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Le Moussaf de Roch Hachana et ses dix Alléluia

Pourquoi la prière de Moussaf tire trois versets de chaque partie de la Bible, et ce que disent les trois avis du Talmud sur les dix Alléluia.

1 h 09

Rav Élie Kling

Ensuite : Le Moussaf de Roch Hachana et la règle des dix versets, 1 h 09

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonsoir à toutes et à tous. C'est avec un grand plaisir qu'on se retrouve pour le premier cours avec le Rav Élie Kling, qui va traiter de Roch Hachana et, de façon plus générale, des fêtes. Si vous revisionnez ce cours sur internet, sachez que le premier cours sera revisionné et mis sur YouTube, et que les prochains cours seront peut-être mis uniquement sur le site. Donc veuillez vous inscrire sur le site fr.lumont.org pour pouvoir revisionner les autres cours. Faites un compte, c'est gratuit, et ça vous permet de visionner les cours en vidéo et en audio. Je mets également les documents. Voilà, je laisse la parole au Rav Kling, on peut commenter.

Ok, donc nous sommes partis pour une série de quatre interventions, je pense, sur les différentes fêtes de Tishri. C'était le thème qu'on m'a proposé. Il y a de quoi faire, il y a de la matière. Les fêtes de Tishri, c'est bon.

On a retrouvé, il y a quelques années, en Israël, dans les Feuilles archéologiques, un document. C'était un Romain qui devait envoyer un rapport à Rome. On l'a trouvé dans les ouvrages du Néguev, pas loin de chez moi. Le rapport avait été envoyé avant l'invasion de Rome, donc à l'époque des Hasmonéens. Il avait été envoyé pour savoir quelle était la population juive qu'ils avaient l'intention d'aller conquérir: si c'étaient des gens civilisés ou des gens pas civilisés. Le problème avec les Romains, c'est que quand ils venaient quelque part, ils amenaient également leur culture, leur civilisation. Ils voulaient donc savoir s'ils devaient s'attendre à une réaction difficile, si c'étaient des sauvages ou des gens avec qui on pouvait discuter. Le bonhomme était envoyé quelques mois, on le voit d'après les écrits, pour faire le rapport sur ce qui se passait en Israël.

À la question « est-ce que ce sont des gens civilisés ou des sauvages », quelle est la réponse, d'après vous ? Qu'a-t-il répondu ? Il a répondu que c'étaient de gros sauvages, les Hébreux. Pourquoi ? Parce qu'il y a des moments où l'on arrête complètement de travailler. Ce sont tous des fainéants: une fois dans la semaine, une fois tous les sept jours, tout le monde s'arrête. Et tout le monde s'arrête, c'est-à-dire pas seulement les citoyens, les esclaves aussi. Rien ne fonctionne, les magasins sont fermés. On ne peut pas construire quelque chose de civilisé avec des gens pareils. Et il termine son rapport ainsi: il y a des mois dans l'année où ils ont plus de jours fériés que de jours ouvrables. Ce sont des gens infréquentables.

Et de là, on apprend qu'il était là également pendant le mois de Tishri. Le mois de Tishri est en effet un mois très, très chargé. On va donc commencer par le commencement, et parler un petit peu de Roch Hachana. J'ai essayé de commencer par parler du Moussaf de Roch Hachana, mais c'est une façon comme une autre d'aborder la fête.

Comme vous le savez, la prière de Moussaf de Roch Hachana est une prière un petit peu particulière. Je vous rappelle simplement comment ça se passe au niveau des tefilot chez nous. Il y a trois tefilot journalières. Mais au moment des solennités religieuses, que ce soit le Chabbat ou les fêtes, on rajoute une tefila supplémentaire qu'on appelle donc Moussaf. Et à part Kippour, c'est le maximum. À Kippour, on rajoute encore une tefila, donc il y a cinq tefilot à Kippour, une fois par an.

Le reste des journées, ce sont soit les trois tefilot habituelles des jours ouvrables, soit, quand il y a Chabbat, quatre tefilot, puisqu'on rajoute Moussaf entre Chacharit et Min'ha. Maintenant, Moussaf est toujours construit de la même façon. Il y a les trois brachot habituelles, Avot, Guevourot et Kedoucha, qui existent également pour les jours de semaine, et puis il y a les trois brachot finales, Avodah, Hodaa et Chalom, plus connues sous le nom de Retsé, Modim et Sim Chalom. Entre les deux, les treize brachot intermédiaires du jour de semaine sont remplacées par la prière particulière du Chabbat ou de la fête en question, qu'on appelle la bracha de Kedouchat Hayom, la sainteté du jour. On y raconte quelque chose qui concerne la journée, et en général on parle aussi du korban particulier qu'on apportait ce jour-là, d'où le nom de la prière, qui vient à la place de ce korban supplémentaire, le korban Moussaf.

Or, ce qui se passe à Roch Hachana, c'est que, bizarrement, la tefila de Moussaf n'a rien à voir avec les Moussaf habituels. Au lieu d'avoir sept brachot (les trois du début, les trois de la fin et la bracha du milieu, qui est la bracha du jour, Kedouchat Hayom), il y a tout d'un coup neuf brachot, comme vous le savez. Il y en a trois avant, trois après, et au milieu, trois. Et chacune de ces trois brachot développe un thème qui, apparemment, devrait être un thème fondamental de Roch Hachana. Autrement dit, si on arrive à comprendre ce qui se passe derrière les trois brachot de Moussaf, on devrait avoir une vision plus claire de ce que représente Roch Hachana dans le calendrier juif. C'est la raison pour laquelle j'ai décidé de regarder de plus près cette tefila-là de Moussaf.

Il y a plusieurs Michnayot et plusieurs pages de Guemara consacrées à tout ça, avec toutes sortes de discussions chez les Tanaïm et chez les Amoraïm. Le Moussaf qu'on a aujourd'hui devant les yeux n'est pas exactement celui qui faisait l'unanimité à l'époque de la Michna et de la Guemara, et il y a un certain nombre de discussions, très intéressantes. J'en ai choisi une, et vous allez comprendre pourquoi tout de suite. Elle se trouve dans le traité Roch Hachana, dans le Seder Moèd, bien sûr.

Le daf, comme vous le voyez sur votre écran, est le daf lamed-bet, donc page 32, hamoud alef. Voilà ce que dit la Michna: En pochatim asara malchuyot, asara zikhronot, asara shofarot. Rabbi Yochanan ben Nouri omer: Chalosh, chalosh, mikulani. En pochatim asara malchuyot, asara zikhronot, asara shofarot. Qu'est-ce que ça signifie ? D'abord, on a déjà ici, comme vous le savez, les noms des trois brachot intermédiaires, celles qui font que le Moussaf, au lieu d'avoir sept brachot, en aura neuf. La première s'appelle Malchuyot, pluriel de Malchout, la royauté. La deuxième s'appelle Zikhronot, au pluriel, souvenir. La dernière s'appelle Shofarot, pluriel de chofar. Il semblerait donc que les trois thèmes principaux de Roch Hachana (je ne sais pas s'il faut dire les trois thèmes, en tout cas trois thèmes principaux) seraient les Malchuyot, les Zikhronot et les Shofarot. C'est la première chose qu'on voit dans cette Michna.

La deuxième chose qu'on voit, c'est en pochatim asara, qui veut dire littéralement: on ne diminue pas en deçà de dix. On ne fait pas pachot, on ne fait pas moins que dix. Dix Malchuyot, dix Zikhronot, dix Shofarot. Là, cela demande une explication un peu plus soutenue. C'est quoi, les dix ? De quels dix parle-t-on ?

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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