Le secret des noms qui descendent en Égypte
Pourquoi la Torah dit « les noms » et non « les hommes » qui viennent en Égypte, et ce que signifie définir.
Rav Yoël Benharrouche
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Aujourd'hui, nous allons parler du secret des noms. Bien entendu, en lien avec le livre de Chemot que nous allons commencer, nous allons voir la définition de ce que représentent les noms d'une manière générale et d'une manière particulière dans la Torah et dans le livre de Chemot, le livre des noms. J'ai appelé ce cours Sod Chemot Habaïm Mitsraïma, le secret des noms qui viennent en Égypte.
En effet, la Torah ne nous dit pas que les enfants d'Israël viennent en Égypte. Si je cite le texte littéralement, il n'est pas question d'êtres qui viennent en Égypte, mais de noms. Vé'éle Chemot Bné Israël haba'im Mitsraïma: voici les noms des enfants d'Israël qui viennent en Égypte. Donc, si je me réfère au texte réel, il s'agit de noms qui viennent en Égypte, et non d'hommes. Si je voulais dire que ce sont des hommes qui viennent en Égypte, j'aurais dit Vé'éle Bné Israël haba'im Mitsraïma, voici les enfants d'Israël qui descendent en Égypte. La Torah ne dit pas cela. Elle dit Vé'éle Chemot, voici les noms. Et le Zohar, qui fait attention à cette différence, dit: attends, ce ne sont pas seulement des hommes qui sont venus en Égypte, ce sont leurs noms.
Et là, on rentre dans un grand secret. Qu'est-ce que cela veut dire, que des noms arrivent en Égypte? Des hommes qui arrivent en Égypte, je peux savoir ce que c'est: ce sont des hommes qui étaient à un certain endroit dans le monde et qui arrivent dans le pays d'Égypte. Ça, je peux le comprendre. Mais des noms qui viennent en Égypte, ça, c'est déjà une notion qui me dépasse. C'est pour cela que je dois étudier le sens de cette descente des noms en Égypte. Non, j'ai dit que ce ne sont pas seulement des hommes. Ce sont des hommes, mais ce n'est pas ce que la Torah mentionne: elle parle des noms de ces hommes. D'accord? Parce que la Torah est très précise. Et si elle nous dit que ce sont les noms, il faut comprendre pourquoi.
Donc, je cite le verset, voilà comment commence le livre de Chemot: Vé'éle Chemot Bné Israël haba'im Mitsraïma, voici les noms des enfants d'Israël qui viennent. Ce n'est pas au passé, c'est au présent. Cela veut dire que nous sommes face à une situation, et si je veux rester dans la précision, cela veut dire que c'est quelque chose de constant. Il faut donc que je comprenne de quoi il s'agit, qu'est-ce qu'un nom qui vient en Égypte. Mitsraïma et non Mitsraïm, c'est-à-dire dans la direction d'eux. Ha-chemot, ém-sod ha-hagdarot, bé-kol makom: première définition, le nom, ou les noms, par définition, sont des définitions. Hagdara: donner en fait une limite, donner un sens.
Quand je peux définir quelque chose, je suis plus près de l'avoir compris. Si je ne sais pas définir une chose, cette chose est encore loin de moi. La capacité que j'ai à définir montre que j'ai compris le sujet, beaucoup plus que quelqu'un qui ne sait pas le définir. Vous êtes d'accord avec moi? Cela veut dire que si vous ne savez pas mettre des mots pour définir quelque chose, ne serait-ce qu'un sentiment, cela signifie qu'en réalité ce sentiment n'est pas encore très compris. Si j'arrive à définir les choses, à les cristalliser dans une phrase, dans un mot, c'est que les choses deviennent claires.
Non, on peut définir un sentiment. Quelqu'un qui se sent bien peut dire: je me sens heureux. C'est une définition. Mais au moins il y a une expression qui sort de sa bouche. Ce n'est pas dire: je ne sais pas comment définir ce que je ressens. Cela, c'est beaucoup plus loin. Donc si c'est trop élevé, trop loin de moi, j'ai du mal à le définir. Toute chose qui n'est pas définissable clairement dans ma bouche est une chose encore très loin de mon acquis. Je n'arrive pas à l'intérioriser.
Ce n'est pas grave, tu peux dire «une immense joie», c'est déjà pas mal, j'ai déjà compris. D'un côté, c'est rabaisser, mais rabaisser veut dire aussi dévoiler. Cela veut dire que je peux rester avec des notions très profondes et ne pas parler. Vous êtes d'accord que le cours est beaucoup plus élevé. Je viens ici, je vous regarde, il est déjà écrit, moi j'ai fait le travail, donc je ne veux pas le rabaisser. Qu'est-ce que je fais? Je me tais. Ça vous arrange? Non.
J'ai besoin, en fait, de rabaisser, entre guillemets, en disant des mots pour définir la pensée que j'avais quand j'ai écrit ce texte. Si je ne le fais pas, il y a un problème. Il y a des choses qui doivent passer en silence, mais la plupart des choses dans ce monde doivent passer par le Verbe. Pourquoi? Parce que l'homme est défini en tant que celui qui parle.
Quand Dieu a créé l'homme, Adam léné'fech 'haya: lorsque la Torah nous dit qu'il est devenu un être vivant, eh bien, Onkelos nous le traduit rouah mémalela, un souffle qui parle. Autrement dit, tant que tu n'es pas un souffle qui parle, tu n'es pas encore un homme. Donc tu as un problème. L'homme se définit par sa capacité à s'exprimer, à parler.
Adam et Ève ne se sont pas parlé. La Torah ne mentionne aucun dialogue entre eux. Regardez la catastrophe qui en a découlé. Apprenez à parler: apprendre à parler, c'est devenir un homme. La Torah ne me raconte pas un dialogue, je ne sais pas ce qui s'est passé là-bas. Moi, je me réfère à ce que la Torah me dit. Si la Torah mentionne un dialogue, c'est qu'il est important pour moi. Si elle ne le mentionne pas, c'est que soit il n'a pas eu lieu, soit c'étaient des bêtises, ce n'était pas un niveau qui construit quelque chose.
Or, la Torah est une prophétie. Ce qui a été retenu dans la Torah, comme le texte qu'on connaît aujourd'hui, c'est tout simplement ce qui fait avancer le processus. Si cela ne fait pas avancer le processus, la Torah ne le marque pas. D'accord? Par exemple, la Torah a sauté quarante ans, trente-huit ans de désert. Elle n'en parle même pas. Pourtant, les gens se sont parlé là-bas. Même Moshé a parlé, d'accord? Mais ce n'est pas important pour faire avancer le processus du divin, donc ce n'est pas marqué dans la Torah. C'est une règle.
Seule une prophétie qui nous importe a été mentionnée et retenue dans le texte de la Torah. Toutes les autres paroles, non. Cela veut dire qu'en réalité, ce qu'on retiendra de votre vie, vous aussi, c'est ce qui aura fait avancer le processus du dévoilement de l'infini sur terre. C'est cela, la chose la plus importante. Et si tu as fait autre chose dans ta journée, bon, cela peut être important, mais ce n'est pas assez important pour être mentionné dans un texte de la Torah qui s'appelle une prophétie.
On est donc en train de dire que les noms des enfants d'Israël, je prends seulement les noms, ce sont eux qui viennent en Égypte. Et je cherche donc à comprendre ce que cela veut dire. Qu'est-ce qu'un nom qui …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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