Sortir d'Egypte et dévoiler le Tétragramme
Pourquoi le peuple d'Israël doit dépasser la logique humaine pour dévoiler le nom divin, et ce que signifie Pessah.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La droite et le cercle : Elohim, Havaya et la sortie d'Égypte, 57 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Alors, nous avons développé le sujet de la sortie d'Égypte et du concept d'Égypte. Nous avons dit que le peuple d'Israël, étant donné qu'il est le nom d'Hachem, qu'est-ce que ça veut dire qu'il est le nom d'Hachem ? Le nom, c'est le dévoilement d'Akadosh Baruch Hu. Eh bien, Akadosh Baruch Hu a choisi de créer le peuple d'Israël avec la capacité de traduire ses intérêts dans le monde. Ça veut dire qu'en tant que nation, et je répète, en tant que nation, et pas seulement en tant qu'individu, nous sommes censés dévoiler le tétragramme, le Yud Ké Vav Ké. Qu'est-ce que c'est que ce tétragramme ? Car c'est de ce nom-là qu'il s'agit. C'est ce nom-là qui est emprisonné en fait en Égypte, car non dévoilé.
Le roi de cette prison, Paro, dit « Mi Hachem ». C'est qui ça ? C'est quoi ? « Ma chère Echma Bekolo, pour que je puisse écouter sa voix intérieure. Moi, j'ai l'habitude que les dieux me servent. Moi, je ne sers pas des dieux. » Et donc, « Mi Hachem », c'est quoi ce nom-là qui dépasse l'entendement rationnel que j'ai l'habitude, moi, de vivre ?
Donc l'Égypte, en réalité, dans son entité, c'est quoi ? C'est du rationnel. On appelle ça le Nahach, le serpent. Et ce n'est pas par hasard que le prophète compare l'Égypte au serpent. L'Égypte ressemble à la voix du serpent, c'est-à-dire le rationnel, le monde qui ne dépasse pas la logique humaine. C'est ça en réalité l'Égypte, qui va donner naissance à la Grèce antique, qui est en réalité la même racine, qui va donner naissance à la philosophie et à tout ce que vous connaissez, qui est en réalité toujours la graine et l'ancrage de ce degré. C'est la logique humaine, le rationnel humain, qui ne peut pas appréhender quelque chose qui le dépasse.
Et voilà qu'il y a une création dans ce monde, pas deux, une seule, qu'Akadosh Baruch Hu a créée, a voulue, a pensée, a fabriquée, avec les capacités de comprendre et de vivre quelque chose qui est au-delà de cette nature. Et c'est ça la nouveauté d'Israël.
Même lorsqu'il y a un homme individuel, aussi grand soit-il, Abraham, Yitzhak, Yaakov, ils ne peuvent pas accéder à ce nom-là, le tétragramme. Et c'est pour ça que dans la paracha de Va'éra, lorsqu'il s'est dévoilé à Abraham, Yitzhak et Yaakov, il l'a fait avec un autre nom, pas avec celui-ci, avec un nom qui comporte en lui des limites: El Shaddaï.
Le nom Shaddaï, c'est les limites en réalité, ce sont les mesures. Et donc, lorsqu'un homme individuel approche de l'infini, il ne peut pas concevoir le tétragramme parce qu'il n'est pas une nation. Alors comment est-ce que nous pouvons faire, puisque nous sommes des individus ? La seule condition, c'est d'être relié à chaque fois à la nation d'Israël, qui elle seule est le porteur de ce message. Pas des juifs individuellement parlant, mais un homme qui fait partie du peuple d'Israël, une femme, mais qui est au niveau du peuple, peut atteindre ce niveau de dépasser en fait la nature.
