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S'isoler pour penser autrement, comme à la sortie d'Égypte

Comment l'isolement quotidien aide à sortir de ses moules de pensée face aux enfants.

4 min

Dr. Michael Aboulafia

Ensuite : Être grand, c'est être bon : éduquer sans lutter, 5 min

En bref

Le Rav explique qu'à l'approche de Pessah, fête de la liberté, la sortie d'Egypte passe par la capacité à se renouveler, c'est-à-dire à penser autrement, notamment face à l'opposition des enfants et des adolescents. Il montre que cette capacité suppose de savoir s'isoler quelques moments chaque jour pour revoir sa journée et ses réactions sous un autre jour. Il met en garde contre le fait d'être trop public, qui fait reproduire ou combattre les comportements d'autrui et conduit à des colères qui ne sont pas les nôtres.

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

On s'approche de la fête de Pessah. La fête de Pessah, c'est une grande fête de liberté. On doit apprendre à se libérer un petit peu, nous tous, de nos façons de penser face à des enfants, des adolescents, qui des fois nous font beaucoup de soucis en s'opposant à nous-mêmes. Alors pour vraiment gérer l'opposition de l'enfant, on doit apprendre à se renouveler, c'est-à-dire à penser différemment. Une des conditions très essentielles pour pouvoir sortir d'Égypte, sortir de cette espèce d'encadrement qui nous est fermer sur nous-mêmes, c'est d'apprendre à se prendre des moments dans la journée où on s'isole un petit peu.

Une personne qui ne sait pas s'isoler, qui ne sait pas être avec elle-même, c'est une personne qui ne sait pas vraiment repenser sa vie de façon différente. Elle reste enfermée dans une espèce de carcan dans lequel elle lutte simplement avec sa vie, mais elle n'arrive pas vraiment à comprendre ce qui se passe là-bas. La capacité de s'isoler, des fois d'écrire ses propres pensées.

Des fois, lire des livres, écouter des conférences, essayer de voir tout ce qu'on a passé hier, de revoir tous les souvenirs de la journée d'hier d'une autre manière. Comment est-ce que j'aurais pu faire pour que ça ne se passe pas ? Comment est-ce que je peux faire pour qu'aujourd'hui ma journée soit une journée différente de celle d'hier ? Et ça, ça demande de ne pas être trop quelqu'un de public. Quand on est trop public, alors on n'est plus avec nous-mêmes, on perd cette même capacité de se renouveler.

Parce que finalement on redevient quelqu'un qui fait simplement des reproductions de comportements d'autres personnes, ou bien des oppositions à des comportements d'autres personnes, mais on n'est jamais amené à réveiller une façon de penser qui est authentique, qui est vraie, qui est reliée vraiment à ce que l'on veut vraiment. Alors on rentre, par exemple, dans des colères qui ne sont pas nos colères. Pourquoi est-on rentré dans ces colères qui ne sont pas vraiment nos colères ? Parce qu'on s'est embourbé dans une espèce de

Deux processus dans lesquels on a oublié cette même capacité de penser différemment à cette réalité qui a été devant nous. C'est très important de se lever des fois un quart d'heure avant l'heure où on est habitué à se lever, ou d'aller se coucher un quart d'heure après, et de prendre ce temps-là. Ce temps-là de dire: comment est-ce que je fais pour être encore mieux, encore plus profond dans ma façon de penser, mais surtout comment est-ce que je fais pour changer mes moules de pensée ? J'ai des moules dans lesquels j'ai été moulé, dans lesquels on m'a appris que, par exemple, il faut faire plaisir à tout le monde.

Et puis des fois je pense qu'il faut aussi que je fasse plaisir à la présence divine, et que je change ma façon de fonctionner. Des fois, par exemple, je suis un grand tsadik. Je suis quelqu'un de très juste, et j'aime que les choses soient droites d'après la vérité, comme elles doivent être. Mais le problème, c'est que ça peut me faire rentrer dans un piège de l'ego. C'est-à-dire qu'en fait, je ne peux pas supporter quelqu'un qui n'est pas juste comme moi.

Et je peux être très en colère après tout le monde, et je peux être un dictateur, véritablement un dictateur, parce que ma fille n'est pas suffisamment en tsniout, ou parce que mon garçon parle de façon très culottée. Donc ma capacité là, de pouvoir changer, c'est-à-dire d'approfondir cette une espèce d'isolation, une espèce d'isolement qui va me permettre de réfléchir différemment, alors qu'on a la capacité, nous tous, de sortir d'Égypte vraiment.

De sortir de toute cette espèce de moule de pensée dans laquelle on est enfermé. Au revoir.

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