosophe dit: quel est le but suprême ? Il est vrai que, d'après le philosophe que présente ici Rabbi Yehouda Halevi, on accepte qu'il y a un Dieu, mais ce Dieu est totalement, comme vous l'avez bien compris, déconnecté de ce monde. Il est détaché de ce monde, parce que ce monde est changeant, il y a des changements, il y a des évolutions, et Dieu ne peut pas appartenir à ces changements, car il y aurait alors un manque de connaissance dans les changements. Dieu est la vérité absolue. Par conséquent, il ne s'occupe pas de ce monde qui est sorti de lui, qui est émané de lui, dont il est la cause première. C'est comme si Dieu était la cause première de ce monde, et ensuite, de cause en conséquence, et de cause en conséquence, le monde s'est développé, et la créature s'est développée.

Le but du philosophe, c'est justement de se rattacher à la sagesse de ce monde, à la sagesse ultime de ce monde. Cette sagesse ultime s'appelle, on l'a vu la semaine dernière, Sekhel HaPoel. Qu'est-ce que Sekhel HaPoel ? Poel, cela veut dire agir; Sekhel, c'est l'intellect. En notion philosophique, cela s'appelle l'intellect agent. Je ne vous cache pas qu'il y a énormément d'explications. Il y a eu beaucoup de discussions sur ce que pensait Aristote quand il parlait de Sekhel à Poel, d'intellect agent. Mais, d'après ce qu'on comprend de Rabbi Yehouda Halevi, ce sont toutes les valeurs, toutes les idées, tous les idéaux de ce monde qui sont contenus dans ce Sekhel, dans cet intellect-là, et que le philosophe doit atteindre. Souvent, les choses les plus simples sont celles qui nous permettent de comprendre. Philosophe, on l'a expliqué, cela veut dire celui qui aime les pensées.

Il y a des valeurs dans ce monde. Ces mêmes valeurs sont portées par cet intellect supérieur, qu'il appelle donc l'intellect agent. Et nous, en tant qu'hommes, nous devons réussir à développer notre intellect passif, pour pouvoir arriver à comprendre les valeurs telles qu'elles sont perçues par l'intellect agent. Je vous donne un exemple très simple. Il va y avoir une valeur dans ce monde qui est l'amour, c'est-à-dire l'amour. Qu'est-ce que l'amour ? Le philosophe a le devoir de comprendre l'amour dans sa pureté la plus élevée. Qu'est-ce qu'il veut, le philosophe ? Pas forcément aimer, pas forcément faire des actes envers Dieu, etc. Dieu, il s'en occupe pas. Il y a une valeur dans ce monde qui s'appelle l'amour, et il va falloir qu'il arrive à comprendre ce qu'est l'amour véritable. Et une fois qu'il aura compris ce qu'est l'amour véritable, il sera à l'image de cet intellect, de ces connaissances-là.

Qu'est-ce que dit le Kouzari ? L'homme n'est qu'un potentiel. L'enfant ne comprend rien au monde. Et petit à petit, grâce à l'étude, il va pouvoir développer ses connaissances, son cerveau, et être en accord parfait avec la sagesse qui est dans ce monde. Cette sagesse vient à travers l'intellect agent. Donc que veut-il ? Il veut développer au maximum ses connaissances pour arriver à la véritable définition et à la compréhension de la sagesse qui se dévoile dans ce monde. Maintenant, y a-t-il un Dieu ? Oui. Y a-t-il une relation entre nous et Dieu ? Pas du tout. Il y a juste une connaissance qu'il faut acquérir pour pouvoir comprendre les valeurs, les idéaux qui font ce monde. Et par conséquent, que nous dit le philosophe ? Il faut qu'il poursuive la véracité des choses, jusqu'à ce que son intellect devienne agissant et non passif. Actif et non passif. C'est-à-dire qu'il va être à l'image de cet intellect.

Je vous donne un exemple très simple. Comprenez l'exemple de l'architecte. L'architecte, il a tout dans sa tête. J'arrête, je veux voir tout le monde. L'architecte a tout dans sa tête. Qu'est-ce que cela veut dire, il a tout dans sa tête ? Il réfléchit à la maison qu'il va construire. Tous les détails, pourquoi il y a cette maison, dans quel but, quelles sont les valeurs de cette maison: tout est dans la tête de l'architecte. Imaginez maintenant que cet architecte, sans s'occuper de la construction de la maison, tout se soit créé d'après la pensée de l'architecte, que tout soit venu dans une chaîne de cause à conséquence, de cause à conséquence, et qu'on soit arrivé à créer cette maison. Et l'architecte est bien loin de cette maison. Il ne s'occupe pas de cette maison, il ne sait même pas si cette maison a été construite.

Mais il a toutes les idées de cette maison. Le philosophe qui se trouve dans cette maison va devoir essayer de comprendre pourquoi cette maison, qu'est-ce que cette maison, quelles sont les valeurs portées par cette maison, de quelle façon elle a été construite, etc. Mais il va y avoir une chose terrible: le rapport entre ce philosophe et l'architecte de la maison n'existe pas. Ils ont juste des idées communes, des connaissances communes.

Mais pour le philosophe, le fait de comprendre cette maison lui permet de sortir de sa situation d'humain au niveau du corps, qui va être appelé à disparaître, et de s'attacher à l'éternité de la sagesse. Parce que dans l'esprit du philosophe, la sagesse est éternelle. Par conséquent, plus je connaîtrai, plus je saurai, plus j'aurai accès à la sagesse, plus j'appartiendrai à l'éternité. Puisque le corps est appelé à mourir, l'esprit est appelé à vivre éternellement. Pour que l'esprit vive éternellement, il faut qu'il se développe jusqu'à arriver aux

véritables connaissances. Lorsque je serai doté des véritables connaissances, j'aurai acquis l'éternité. De quelle manière dois-je faire cela ? Regardez ce qu'il nous donne comme conseil. Il nous dit: il faut s'attacher aux sages, à leurs comportements, à leurs vertus, parce qu'ils nous permettront, ce sera une aide pour rencontrer la vérité, pour la représentation et la compréhension de la vérité. Et pour ceux qui ont réussi à atteindre les grandes connaissances de ce monde, si moi aussi, en tant que philosophe, je m'attache aux sages, j'arriverai aussi à acquérir

et à avoir la sagesse.

Maintenant, il faut savoir une grande différence. Pourquoi doit-on faire des actes bons, d'après le philosophe ? Pourquoi doit-on avoir de bonnes vertus ? Uniquement comme aide pour acquérir les connaissances. Ce qui veut dire que, d'après le philosophe, il n'y a aucune valeur à l'acte. L'acte a seulement une valeur d'aide. Si je peux me passer de l'acte, et que j'arrive directement à la connaissance sans les actes, cela suffit. Parce que je dois avoir juste une connaissance. Philosophie: j'aime la pensée, j'aime connaître, sans forcément réaliser dans les actes le bien, la charité, l'amour, etc.

Maintenant, faites très attention. Encore une fois, on parle d'un Dieu mort chez le philosophe. Dieu est mort chez les philosophes. On n'a pas de relation avec Hachem. Il n'y a pas d'amour envers Dieu. Il n'y a pas de crainte de Dieu, puisque Dieu a quitté ce monde. Ce n'est qu'un titre qu'on lui a donné en tant que créateur du monde, mais il n'a pas de lien avec …

Cours d'Orot veKelim

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