Qu'est-ce que ça sous-entend ? Ça sous-entend que toutes les lois de cette nature n'ont plus de poids sur cette personne-là. D'accord ? Ça veut dire qu'un homme qui est de ce degré-là, qui s'est relié à la nation tout entière, peut défier les lois de la nature. Et ce qui est normalement logique pour lui n'est plus la logique. On a donné l'exemple du peuple d'Israël qui lui-même a cette racine. Et ce n'est pas par hasard que le premier enfant israélien de l'histoire s'appelle Yitzhak. Pourquoi ?
Parce qu'il fait rire. Et pourquoi il fait rire ? Mais parce qu'il sort des lois de la nature. Son papa a cent ans, sa maman quatre-vingt-dix ans, ce n'est pas normal qu'un enfant naisse de ce couple. Étant donné que c'est le premier « juif », entre guillemets, de l'histoire, – je n'appelle pas juif, parce que juif c'est Yehouda, et c'est un douzième du peuple, ce n'est pas tout le peuple –, c'est le premier Israël de l'histoire.
Ça sous-entend que le peuple d'Israël qui va sortir plus tard va être lui aussi un peuple qui fait rire. Comment dit-on « fait rire » en hébreu ? Et nous avons décomposé le mot en tsehok, c'est sortir des lois. Donc le mot tsehok en hébreu, « rire », c'est la possibilité de sortir des contextes de la nature qui étouffent.
En somme, toute la sortie d'Égypte va avoir ce caractère-là: défier les lois de la nature. Donc l'Infini, béni soit-il, a défié la propre nature qu'il a lui-même créée. Pour montrer quoi ? Qu'il y a un étage supérieur, avec des idéaux supérieurs, avec des concepts supérieurs, que l'homme d'en bas, qui est sous ce plafond de la logique, ne peut pas atteindre. Et tant que tu ne dépasses pas ce plafond logique, tu vas vivre toute ta vie selon cette logique et avec ces lois.
Et effectivement, ceux qui sont sous ces lois, sous cette emprise de la logique, sont obligés d'obéir aux lois de cette logique. On ne pourra rien changer. Quelqu'un qui est malade, il est malade, il va mourir. Dans le peuple d'Israël, quelqu'un qui est malade, on peut le sortir de sa maladie grâce à quelque chose. On appelle ça une « philape », peu importe. Comment peut-on changer quelque chose qui apparemment est soumis aux lois de la nature ? Eh bien justement parce qu'il y a un élément qui est hors nature.
Et ce degré-là s'appelle Yud Ké Vav Ké. C'est le nom que vous voyez dans les livres, le tétragramme. Ce tétragramme n'obéit pas aux lois de la nature, ni au temps, ni à l'espace, ni à rien qui puisse les limiter. Donc vous devez voir ce nom de Yud Ké Vav Ké. Et en réalité, il y a une émouna chléma que tout ce que je suis en train de demander, même si ça ne me paraît pas logique maintenant, peut changer. Mais il faut chatouiller ce degré. D'accord ?
Et là, vous comprenez qu'il n'est pas logique d'ouvrir une mer. Qu'est-ce que ça veut dire que la mer s'ouvre ? Alors, ceux qui ne peuvent pas accepter ce degré qui dépasse la nature sont coincés dans le système, à chercher tout le temps une loi physique rationnelle pour dire: oui, mais il a dû se passer un tremblement de terre, la terre était rouge, donc ça a coloré les eaux d'une île en rouge, c'était pas vraiment du sang, et la mer n'était pas ouverte, il devait y avoir un tsunami avec un vent. Ils ont toujours des degrés, parce qu'ils sont étouffés par ce degré qui les dépasse.
Et malheureusement, on a été imprégné de deux mille ans d'exil avec cette mentalité-là de la logique pure, humaine, alors qu'il existe une logique divine qui dépasse la nôtre. C'est pour ça, par exemple, qu'on ne sait pas ce qu'est la terre d'Israël. Et le Rav Kook nous met en garde immédiatement dans son livre, Orot: « Erets Israël, eina davar chitsoni, rationali enoshi …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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