Penser l'inverse pour mieux éduquer et sortir d'Égypte
Apprendre à voir l'enfant et la réalité autrement, par la méthode talmudique du renversement de pensée.
Dr. Michael Aboulafia
Ensuite : S'isoler pour penser autrement, comme à la sortie d'Égypte, 4 min
En bref
Le cours présente la notion d'Ipra Mistabra, « penser l'inverse », comme un moyen de se libérer de ses habitudes de pensée, en particulier à l'approche de Pessah. Le Rav montre comment le Talmud expose des avis opposés, comme ceux d'Abaye et de Rava, pour nous apprendre à voir la vérité sous plusieurs facettes. Il applique ensuite cette méthode à l'éducation d'un enfant, en particulier face à son refus de se doucher, en proposant de céder sur le détail pour éviter une lutte quotidienne.
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour à tous. Vers la fête de Pessah, on doit apprendre à ouvrir notre façon de penser. Penser de façon libre. Est-ce qu'on est vraiment libre ? On doit se poser la question peut-être tous les jours. Tous les jours, on doit se poser la question: est-ce qu'on est vraiment libre ?
En hébreu, le mot Holé, malade, a la même valeur numérique que le nombre de portes d'impureté qu'il y a en nous: 49. C'est-à-dire qu'il y a 49 façons de fermer nos de pensée. Et donc quarante-neuf façons, pour ça qu'il y a quarante-neuf parachiottes de la Torah, dans lesquelles on va apprendre à chaque fois à ouvrir nos façons de pensée.
La façon de pensée chez les Chachamim, chez nos sages, se présente sous la forme de Ipra Mistabra. Moi, c'est Ipra Mistabra. Ipra Mistabra, ça veut dire apprendre à penser l'inverse.
Quand tu apprends à penser l'inverse de ce que tu es habitué à penser, eh bien, tu commences à enrichir ta façon de penser. C'est par exemple ce qu'on voit dans la Guemara. Quelqu'un qui étudie la Guemara apprend qu'Abaye a raison, et après, que Rava a raison. Ah, tu es convaincu que Rava a raison ? Maintenant tu vas être convaincu qu'Abaye a raison. Et c'est comme ça que tu apprends sans arrêt à voir la vérité sous différentes facettes.
Quand on est face à un enfant, on doit apprendre que des fois la vérité se trouve dans l'inverse de ce que l'on croit. L'enfant, ce n'est pas simplement une espèce de pâte à modeler qu'on doit essayer de construire, un petit golem, une petite poupée avec lui. Là, l'enfant, c'est un monde entier. Ce n'est pas un adulte banzaï à qui on a un peu tassé la tête. C'est un enfant. C'est un monde. Et pour essayer de comprendre ce monde-là, je dois apprendre des fois à me sortir de moi-même et rentrer dans son monde à lui.
C'est-à-dire penser de façon inverse à ce que j'ai l'habitude de penser. Par exemple, des fois, l'enfant ne veut pas se doucher. Maintenant, tu peux t'entêter avec lui, lutter avec lui et lui dire tous les jours qu'il faut se doucher. Mais tu peux aussi, des fois, apprendre à fermer les yeux. Fermer les yeux a priori. C'est-à-dire savoir que des fois, l'enfant ne va pas se doucher, il va aller se coucher de façon peut-être un peu moins propre que la fois d'avant. Mais au moins, on aura gagné quelque chose: l'enfant va se coucher avec une histoire, avec une bonne ambiance. Et le lendemain, quand il faudra se doucher, il sera beaucoup plus d'accord. Parce que si tu fais rentrer la lutte maintenant, alors tu vas voir que la lutte va se reproduire chaque jour.
Notre capacité de ne pas voir exactement la réalité de la façon dont on avait l'habitude de la voir, c'est ce qui s'est passé à Yom HaKippourim. À Yom HaKippourim, il y avait une personne qui a dit qu'il allait y avoir la guerre. Tout le monde a dit qu'il n'y aurait pas de guerre. Et le un, il avait raison.
Donc depuis… En Israël, dans les services secrets, il y a 10 000 personnes qui s'occupent sans arrêt de réfléchir à comment faire pour que la pensée soit la plus authentique, pour avoir des relations normales avec nos pays alliés. Mais il y a aussi un département dans les Moudéines qui s'appelle Ipra Mistabra, qui pense l'inverse.
Et en pensant l'inverse, tu apprends des fois à penser la chose de façon beaucoup plus équilibrée. Donc c'est comme ça qu'on va faire un petit peu, nous aussi, à la maison. Apprendre à tourner à fort bas va à fort bas des coups là-bas. C'est marqué dans Pirkei Avot: fais tourner tous les mots, toutes les lettres. Tu vas voir que tout se trouve là-bas, dans la Torah.
Alors c'est un petit peu pareil dans la vie. Dans la vie, on doit apprendre des fois à changer notre vision des choses et des fois, simplement, à aller voir l'inverse. Parce que dans l'inverse, il y a aussi une parole qui, des fois, nous réveille.
À des compréhensions beaucoup plus profondes de ce que l'enfant nous dit. Alors, qu'on ait tous la capacité de sortir d'Égypte.
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