Le rêve du roi des Khazars et l'émouna de l'enfance
Rabbi Yehouda Halevi ouvre le Kouzari par le rêve du roi khazar et la distinction entre intention juste et acte juste.
Rav David Partouche
Ensuite : Le philosophe et le besoin de Dieu selon le Kouzari, 59 min
En bref
Le Rav Partouche commence la lecture du Kouzari de Rabbi Yehuda Halevi, en partant du récit du roi des Khazars qui, par un rêve, comprend que ses intentions sont bonnes mais que ses actes ne plaisent pas à Hachem, ce qui le conduit à chercher la vérité parmi les religions. Il montre pourquoi l'auteur ouvre son livre sur ce rêve : la question est celle de l'harmonie entre la pensée profonde de l'homme et l'acte juste dans le monde matériel. Il explique ensuite le parcours que chacun suit, de l'enfance naïve à la remise en question philosophique, puis à la émouna qui se vit et se comprend.
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Ok, shalom à tous. On va, Bé'ezrat Hachem, aujourd'hui commencer la lecture du Kouzari. Nous avons fait une introduction la semaine dernière.
— Rav Partouche, est-ce que vous pouvez mettre la caméra devant vous ? On vous voit un peu de profil, vous ne regardez pas la caméra en fait.
— Le problème est technique. On va essayer de le résoudre. Elle est posée à côté, non ? Attendez.
Ok, nous allons commencer le Kouzari, Bé'ezrat Hachem. On a ici Mahama, Rishon. Le Kouzari est divisé en cinq parties, comme le Choumach, c'est-à-dire cinq parties: Béréchit, une première partie qui a un rapport avec Béréchit, une autre qui a un rapport avec Chemot, Vayikra, Bamidbar et Devarim. C'est assez difficile d'expliquer chaque partie.
C'est très pensé par Rabbi Yehuda Alevi. Il est clair que la construction en cinq discours de Rabbi Yehuda Alevi n'est pas un hasard, parce que, comme la Torah, elle s'est dévoilée en cinq parties. Rabbi Yehuda Alevi, Rial, veut expliquer aussi, en cinq niveaux, la profondeur de l'émouna. Nous allons commencer par la lecture et essayer de traduire mot à mot. Amar Rabbi Yehuda, amar Yehuda.
Amar Yehuda Ben Cha'oul, amar ha-Mekhaber. Yehuda Ben Cha'oul est le traducteur, qui traduit Rabbi Yehuda Lévi à partir du texte original écrit par Rabbi Yehuda Lévi en arabe. Rappelons que Rabbi Yehuda Lévi est du début du XIIe siècle. Si l'on voulait influencer la pensée à cette époque, il fallait écrire en arabe. C'est ce que fera à la même époque le Rambam, Rabbi Moshé ben Maïmon.
Il écrira des textes en dehors des écrits de halakha, qui ont été écrits en hébreu, comme le Mishneh Torah. Tous les écrits philosophiques, comme le Moré Nevouhim, comme les lettres du Rambam, sont écrits en arabe. L'original de ces écrits est en arabe, et ils ont été traduits dans beaucoup de langues. Ici, nous avons la traduction de Yehuda ibn Chaoul. Et il dit la chose suivante: « Dit l'auteur: Ils m'ont posé la question. »
On m'a posé beaucoup de questions. C'est déjà Rabbi Yehuda Alevi qui parle, pour essayer de donner des réponses à toutes les questions des philosophes ou des hommes religieux, et de toutes les personnes qui sont contre Israël, contre la Torah d'Israël, contre le judaïsme.
Et il dit: « Je me souviens avoir entendu les arguments proposés par ce fameux rabbin qui était chez le roi des Khazars, ce même roi des Khazars qui s'est converti au judaïsme. Aujourd'hui, il y a plus de quatre cents ans, comme c'est appelé et très connu dans les chroniques de ce même roi, dans ce livre de chroniques. »
D'abord, expliquons ce qu'il nous dit. Il y a un fait historique qui s'est passé il y a quatre cents ans. Au niveau des historiens, il y a énormément de controverses: est-ce que cela a vraiment existé ? En tout cas, l'histoire est la suivante. Il y avait un royaume au sud de la Russie, où il y avait un roi, un roi des Khazars, qui a décidé, lui et tout son peuple, de se convertir au judaïsme.
Le Rav Ibn Chaprout rappelle cela. Il dit même avoir échangé des lettres avec ce même roi, quatre cents ans avant Rabbi Yehuda Lévi. Et Rabbi Yehuda Lévi nous dit: je me rappelle de cette histoire de ce roi, au sujet de sa conversion au judaïsme, et il semblerait qu'il a parlé avec un rabbin.
Regardez ce qu'il dit: « Il s'efforçait, ce roi, énormément, dans les lois de la religion des Khazars, jusqu'à faire lui-même le service divin de la religion des Khazars. » Et ce même roi des Khazars, c'était lui-même qui faisait les sacrifices, lui-même, avec une très grande dévotion. Et à chaque fois qu'ils s'efforçaient de servir leurs dieux…
Il y avait un ange qui venait la nuit et lui disait dans son rêve: « Ta pensée, toi, roi des Khazars, est acceptée aux yeux de Dieu, mais ton acte n'est pas accepté aux yeux de Dieu. »
— Je vous coupe. Est-ce qu'il y a moyen de monter le texte à l'écran ? Les gens demandent s'ils peuvent voir le texte en même temps que vous le lisez.
— Ouais. Super. Je reçois des milliers de messages.
Il disait la chose suivante: un ange venait et lui disait: « Ta kavana, ton intention, est bonne, mais l'acte que tu fais n'est pas accepté par Dieu. » Cela l'amena à se renseigner sur les différentes croyances et les différentes religions, et il est devenu juif, il va se convertir au judaïsme, à la fin de sa recherche.
Beaucoup de gens de son peuple, le peuple des Khazars, l'ont suivi. Il y a énormément d'arguments que le Khaver, l'ami, c'est-à-dire le rabbin qui s'est entretenu avec ce roi, a développés. Rabbi Yehuda Lévi dit: « J'étais d'accord avec ce que ce rabbin a enseigné au roi des Khazars, et j'ai vu que c'était correct, et bon, de raconter et d'écrire ces paroles. Comme les choses étaient, et les intelligents comprendront. »
— Sader ? Est-ce que tout le monde nous voit ?
— David, c'est Yachar ?
— On voit très bien, Rav.
— Yafé. Alors, d'abord, j'explique, parce que traduire un long texte comme ça est difficile, mais c'est important parce que c'est la base. On y va. Rabbi Yehuda Lévi.
Comme je le disais, au niveau historique, même si l'on dit que cela s'est passé véritablement comme c'est décrit ici, il y a quatre cents ans d'écart avec cette histoire. Le royaume des Khazars, cette histoire-là, certains disent que c'est au VIIIe ou au IXe siècle, et Rabbi Yehuda Lévi est au XIIe siècle. Il y a donc entre trois cents et quatre cents ans d'histoire entre les Khazars et Rabbi Yehuda Lévi.
Au niveau de nos rabbins, Rabbi Ibn Chaprout en parle au VIIIe ou IXe siècle. Il parle de ce royaume dont il a entendu parler, un royaume entier juif. Il y a même des rabbins qui ont voulu aller là-bas pour vivre dans un royaume juif, avec un roi juif, même s'il n'était pas en Erets Israël. En tout cas, au niveau historique, il y a énormément de témoignages qui appuient ce fait. Certains disent même que les Khazars se sont mélangés après être arrivés en Europe, repoussés par des empires opposants, jusqu'en Pologne; il y en a qui disent que c'est l'origine des Juifs polonais.
En tout cas, personnellement, il faut faire une véritable étude, et ce n'est pas le sujet de notre étude. Nous étudions Rabbi Yehuda HaLevi. Ceci est un point très important, car les personnes ne vont peut-être pas entrer dans le livre parce qu'elles disent: qui vous dit que cette histoire existe ?
Ce qui est très important pour nous, c'est que Rabbi Yehuda Lévi, qui est considéré comme un Rishon, c'est-à-dire un rabbin de la première génération des Rishonim, juste après l'époque de la Guemara ou juste après l'époque des Géonim, écrit ce livre. Et ce qui est très spécial, c'est la phrase qu'il dit, que j'ai traduite: « …
Cours d'Orot veKelim
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