Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Être grand, c'est être bon : éduquer sans lutter

Comment un parent, en étant généreux et bon, peut ouvrir la pensée d'un enfant qui s'oppose.

5 min

Dr. Michael Aboulafia

Ensuite : Consulter un Chacham pour ouvrir sa pensée, 5 min

En bref

Le cours part de la question de la relation parent-enfant face à l'opposition : une dispute entre deux positions ne fait pas évoluer l'un ou l'autre, alors que la bonté ouvre la pensée. Le Rav montre que la grandeur, gdoula en hébreu, signifie aussi bonté, et que le parent doit se tenir en grand-père bienveillant, qui regarde l'enfant dans les yeux et cherche à comprendre ce qu'il exprime. Il rattache ce principe à la fête de Pessa'h et à l'invitation à ouvrir sa porte, à sa famille comme à son cœur.

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom. Bonjour à tout le monde. On essaie de penser comment, face à un enfant qui s'oppose à nous, on doit réveiller une autre façon de penser. Si on pense de la même manière et si on parle de la même manière dans une maison, alors on crée une situation de lutte, comme on voit parfois à la télévision entre les partis politiques, où il n'y a pas vraiment une capacité de voir les choses dans leur globalité. Chacun a sa façon de voir les choses.

Et chacun vient se disputer avec l'autre en espérant qu'un jour un des partis va dire: « T'as raison, je m'excuse, je me suis trompé. » Mais ça ne se passe pas. Donc, apparemment, la situation dans la maison n'est pas la véritable solution. Et là, la véritable solution: on dit que pour qu'il se passe quelque chose d'autre, il faut qu'on soit bon. Même dans le monde des affaires, plus tu es quelqu'un de bon, plus tu t'ouvres.

À la générosité, plus tu réussis dans tes affaires. Il y a dix ans, pour être une bonne personne qui réussit dans ses affaires, il fallait être le plus cruel possible, le plus dur possible. Aujourd'hui, les grands de ce monde qui réussissent le mieux financièrement ont compris que pour être quelqu'un de grand, il faut être bon.

En hébreu, gdoula, le mot qui veut dire grand, veut dire aussi bon. Plus tu es grand, plus tu es bon: la grandeur de l'homme, c'est sa possibilité d'être bon. L'enfant est petit. Qu'est-ce que ça veut dire qu'il est petit ? Il est un peu dur. La petitesse fait qu'on est dur. Par exemple, quelqu'un qui est malade rentre parfois dans des états de colère, dans des états de nerfs. Pourquoi ? Parce qu'il se trouve dans une situation où il se sent rapetissé. Mais le parent, vis-à-vis de l'enfant, doit surtout être grand.

Il doit être comme un grand-père, pas seulement comme un père. Il doit être comme un grand-père qui éduque avec l'éclairage du visage, avec le regard, les yeux dans les yeux avec l'enfant. Avec la façon de montrer à l'enfant qu'il comprend que l'enfant n'est pas content, mais qu'ensemble ils vont trouver une solution. L'enfant a besoin de sentir sans arrêt que le père ou la mère sont vraiment, vraiment des grands, c'est-à-dire en fait des gens bons.

Des gens qui sont vraiment dominés par le principe de la générosité. On dit ça, par exemple, à quelqu'un qui ne comprend pas sa page de Guemara: on lui dit, sors dehors, aide une grand-mère à traverser la route, reviens après étudier ta Torah, tu verras, tu vas comprendre la Guemara que tu ne comprenais pas. La générosité vient, ouvre le cœur et permet d'arriver à penser de façon un petit peu différente. C'est ça qu'on doit apprendre: pour vraiment renouveler nos façons de penser, on a besoin d'être bons.

Des parents, avant tout, avant tout autre principe, face à un enfant qui s'oppose, doivent essayer de comprendre ce que cet enfant-là est en train de nous dire. Je ne parle pas d'un enfant gâté, je ne parle pas d'un enfant qui reçoit tout. Je parle d'un enfant qui s'oppose pour s'opposer. Quand l'enfant s'oppose, il cherche à ce qu'on écoute sa voix.

Il cherche à ce qu'on trouve qu'il y ait une signification à son existence. Il ne dit pas ça, il ne pense pas ça, c'est inconscient, mais c'est véritablement ce qu'il pense. Dans cette fête du Seder de Pessa'h, on dit: Kol dichfin yeitei veyeikhol, kol ditzrikh yeitei veyifsakh: « Tout celui qui a faim, qu'il vienne manger; tout celui qui est dans le besoin, qu'il vienne faire la Pâque avec nous. » Et dit le Rambam, dans les lois de la joie de la fête, que si quelqu'un fait sa fête mais ferme sa porte,

il ferme sa porte de sa façon de penser, il ferme sa porte de son cœur, il ferme la porte de ses volontés et il rentre dans une espèce de ghetto dans sa façon de penser. Alors, en fait, tout ce qu'il mange, dit le Rambam, c'est un repas simplement pour son propre ventre. C'est-à-dire qu'il n'est pas vraiment joyeux dans la fête. Donc il faut ouvrir la porte, il faut ouvrir la porte à l'enfant, essayer de le voir dans les yeux, et puis d'approfondir.

L'amour pour lui, pas un amour intéressé, un amour véritablement gratuit, dans lequel je suis capable, bien que l'enfant me fasse maintenant l'enfer, je suis capable quand même de l'aimer, de le voir, et puis, comme ça, de l'amener à sa véritable destinée. Alors, bonne fête de Pessa'h à tous.

Cours d'Orot veKelim

Dans la même série

7 cours mêlant sagesse talmudique et conseils pratiques pour accompagner un enfant qui s'oppose.

  1. 1
    Se projeter dans vingt ans pour changer son regard
    Imaginer l'enfant et soi-même dans vingt ans pour sortir de la lutte du moment avec un petit de 4-5 ans.
    3 min
  2. 2
    Trois clés pour changer de regard sur l'enfant
    Le Dr Aboulafia propose trois voies talmudiques pour sortir de ses peurs et rejoindre vraiment l'enfant.
    5 min
  3. 3
    Penser l'inverse pour mieux éduquer et sortir d'Égypte
    Apprendre à voir l'enfant et la réalité autrement, par la méthode talmudique du renversement de pensée.
    4 min
  4. 4
    S'isoler pour penser autrement, comme à la sortie d'Égypte
    Comment l'isolement quotidien aide à sortir de ses moules de pensée face aux enfants.
    4 min
  5. 5
    Être grand, c'est être bon : éduquer sans lutter
    Comment un parent, en étant généreux et bon, peut ouvrir la pensée d'un enfant qui s'oppose.
    En cours de lecture
  6. 6
    Consulter un Chacham pour ouvrir sa pensée
    Pourquoi tout parent a besoin d'un sage qui assouplit son regard sur l'enfant et sur soi.
    5 min
  7. 7
    Surfer sur la vague : écouter la réalité de l'enfant
    Comment la vérité surgit de la réalité de l'enfant, et pourquoi il faut se plier à elle plutôt que la briser.
    5 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav