Pessah, la sortie d'Égypte comme condition de la Torah
Le Rav explique pourquoi la sortie d'Égypte précède le don de la Torah et pourquoi le Halel se dit un seul jour à Pessah.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Sortir d'Egypte et dévoiler le Tétragramme, 1 h 01
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour, je m'appelle Birchou Taraf, Birchou Trem, et on va commencer aujourd'hui à parler de Pessah comme d'une préparation. Trente jours avant Pessah, nous avons l'habitude de traiter de cette notion de Pessah, qui bien entendu dépasse l'élément festif que nous connaissons. Cet élément est important, mais nous sommes bien au-delà de la fête où il suffit de s'asseoir en famille, de lire une Haggada et de manger avec la famille. Nous savons qu'il y a ici des secrets énormes. Cette fête est en réalité l'essentiel, l'essence même de tout le judaïsme. C'est pour cela que je vous ai écrit un cours sous la forme de plusieurs points, où nous allons développer ces points. Vous aurez aussi la possibilité de poser des questions.
Alors. Le sujet principal, au sein du peuple d'Israël, sur lequel nous basons toute notre éducation, concernant la certitude de notre vie, n'est pas la émouna, mais la capacité que nous avons à certifier l'éternité. C'est la sortie d'Égypte. Autrement dit, c'est l'élément de base de tout. Il n'y a pas de possibilité de nous relier à des degrés supérieurs, quels qu'ils soient, sans passer par cette étape qui s'appelle Yetsiat Mitsrayim. Et donc, même lorsque nous recevons la Torah, nous la recevons parce que nous sommes sortis d'Égypte. Vous
comprenez bien: pas parce que cela s'est passé ainsi au niveau historique, mais parce que cela ne peut pas se passer autrement. Il n'est pas possible de recevoir la Torah puis de sortir d'Égypte. Vous comprenez ? Donc, ne vous attendez pas à une possibilité historique autre que celle qui s'est passée. Mais cette histoire, telle qu'elle s'est passée dans cet ordre-là, est en réalité une clé. Et cette clé, j'essaie de vous la transmettre: elle est claire. Elle dit tout simplement qu'il est impossible de se mettre en contact
avec les valeurs de l'infini, ce qu'on appelle le don de la Torah, qui est en réalité l'infini qui descend dans le monde, sans au préalable être sorti et libéré de ce que représente l'Égypte. D'accord ? Vous allez donc comprendre, petit à petit, que sortir d'Égypte est l'élément premier.
Parce qu'en réalité, le peuple d'Israël, dans sa fabrication, j'allais dire dans ses gènes, est obligé d'être dans la liberté. Pourquoi est-il obligé d'être dans la liberté ? Tout simplement parce que sa nature est libre. Et donc, tant qu'il n'a pas rejoint sa propre nature, c'est-à-dire la liberté, il ne peut pas commencer réellement à travailler dans sa vie. Ceci n'est pas seulement au niveau de l'histoire, mais au niveau de ce que nous sommes aujourd'hui, chacun de nous. Avec des mots simples: vous ne pouvez pas commencer réellement
à faire ce que vous devez faire dans ce monde sans au préalable vous être retrouvé. Et pour vous retrouver, vous devez d'abord vous libérer de tout ce qui vous embête, de tout ce qui vous dérange. Donc tant que vous n'êtes pas sorti d'Égypte, oubliez la possibilité de vous joindre aux valeurs de l'infini. Impossible. Pourquoi ? Parce que cette prison, entre guillemets, vous oblige à rester dans les contraintes de la nature. Et la nature est limitée, par définition. Toute cette nature est en réalité représentée par l'Égypte.
L'Égypte est donc une prison naturelle qui empêche celui qui est emprisonné à l'intérieur de ce système de toucher les valeurs qui sont au-delà de cette prison, les valeurs surnaturelles. Or nous avons affaire à l'éternité. L'éternité n'est pas emprisonnée dans la nature. Et notre devoir, en tant que peuple d'Israël, est d'apporter justement ces valeurs de l'éternité et de les faire entrer dans cette nature qui est limitée.
