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Trois clés pour changer de regard sur l'enfant

Le Dr Aboulafia propose trois voies talmudiques pour sortir de ses peurs et rejoindre vraiment l'enfant.

5 min

Dr. Michael Aboulafia

Ensuite : Penser l'inverse pour mieux éduquer et sortir d'Égypte, 4 min

En bref

Le cours part de l'idée qu'on peut se libérer des schémas de pensée hérités de notre éducation, et que cette libération conditionne la manière d'éduquer les enfants en les rencontrant dans leur monde intérieur plutôt qu'en leur imposant des principes récités. Il s'appuie sur un passage de la Guemara (Massekhet Megila) où Ravina propose trois remèdes à la peur : se rappeler que l'on n'est pas seul devant Hakadoch Barouh Hou, changer de point de vue sur l'enfant, et prononcer une phrase qui remet la volonté de contrôle à sa juste place. Le message final est que l'humilité, qui consiste à diminuer le moi, permet de rencontrer l'enfant plus profondément.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On a une capacité de se libérer de certaines façons de penser, et c'est justement une grande difficulté. On a été éduqué d'une certaine manière. On nous a appris à parler d'une certaine manière. On nous a appris à nous habiller d'une certaine manière. Mais nous avons finalement la capacité de véritablement nous libérer, de penser en dehors de la boîte fermée qui s'est refermée sur nous. Et c'est un petit peu ce qui va nous permettre d'éduquer mieux nos enfants. Et l'enfant a besoin de rencontrer, pas simplement des principes qui sont, en fait, récités, mais une personnalité: des parents qui vont savoir rencontrer son propre monde intérieur.

Donc, en fait, le processus le plus facile est aussi le plus compliqué, et le plus compliqué est aussi le plus facile. Si on essaye de penser à changer notre stratégie, on a une stratégie qui est un petit peu toujours la même.

Alors, au lieu de lui dire: viens dormir, par exemple, le soir, on va lui dire: viens, on va te raconter une histoire. Au lieu de lui dire: je veux que tu réussisses dans tes études, on va essayer de lui dire: si tu réussis et que tu fais tes devoirs, on va jouer aux cartes ensemble. C'est-à-dire qu'on va essayer de l'attirer dans l'endroit où il se trouve lui. C'est ce qui est marqué dans la Guémara. Dans Maséchet Meguila, on parle de Ravina, qui évoque quelqu'un qui a peur: il demande quelle est la solution, qu'est-ce qu'on va faire pour traiter ses peurs.

Alors, il donne trois possibilités. La première: on va dire Kriat Chéma. Pourquoi Kriat Chéma ? Parce que ce qui va nous aider à changer nos façons de penser, c'est de sentir qu'on reçoit quelque chose qui ouvre l'esprit, qu'on n'est pas seul dans ce monde-ci, qu'on a été créé, et qu'il y a HaKadosh Baroukh Hou qui est là. Et qu'on doit aussi croire, au-delà de cette simple confrontation que j'ai avec cet enfant, qu'il y a deux choses qui doivent jouer.

La deuxième chose, c'est marqué dans la Guémara: si tu es dans un endroit qui n'est pas très propre, alors bouge de quatre mètres. C'est-à-dire qu'en fait, si tu sens que ta vision est un petit peu fermée, essaye de regarder, de voir cet enfant d'un autre point de vue. Parce que plus on va essayer de le voir sous d'autres points de vue, et surtout des points de vue profonds, donc positifs, plus on va réussir à véritablement voir l'enfant, et donc à lui parler.

La parole à l'enfant va venir d'un point de vue que nous allons pouvoir adopter. Pour pouvoir faire cela, il faut qu'on le fasse avec nous-mêmes. Il faut que nous arrivions, avec nous-mêmes, à sortir de ces mêmes enfermements de la pensée qui ne nous permettent pas de nous aimer, qui ne nous permettent pas de nous voir de l'intérieur, d'approfondir notre façon de nous regarder dans le miroir.

La troisième solution que donne la Guémara, c'est de dire une phrase magique: si vous dites cette phrase, tout va se produire comme il faut. C'est-à-dire qu'il n'y a plus de peur, et les enfants vont être bien comme il faut. Alors voilà, apprenez cette phrase. En hébreu, c'est Ise Debe Tabaché Shmina Minaï. C'est-à-dire: les chèvres de la cuisine du château sont beaucoup plus grosses que toi. Tout le problème de notre fixité de pensée vient du fait que

on est embourbé dans un problème d'ego. Cette même volonté que l'enfant nous respecte. Cette même volonté que l'enfant m'écoute. Cette même volonté que je réalise mes propres volontés. Et donc, là, je crée une opposition qui ne me permet pas de voir véritablement l'enfant.

Donc, trois capacités pour nous, pour approfondir la relation avec l'enfant. D'abord, savoir qu'on est dans un monde où on n'est pas seul: il y a quelque chose de beaucoup plus grand qui entoure toute cette réalité. Deuxièmement, savoir qu'on a toujours la capacité de changer de point de vue, de point de regard. Et troisièmement, cette phrase magique: les chèvres de la cuisine du château sont beaucoup plus grasses que mes façons à moi, que ma graisse à moi. Et donc je dois apprendre à diminuer.

Et ma prétention de croire que je sais tout est à dépasser, pour être suffisamment humble et pouvoir, encore une fois, rencontrer l'enfant, mais cette fois-ci de façon beaucoup plus profonde.

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