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Se réjouir malgré la guerre : une résistance à Souccot

Pourquoi célébrer Souccot et la joie de la Torah pendant la guerre fait partie de l'effort national.

4 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Hochaana Rabba et les trois livres du jugement, 40 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chabbat à tous, Chag Sameah, bienvenue dans ma Soukka. Vous savez que la fête de Souccot est considérée dans nos textes, dans les prières, comme Zman Simhatenou, le temps particulier consacré à la joie, et qui doit culminer à Simhat Torah, le dernier jour de la fête, par une joie qui doit exploser de tous les côtés. Cette année, c'est un peu particulier, évidemment. Vous savez qu'Israël est un petit pays, et ici, en Israël, je ne connais personne qui n'a pas au moins une connaissance, et ce n'est pas

un proche-parent, qui a été blessé ou tué, au front ou dans un des attentats terroristes de cette année. C'est la guerre la plus longue d'Israël. Il y a encore des otages qui sont maintenus chez ces terroristes sadiques que sont le Hamas ou ce qu'il en reste. Évidemment, la question se pose de manière naturelle: quelle joie ? Comment se réjouir ? J'aurais voulu dire deux petites réflexions à ce sujet.

Premièrement, il y a plusieurs manières de faire la guerre contre nos ennemis. Il y a la manière la plus connue et sans doute la plus courageuse, c'est d'aller au front, de porter les armes, de risquer sa vie. Et puis il y a tous ceux qui, ici en Israël et également chez nos frères juifs de la Diaspora, font l'effort, participent à l'effort de guerre en aidant, d'une manière ou d'une autre, l'État d'Israël, les soldats ou les familles: les jeunes femmes dont les maris sont partis depuis des

semaines, des mois, quelquefois plus, au combat, et qui se retrouvent seules à la maison avec les enfants, et qui ont besoin qu'on les aide, qu'on les accompagne, qu'on leur parle. Et puis il y a toute cette armée de civils qui ont décidé spontanément d'aider en donnant de l'argent, en donnant des repas, etc. Nous participons tous, d'une manière ou d'une autre, à cet effort national, et c'est ce qui nous permet d'avoir les victoires que nous avons ces derniers temps. Mais il y a une autre manière de

participer au combat et à l'effort national de la guerre, et c'est justement de faire le contraire de ce que nos ennemis recherchent.

Eux veulent nous démoraliser. Qu'est-ce que le terrorisme, si ce n'est, par définition, vouloir semer la terreur dans la population ? Or, le fait même de ne pas succomber à cette terreur, même s'il y a évidemment au fond de nous de la crainte, de la peur, de l'appréhension, et en tout cas de la peine, le fait de surmonter tout ça, de continuer à vivre, de vivre bien, de vivre heureux, de vivre en souriant, et de participer aux joies, que ce soient des joies familiales, que ce soient

des joies nationales comme les fêtes, c'est une part de l'effort de guerre. Il ne faut donc pas avoir ce sentiment d'indécence, de se dire: comment pouvons-nous nous réjouir, etc., lorsqu'il arrive toutes sortes de choses peu réjouissantes autour de nous. Il faut au contraire comprendre que se réjouir, c'est exactement faire ce que nos ennemis voudraient nous faire ne pas faire: c'est continuer à vivre et continuer à donner de l'importance à la vie, autant qu'eux donnent de l'importance à la mort.

C'est la première chose. C'est pour cela qu'il faut continuer à se réjouir cette année, comme la Torah le demande, comme les années précédentes, et même, à mon avis, davantage encore. La deuxième chose, c'est qu'il ne faut pas confondre la joie et la hana'a. La hana'a, c'est la jouissance, le plaisir. La joie provient également, surtout quand il s'agit de la joie juive célébrée dans le texte, du fait qu'on donne une signification à notre existence. Être joyeux, ce n'est pas être joyeux, cipratino, cela veut dire également être

heureux: heureux de participer à une histoire qui a un sens. Il y a tellement de peuples autour de nous, et nous le voyons bien, qui ont perdu le sens de leur propre histoire, le sens de leur propre nation. Et nous savons, peut-être cette année plus encore que les années précédentes, que notre histoire a un sens et une direction. La joie que nous devons ressentir à ce sujet, à cette Torah, c'est cette joie-là, égale grande.

C'est la raison pour laquelle, cette année, assis près de la Torah, non seulement nous serons joyeux, mais je pense que nous serons encore plus joyeux que d'habitude. Chag Sameah, à très bientôt.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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