Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Hochaana Rabba et les trois livres du jugement

Le texte de Rabbi Yochanan sur les trois livres, et la lecture du Rambam sur le benoni.

40 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Le puits et la taupe, histoire talmudique sur l'émouna, 58 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Qu'est-ce qu'on fait là, ici, à Hochaana Rabba, au lieu de dormir tranquillement ? Pourquoi y a-t-il tant de juifs qui se réunissent pour étudier ? On sait que cela a un rapport avec les Hachanot, avec tout ça. Quel rapport ? Comme vous le savez, on étudie toute la nuit de Hochaana Rabba à cause de cette affaire qui a commencé à Roch Hachana et qui se déroule normalement en trois étapes, paraît-il. Première étape: Roch Hachana, c'est le jugement. Deuxième étape: Kippour, c'est le jugement. Troisième étape: *Hochaana

Rabba, c'est le jugement. C'est pour cela qu'on ne dort pas pendant le jugement, on reste éveillé. Je ne plaisante pas, c'est ainsi que cela est écrit dans le texte sacré. Si on est là à Hochaana Rabba, c'est parce que c'est la fin, après, c'est fini. Si ce n'est pas maintenant, le dernier moment, c'est fini. Hanouka* n'a pas de rapport avec tout cela, Pessa'h non plus. Donc ce sont les trois étapes. Pourquoi trois étapes ? C'est une bonne question, on va essayer de comprendre un peu davantage.

Comme vous pouvez le voir par le titre de notre conférence, qui figure sur les feuilles que vous avez reçues, nous allons parler des trois étapes de la techouva.

Il y a quelqu'un de très proche qui m'a demandé: « Papa, mais à quelle heure tu parles ? » Je lui ai répondu: « À 3 heures du matin, je suis le dernier. » Il m'a dit: « Ah, c'est comme ce festival là-bas, avec la ville de Geffen, qui parle toujours, qui fait toujours le même discours, le "fin dernier". » J'ai pris ça comme un grand compliment. Évidemment, il faut connaître la ville de Geffen pour comprendre la portée de la chose.

Comme vous le savez, nous sommes réunis pour les jours de jugement qui ont commencé à Roch Hachana. Or, regardez le texte n° 1 que vous avez sous les yeux. C'est à cause de lui que les juifs, à Kippour, s'inquiètent, à Roch Hachana ils font le chofar, et à Hochaana Rabba ils ne dorment pas. Un texte très curieux, mais qui est entré dans la Torah. Le peuple juif a une conscience très profonde de ce texte, on pense à lui tout le temps, dans les tefilot, dans la techouva. Regardez ce qu'il dit: Amar Rabbi Yo'hanan, voilà son nom, qu'est-ce qu'il dit ? Chlocha sefarim niftahim beRoch Hachana: Ehad tsadikim gmourim, ve-ehad resha'im gmourim, ve-ehad benonim. Il y a donc trois livres, comme vous le savez, qui sont ouverts à Roch Hachana.

Un pour les réchaïm gmourim: on sait déjà qu'ils sont réchaïm, il n'y a pas de quoi s'inquiéter. Un autre pour les tsadikim gmourim: ceux-là sont tsadikim, même s'ils font maintenant des bêtises, de toute façon ils sont tsadikim, cela suffit largement, puisque ce qu'ils ont fait, eux, il n'y a pas de problème. Et il y a un troisième livre pour les benonim, c'est-à-dire ceux qui ne sont ni tsadikim ni réchaïm. Ceux-là, comme il est écrit après, sont telouyim ve-omdim, c'est-à-dire…

Pendus et debout. Telouyim, cela veut dire dont le sort dépend, mais au sens propre cela veut dire pendu. Imaginez la scène: on les met sur une chaise, on leur passe la corde, et ils restent comme ça dix jours. Et puis à Kippour, comme ils sont telouyim et omdim, soit on enlève la chaise, et voilà, soit ils ont fait techouva, et alors on retire tout, la chaise, la corde, enfin dans l'autre ordre évidemment, et après… tout va bien. Voilà le texte de Rabbi Yo'hanan. Les tsadikim, dans quels livres sont-ils inscrits ? Dans le livre de l'« Autel d'Éphraïm ». Les réchaïm, eux, sont inscrits dans le livre de la mort, tant pis pour eux. Les benonim, eux, roch hachana les départage, tant pis pour eux aussi. Et puis on voit si cela marche pour les réchaïm, et sinon, d'accord.

Ce texte, nous le connaissons tous par cœur, et nous y pensons certainement quand nous disons Avinou Malkénou, Kodbénou et le reste. On s'imagine les trois livres, on espère être dans le bon. Et quand on dit « qu'on soit inscrit pour une bonne année » [Ketiva vé-Hatima Tova], à quoi pense-t-on ? À cela: on demande d'être inscrit au bon endroit, dans le bon livre. Mais réfléchissons à ce texte. En fait, il ne veut rien dire. En tout cas, il s'oppose à ce que nous savons être la

réalité. Si ce qui est écrit là est vrai, cela veut dire que si l'on regarde en arrière, depuis le Roch Hachana dernier jusqu'à celui-ci, tous ceux qui ont passé l'année sans mourir en route sont, d'après le texte, des tsadikim gmourim. Et tous ceux qui sont morts en route depuis le Roch Hachana dernier ont été inscrits, à ce Roch Hachana-là, dans le livre de la mort. Ceux-là sont donc des réchaïm gmourim. Vous vous rendez compte ? Cela ne veut rien dire. Regardez autour de vous. Non, pas

là, regardez autour de vous: il y a un tas de gens qui ont passé l'année, et qui ne sont pas forcément des tsadikim accomplis, pas même des benonim qui étaient sur la chaise. Vous en avez un là. Il était où, il y a un an ? Il était là, à peu près comme maintenant. Il a vécu, il a survécu. Vous croyez vraiment qu'on l'a inscrit dans le livre des tsadikim gmourim ? Il ne faut pas exagérer non plus. Lui, c'est un tsadik caché, peut-être. Quelqu'un m'a

dit tout à l'heure « gamo », ça veut dire « gamo ».

Il y a mon ami le Rav Dan Merzbar, par exemple, un vrai tsadik. Il a été malheureusement tué cette année, il est revenu avec la malade à Markela, vous vous en souvenez ? Il habitait à Otniel, il a donc fait une grande mitsva, et l'un de nos soldats ne l'a pas vu, c'est le matin, il faisait sombre, etc., il a tiré et il est mort. Et alors ? Cela veut dire quoi ? Que son nom a été inscrit dans le livre des réchaïm gmourim ? C'est

absolument impossible. Ce n'est pas ce que le texte voulait dire. On sait bien que ce n'est pas vrai. J'ai l'impression que vous avez une question… Mais ne me dites pas que vous n'y avez jamais pensé. Ah si ? Non ? C'est une vraie question. Il n'est pas possible de prendre ce texte au premier degré. Vous allez me dire: « Mais qui es-tu pour savoir qui est tsadik gmour et qui est racha gmour ? » C'est vrai, on ne peut pas savoir. En gros, on ne peut

pas savoir.

Un des rabbanim justement d'Otniel racontait, la dernière fois que j'étais là-bas pour un Chabbat, le Rav Re'em. Il racontait l'histoire suivante. Il dirige une yéchiva, celle d'Otniel, et un jour l'armée l'appelle et lui dit: « Écoute, on a trouvé un de tes bahourim, il traînait dans les champs, dans les jardins, dans les bergers de la région, c'est très …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

Dans la même série

Les fêtes de Tichri : le chofar, le Moussaf, la joie de Souccot et le jugement.

  1. 2
    Le Moussaf de Roch Hachana et ses dix Alléluia
    Pourquoi la prière de Moussaf tire trois versets de chaque partie de la Bible, et ce que disent les trois avis du Talmud sur les dix Alléluia.
    1 h 09
  2. 3
    Le Moussaf de Roch Hachana et la règle des dix versets
    Pourquoi le Moussaf est différent, et pourquoi on lit au moins dix versets à la Torah.
    1 h 09
  3. 4
    Souccot et l'esthétique juive : l'étrog, la beauté et le moule
    Pourquoi l'étrog doit être beau sans être moulé, et ce que dit la halakha sur la beauté.
    3 min
  4. 5
    Se réjouir malgré la guerre : une résistance à Souccot
    Pourquoi célébrer Souccot et la joie de la Torah pendant la guerre fait partie de l'effort national.
    4 min
  5. 6
    Hochaana Rabba et les trois livres du jugement
    Le texte de Rabbi Yochanan sur les trois livres, et la lecture du Rambam sur le benoni.
    En cours de lecture
  6. 7
    Le puits et la taupe, histoire talmudique sur l'émouna
    Le Baal Haroukh rapporte une histoire d'attente fidèle, et le Rav Kling en tire la force de l'émouna face au temps qui passe.
    58 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav