Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Retourner la corne du bélier : de la force à la parole

Le chofar, né d'une corne d'agressivité retournée, enseigne à régler les conflits par la parole.

4 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Le Moussaf de Roch Hachana et ses dix Alléluia, 1 h 09

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Le shofar d'Sélihot et le shofar de Roch Hachana. Pourquoi sonne-t-on du shofar ? Apparemment, c'est parce que le son du shofar est un son qui fait vibrer les consciences, qui rentre plus profond en nous-mêmes. Il y a d'autres possibilités pour obtenir des sons un peu vibrants, par exemple une contrebasse. Il existe une autre explication, et celle-là est quand même curieuse: on prendrait le shofar parce que, figurez-vous, le shofar rappelle la corne.

La corne du bélier. Et le bélier, c'est l'animal qui a remplacé Yitzhak le jour de la Akéda, le jour du sacrifice d'Yitzhak. Lorsque lui a dit à Abraham que ce n'était pas la peine d'aller tuer son fils, il a dit: bon, je fais quoi alors ? Il a trouvé un bélier, et la corne du bélier, le shofar, représente le bélier, qui rappelle donc Yitzhak. À Roch Hachana, il est bon de rappeler les mérites de nos ancêtres, et on rappelle donc le sacrifice d'Yitzhak.

Vous comprenez que le rapport est quand même un peu curieux: la corne qui rappelle le bélier, qui rappelle le sacrifice qui n'a pas eu lieu, qui rappelle Yitzhak, qui rappelle le mérite d'Avram. J'ai entendu une explication que j'ai beaucoup appréciée à l'époque de mon ami le rabbin Shmuel Uziel. Shmuel me disait, il y a très longtemps, que ce qui est important dans le shofar, ce n'est pas seulement le son.

C'est également le processus de fabrication. Pourquoi fait-on un shofar ? On prend le bélier, d'accord ? On arrache la corne du bélier. Une fois qu'on l'a arrachée, on l'enlève, on vide cette corne du matériau dur qui est à l'intérieur. Ensuite, on retourne la corne, parce que vous avez remarqué que, lorsqu'on joue du shofar, le haut du shofar est en fait le côté qui était sur la tête du bélier, c'est-à-dire le bas de la corne. On retourne donc le shofar, on retourne la corne du bélier.

Ensuite, il suffit de souffler, et hop, tout d'un coup, ce shofar donne un son. Quel est le symbole ? Figurez-vous que l'animal, quand il doit régler les différends qu'il a avec un autre animal, par exemple à propos d'un bélier ou d'une femelle, comment fait-il ? À coups de corne, très agressivement. L'homme pourrait évidemment aussi donner des coups de poing quand il a des différends avec son prochain. Mais il a aussi une autre possibilité: la parole, le dialogue, le pardon.

L'histoire du shofar nous prouve justement qu'on peut prendre le côté le plus agressif de l'animal, et que, si on sait comment s'y prendre, on le transforme en porteur de voix. Ce n'est pas évident: il faut d'abord le sortir un peu de son contexte, ensuite il faut le retourner. Il ne s'agit donc pas de le jeter et de prendre quelque chose d'autre, il s'agit de retourner, c'est-à-dire de se servir de la même force, des mêmes pulsions, si vous voulez, des mêmes instincts, mais cette fois dans le bon sens. On peut simplement retourner le sens des choses. Il faut vider la substance dure qui est en nous et qui nous empêche de voir les choses de manière positive.

Ensuite, il suffit de souffler un peu. En hébreu, rouach signifie à la fois le souffle et l'esprit, rouach étant aussi le côté, si vous voulez, spirituel (rou-kha-ni-out). Il suffit donc d'un peu de spiritualité, et ce shofar, qui était le symbole même de l'agressivité du bélier, devient un porteur de son.

Kol shofar. La leçon est très simple. Si l'animal, même dans son côté le plus agressif, peut être transformé en quelque chose qui donne un son, une voix, kol shofar, à plus forte raison l'être humain, qui a naturellement le kol, le son, puisqu'il peut parler naturellement à son prochain, doit utiliser la parole plutôt que la force pour résoudre ses problèmes relationnels avec son voisin.

Et bien sûr, également entre nous et Hachem lui-même: c'est le premier grand message de Roch Hachana. Shalom à tous.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

Dans la même série

Les fêtes de Tichri : le chofar, le Moussaf, la joie de Souccot et le jugement.

  1. 1
    Retourner la corne du bélier : de la force à la parole
    Le chofar, né d'une corne d'agressivité retournée, enseigne à régler les conflits par la parole.
    En cours de lecture
  2. 2
    Le Moussaf de Roch Hachana et ses dix Alléluia
    Pourquoi la prière de Moussaf tire trois versets de chaque partie de la Bible, et ce que disent les trois avis du Talmud sur les dix Alléluia.
    1 h 09
  3. 3
    Le Moussaf de Roch Hachana et la règle des dix versets
    Pourquoi le Moussaf est différent, et pourquoi on lit au moins dix versets à la Torah.
    1 h 09
  4. 4
    Souccot et l'esthétique juive : l'étrog, la beauté et le moule
    Pourquoi l'étrog doit être beau sans être moulé, et ce que dit la halakha sur la beauté.
    3 min
  5. 5
    Se réjouir malgré la guerre : une résistance à Souccot
    Pourquoi célébrer Souccot et la joie de la Torah pendant la guerre fait partie de l'effort national.
    4 min
  6. 6
    Hochaana Rabba et les trois livres du jugement
    Le texte de Rabbi Yochanan sur les trois livres, et la lecture du Rambam sur le benoni.
    40 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav