Les tentures du Mishkan et l'excédent de la Yeriya
Pourquoi le Mishkan exige des tentures d'une précision quantitative et une couverture trop longue.
Rav Yossef Attoun
Ensuite : Vaéra et les plaies d'Égypte, 41 min
En bref
Le Rav Yossef Attoun ouvre l'étude de la parachat Trouma, qui commence la troisième partie du livre de Chemot, consacrée à l'espace particulier du peuple d'Israël. Il explique la différence entre le Mishkan du désert, provisoire et démontable, le Temple de Shilo, semi-fixe, et le Temple de Jérusalem, définitif. Il montre que la Torah sanctifie d'abord le temps, puis l'espace, et que l'embellissement du lieu saint, qui relève du quantitatif et du matériel, fait partie de la mitsva de la Torah.
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chalom lakhem. Nous sommes arrivés dans la troisième et dernière partie du livre de Chemot. Nous avons parlé dans le passé de la paracha Trouma, c'est notre paracha, qui ouvre la troisième partie, cinq sidrot, dont la première est la paracha de Trouma. Nous avons dit que le livre de Chemot se subdivise en trois parties.
Le livre de Chemot est le livre de l'apparition de l'identité d'Israël sous ses trois formes: sous la forme du peuple, sous la forme de la Torah, et comme nous allons commencer aujourd'hui notre étude, sous la forme de ce qu'on pourrait appeler la dimension de l'espace particulier du peuple d'Israël. Le peuple d'Israël est concerné par les quatre premières parachiot du livre de Chemot: la sortie d'Égypte, l'apparition, la naissance sur la scène de l'histoire des nations de cette soixante-et-onzième nation, d'après le récit biblique, qui est la nation d'Israël.
Une fois que cette nation est née, elle va avoir ce que nous appelions une carte d'identité, c'est-à-dire Teoudat Zehout, la Torah. Les deux parachiot de Yitro et Michpatim correspondent à cela. Ensuite, troisième volet de cette trilogie du livre de Chemot, qui, comme son nom l'indique, veut dire l'apparition des noms de la nation d'Israël sur la scène de l'histoire. Alors: le peuple d'Israël, la Torah d'Israël, et une terre particulière qu'on va appeler la terre d'Israël. Enfin, un Makom, un espace particulier, qu'on va appeler le Makom d'Israël.
Ces cinq parachiot, d'une part Trouma et Tetzavé, traitent de l'ordre que Dieu donne à Moïse de construire un tabernacle, un Nichkan, une maison de Kedoucha, une maison où le peuple d'Israël va pouvoir réaliser la Torah dans un espace particulier qui lui est approprié. C'est le thème du tabernacle, en hébreu le Michkan, qui vient, comme vous le savez, du mot… Michkan ? — J'ai pas compris. — Hein ? Chohen, Chekhina, Chohen. Chohen, ça veut dire ? Ça veut dire ? Un voisin ? Chkhouna, ça veut dire ? Un voisinage, un quartier ? Qu'est-ce qu'on connaît encore comme mot ? Chohen, donc résident, hein ?
Chohen, ça veut dire résider. La Chekhina, c'est la résidence, la présence divine: le fait que Dieu n'est pas seulement au ciel, mais, comment dire, sur terre. Michkan, c'est donc une maison de Chekhina, une maison dans laquelle il y a une résidence particulière de la dimension de sainteté, du projet particulier de ce peuple, par cette Torah.
Dans la paracha de Trouma, qui est la nôtre, Dieu donne l'ordre de réaliser un Michkan, une maison très particulière. Dans la paracha de Tetzavé, il y aura des ajouts à ces ordres, en particulier concernant les vêtements de ceux qui vont œuvrer dans la maison en question, qu'on appelle les kohanim, les prêtres. Puis, à la fin du livre, deux autres parachiot, que j'ai un peu de mal à feuilleter en ce moment, mais on va s'habituer très vite: Vayakhel et Pekoudei. Alors que Tetzavé parle de l'ordre de réaliser, Vayakhel-Pekoudei parlera de la réalisation, pour nous dire qu'ils ont réalisé très exactement ce qui avait été ordonné.
Entre les deux, il y aura une paracha extrêmement problématique, extrêmement difficile, qui est la paracha de Ki Tissa, au centre de laquelle se trouve la faute dite du Veau d'or. Lorsque nous arriverons là-bas, nous verrons la place particulière de cette paracha. Mais je crois que vous avez maintenant un peu la structure du livre de Chemot et des cinq dernières parachiot de notre livre, dont nous entamons la première, la paracha de Trouma. Donc, l'ordre de construire un temple. Un pardon, un Michkan, un tabernacle. Ce n'est pas encore le temple, c'est un peu l'ancêtre du temple, une ébauche du temple.
La grande différence est en quoi, entre le Michkan du désert et le temple de Jérusalem, plus tard ? Absolument. Il y a une Michna à la fin du traité de Zevachim, je pense page 118, dans laquelle sont longuement explicitées les différences entre trois étapes de maisons de la Chekhina, si on peut dire, de maisons de résidence divine. La première, c'est la nôtre, le Michkan. La deuxième, ce seront les différents sanctuaires qui ont existé, par exemple Chiloh. Chiloh, premier endroit, chapitre 18 de Josué, premier endroit en terre d'Israël après la conquête de la terre par Yehochoua. La première chose que fait Yehochoua, c'est d'installer le Michkan dans cette ville appelée Chiloh, qui est le prélude à ce qu'elle sera à l'époque de David et surtout de Salomon, avec le temple de Jérusalem.
La Michna de Zevachim explicite qu'il y a des degrés différents de provisoire, ou, si vous voulez, dans l'autre sens, des degrés différents de fixité, Kevi'out en hébreu, Tavoua, de sédentarisation. La différence, c'est que dans le tabernacle, comme on va le voir, et ce sera notre sujet aujourd'hui, tout est provisoire. Vous avez certainement vu, sinon je vous invite à prendre les livres qui s'occupent de maquettes et de photos de ces choses-là, en particulier le livre de Levin, qui a fait un travail extraordinaire il y a de nombreuses années, et qui a photographié ensuite ces maquettes. On voit très bien comment l'enceinte du Michkan est faite. L'enceinte, pas faite de tissu: la cour du Michkan. Le Michkan lui-même est fait de bois, Atsei chitim omdim, c'est-à-dire une espèce de planches de bois.
Qui sont tenues les unes avec les autres. Une excuse, j'ai qu'une main, alors ça fait moins imagé que si j'en avais deux. Mais Baroukh Hachem, Dieu merci, Dieu soit loué, qui nous a donné, dans sa grande générosité, deux mains. Imaginez qu'on n'en ait qu'une. Dans des cas pareils, il n'y en aurait plus. Donc, Dieu merci, il y a possibilité de vous faire cette espèce d'image: des planches de bois, l'une à côté de l'autre, avec des tenons au-dessus, d'un autre genre en dessous, avec des barriarim, c'est-à-dire des verrous qui relient les planches à l'intérieur, d'ailleurs aussi à l'extérieur, etc.
Finalement, on a une espèce de maison à trois côtés, et d'ailleurs pas à quatre, le quatrième étant fermé par une parochet, un rideau très particulier. Et comme une maison, comme d'ailleurs une souka, il y a deux choses essentielles qui la caractérisent: le côté des parois, ce qu'on appelle les kotlim dans la souka, et puis le côté du toit, ce qu'on appelle le sekhakh, qui a donné son nom à la souka. Les parois sont ce qui relie à la terre, et le toit ce qui relie au ciel, car une maison est l'endroit d'habitation d'un homme qui veut être en relation, réaliser à l'intérieur de ce foyer la jonction entre le ciel et la terre.
S'il en est ainsi, dans le désert, dans le Michkan, les parois sont faites, encore une fois, comme un Lego. Elles se démontent et se remontent au fil des quarante-deux, euh, qui sont quarante-neuf stations, dans les pérégrinations du peuple d'Israël jusqu'à l'arrivée dans les plaines de Moab, en vis-à-vis d'Erets Israël. Les parois sont donc démontables et remontables, mais, comme on va le voir tout de suite, le toit également. Le toit est fait de trois genres, trois sortes de yeriot, des tentures …
Cours d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude hebdomadaire de la paracha avec le Rav Attoun. Commentaires et enseignements sur les portions de la Torah.
- 14
Le veau d'or et la vache rousse : deux portes de la TorahPourquoi la paracha Para précède Pessah, et comment la purification de la mort prépare le retour d'Israël. - 15
Moshé monte, les anges s'étonnent : la Torah au SinaïPourquoi Moshé craint les anges, et comment la montée vers le Sinaï révèle la Torah à l'homme. - 16
Il n'y a pas de techouva chez les nations ?Pourquoi la sagesse naturelle ne suffit pas, et ce que le livre de Yonah dit de la techouva des nations. - 17
Israël et la Torah : qui est plus grand ?Le midrash d'Eliyahu, et le premier précepte de Michpatim : libérer l'esclave hébreu. - 18
Les tentures du Mishkan et l'excédent de la YeriyaPourquoi le Mishkan exige des tentures d'une précision quantitative et une couverture trop longue. - 19
Vaéra et les plaies d'ÉgypteLe rêve de Pharaon, le déterminisme astral et la bracha que Yosef apporte à l'Égypte. - 20
Le cantique de la mer et l'élévation du regardPourquoi la Shirat Hayam est écrite en blancs, et comment la Torah élève le fini vers l'infini. - 21
Vayikra : l'appel de Hachem à Moché et le petit alephPourquoi le mot Vayikra s'écrit avec un petit aleph, et ce que l'appel divin enseigne sur la relation maître-élève. - 22
Chabbat Hagadol et le sens du passage vers l'âge adultePourquoi le Chabbat qui précède Pessah est appelé Gadol, et ce que la préparation à la soirée du Seder demande. - 23
Vayakel Pekoudé : la générosité qui doit suivre la TorahPourquoi l'élan de nédivout du peuple doit être guidé par l'ordre divin, selon Harlap et le Sfat Emet.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav