Le puits et la taupe, histoire talmudique sur l'émouna
Le Baal Haroukh rapporte une histoire d'attente fidèle, et le Rav Kling en tire la force de l'émouna face au temps qui passe.
Rav Élie Kling
Début du cours (texte)
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Ouverture du cours
On va très vite enchaîner. Aharon Raviv, qui est toujours là pour clôturer, mais qui est toujours à côté de nous, Rav Élie Kling, c'est à vous. Il n'y a pas de musique, pas d'interlude ? Il n'est plus minuit, il n'y a plus d'interlude. C'est fini ? On ne peut plus faire de bruit.
Alors si je suis le dernier, qu'il est minuit et quart et que la fila c'est à 5h30, j'ai donc le temps. Moi je regarde, il y a écrit en bas 400, je ne sais plus combien de participants. Dès que je vois qu'il n'y a plus écrit que deux, j'arrête. Mais il y en a deux, il y en a 120 sur YouTube, Élie. Ah, excusez-moi, je n'ai pas compté cela. Ok, d'accord. 170 sur YouTube, 170.
Ok, très bien. Juste avant que tu commences, on dédie aussi Léilouï Nichmat de ton chiot, au Rav Shlomo ben Asher Lederer, et aussi Léilouï Nichmat de Johanna Naomi, Beth Edith Yehoudit, Johanna Seban Seligman. C'est la gamme. Donc, vous connaissez celle du zoo de Moscou, là, elle est connue ?
## Le zoo de Moscou
Vous ne me dites pas que vous ne la connaissez pas. Mais si, on la racontait à l'époque du communisme triomphant. On disait qu'à Moscou il y avait un zoo particulier où le loup et l'agneau restaient ensemble dans une même cage. Les Soviétiques pensaient tellement, comme les gens de Zom auxquels faisait allusion tout à l'heure Ethan, qu'ils vivaient l'époque messianique.
Alors un jour, il y a Georges Marchais. Comment vous dire… ceux qui connaissent, connaissent, ceux qui ne connaissent pas, tant pis pour eux, ils ont perdu un des plus grands comiques de l'histoire politique des années 80. En tout cas, Georges Marchais, qui faisait donc son stand-up en général, était en voyage à Moscou et, quand on lui a parlé de ce fameux zoo où le loup et l'agneau étaient ensemble…
Il s'est dit: je vais quand même aller voir. Il est allé voir, et en effet, il y avait un loup, il y avait un agneau, ils étaient ensemble dans la même cage. À la fin, quand on est partis, il va voir Brejnev et il lui dit: « Mais entre nous, camarades, vous avez un truc là, ce n'est pas possible. Vous avez un truc. » Et l'autre lui dit: « Ben oui, en effet, tous les soirs, on change l'agneau. » Alors évidemment, quand on a un espoir messianique, quelquefois il peut être déçu. On peut tomber de très haut.
## Le Baal Haroukh et le Harour
C'est justement de cette fidélité, de cette confiance, de cette émouna dont je vais vous parler maintenant, dans la mesure où vous êtes en forme pour m'écouter, parce que ça ne va pas être simple. La fable que je vais vous raconter est une histoire talmudique qui s'appelle « Le puits et la taupe ». On dirait « Une femme de la fontaine », mais en fait, vous allez voir, ce n'est pas très loin.
C'est une histoire talmudique, mais vous ne la trouverez pas dans le Talmud. C'est-à-dire que le Talmud en parle, mais ne la raconte pas. Et comment la connaissons-nous ? Parce qu'elle a été racontée quelques siècles après. C'est une histoire qui s'est transmise de génération en génération de manière orale, jusqu'à ce qu'il y ait un bonhomme qui a décidé de la mettre par écrit. Heureusement, il a pensé à nous. Le type en question, c'est le Baal Haroukh. Le Baal Haroukh était un bonhomme qui habitait à Rome. Son vrai nom, c'est Rabbi Nathan. Rabbi Nathan est connu justement comme étant le Baal Haroukh parce qu'il a écrit un livre qui s'appelle le Harour. Ce livre est resté très populaire jusqu'à aujourd'hui, et il a une histoire très spéciale dans la bibliothèque juive que nous connaissons. C'est donc Rabbi Nathan ben Yehiel.
Il est contemporain de Rachi, pour vous situer un petit peu. Sauf qu'ils ne se sont jamais rencontrés, parce que Rachi était à Troyes et Rabbi Nathan était à Rome. Ils ne se rencontraient pas, mais chacun connaissait l'existence de l'autre. Ils sont nés pratiquement à cinq ans près, à la même époque, donc on parle du XIe siècle. Et c'est quoi le Harour ? Rapidement: c'est un livre qui est en fait une sorte de dictionnaire, par ordre alphabétique. Il prend les mots et les concepts, à la fois bibliques et talmudiques, et il les explique. Ce n'est évidemment pas un dictionnaire simple, ce n'est pas une traduction, c'est en même temps une explication du concept. Une sorte d'encyclopédie, si vous voulez, avant la lettre. Mais très bien fait, donc ça a eu beaucoup, beaucoup de succès.
Et donc le Harour, au mot Khéled, qui est en fait le masculin de Rouda, Rouda c'est la taupe, nous raconte cette fameuse histoire du puits et de la taupe, qui est mentionnée dans le Talmud, dans la Massekhet Taanit, mais qui n'y est pas racontée. Bon, trêve d'introduction. Que nous dit cette histoire ? Si notre ami Yohan est toujours éveillé, ce que je ne sais pas… Il a enlevé sa caméra, et peut-être qu'il dort. Ah non, il ne dort pas. Si, un petit peu, ah si, c'est ça, pardon, excusez-moi. Alors suivez avec moi dans le texte.
## Le puits et la taupe
Chaita oleh et le Beit Timah. C'est l'histoire d'une jeune fille qui se rendait chez sa maman, taata baderech. Elle s'est perdue en route, la pauvre. Elle marche, elle marche, elle marche, et à un moment elle a très soif. Évidemment, elle n'avait pas prévu de se perdre, donc elle n'avait pas amené la gourde qu'il fallait. Au bout d'un moment, elle a très soif, il fait chaud, elle se trouve perdue sur une route qui ne mène nulle part.
Kivan, chéhéguia, l'Echatsi ayom, il fait midi, il fait chaud. Tsamha, elle a très soif, elle a hâte de trouver un puits [Be'er]. Et elle voit tout d'un coup un puits. Il y a un seau qui est accroché à une corde, à ce puits. Qu'est-ce qu'elle fait ? Elle décide de descendre dans le puits pour se désaltérer.
Elle descend donc à l'intérieur, elle se laisse glisser jusqu'au fond du puits, et elle boit. Elle se sent beaucoup mieux. C'est là qu'elle se dit: « Et maintenant, comment je fais pour remonter ? » Elle aurait pu y penser avant. Elle n'y a pas pensé, elle avait très soif, elle n'a pensé à rien d'autre. Et voilà, maintenant elle est au fond du puits. Elle se met à crier, elle se met à pleurer. Heureusement, au bout de quelque temps, ce n'est pas écrit combien de temps, il y a un bonhomme qui passe.
Ha-ach … Vaitha, bokha, vethra. Il a entendu une voix qui venait du profond du puits. Vous imaginez que le bonhomme a eu un petit peu peur. Il s'est demandé: qu'est-ce que c'est que cette voix qui vient du fond du puits ? Est-ce vraiment un être humain ?
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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