Pour réussir ce travail, il faut d'abord être capable de sortir des contraintes qui bloquent l'homme dans son système naturel. Cela ne veut pas dire pour autant que je jette la nature et que je l'annule. Non: je dois pouvoir, à volonté, sortir de la nature et y rentrer comme je veux. Sortir de la nature, pourquoi ? Pour toucher un élément supérieur à la nature, puis revenir à la nature, parce que c'est en réalité le but même de la création du monde. Un exemple très simple: le *Kohen
Gadol* qui entre dans le Kodesh HaKodachim sort en réalité de la nature. On parle de son entrée dans le saint des saints, mais son entrée est accompagnée d'une sortie. Il sort du monde de la nature pour entrer dans un monde hors nature. Mais le but même de toute cette entrée est de ressortir vers la nature. Il ne s'agit surtout pas de le laisser à l'intérieur, avec tout le plaisir que cela comporte. Rester dans ce contexte surnaturel est très attirant, mais ce n'est pas le but même
de la création. Alors, j'espère m'être un peu fait comprendre pour commencer à aborder le sujet.
L'essentiel de notre étude, de toute l'éducation de la émouna, c'est la sortie d'Égypte. Rabbi Yehouda HaLevi, dans le Kuzari, nous dit: nous avons cette certitude-là en le Dieu d'Abraham, d'Itzhak et de Yaakov. Mais en tant que quoi ? Comme s'il avait un métier essentiel. Et quel est le métier essentiel d'Akadosh Baroukh Hou, Dieu d'Avraham, d'Itzhak et de Yaakov, si ce n'est de nous faire sortir d'Égypte, nous, les enfants d'Israël ? Incroyable. C'est étrange. Si je vous demande quel est le métier d'Akadosh Baroukh Hou, vous allez
peut-être me dire: créateur du monde. C'est le premier métier. Mais il n'a pas qu'un seul métier. Et là, Rabbi Yehouda HaLevi nous dit que l'essentiel de son métier, c'est quoi ? C'est le rédempteur. C'est celui qui libère. En fait, pour nous, le lien que nous avons avec les valeurs d'Akadosh Baroukh Hou, de l'éternité, c'est tout simplement de nous faire d'abord sortir, grâce à ce contact-là, de tous nos emprisonnements. D'accord ? C'est-à-dire que si je vous pose maintenant une question très simple, avec des mots simples, en
français simple: quelle est votre attente, entre guillemets, d'Akadosh Baroukh Hou ? De nous libérer. Ok ? C'est mon libérateur. Comment appelle-t-on ce métier, en hébreu ? Gaal. D'accord ? Goel, tu as raison, mais comment le fait-il pratiquement, comme un métier ? Par exemple, quelqu'un qui travaille dans les montres, comment l'appelle-t-on ? En hébreu, Chaan. D'accord ? Chaan. Vous avez entendu parler de ça ? Comme chaon, c'est la montre. Chaan, c'est l'horloger. Eh bien, celui qui libère s'appelle gaal. Comment écrivez-vous gaal ? Guimel, alef, lamed. Quelles
sont les voyelles ? Qu'est-ce qu'il y a sous le guimel ? Un kamatz. Qu'est-ce qu'il y a sous l'alef ? Un patah. Et sous le lamed ? Rien. Donc kamatz, patah. Chaque fois que vous avez trois lettres avec kamatz, patah, gaal, chaan, c'est un métier et non pas un verbe comme vous pourriez l'imaginer. Baroukh Hata Hachem, Gaal Israël: béni sois-tu l'Éternel qui a sauvé Israël ? Non: béni sois-tu l'Éternel dont le métier est Gaal Israël, sauveur d'Israël. Vous avez compris ? C'est une nuance très importante.
Si vous ne comprenez pas l'hébreu, vous allez tomber dans le piège des traductions qui n'ont aucun rapport avec ce que le texte dit.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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