GPA et revendications LGBT : le regard d'un rabbin
Le Rav Kling distingue le débat sur la GPA de celui sur l'homosexualité et plaide pour une discussion sereine.
Rav Élie Kling
Ensuite : Le Netsiv de Volozhin à travers deux livres, 1 h 21
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Rav Élie Kling: Boker tov. Merci d'être avec nous ce matin pour parler d'un sujet plutôt délicat, qui semble embarrasser assez…
— Passablement, en tout cas. Certains rabbins, au moins certains rabbins, puisqu'on l'a vu il y a à peine vingt-quatre heures: le grand rabbin de Jérusalem, le Rav Aryeh Stern, a demandé tout simplement à la municipalité de retirer les drapeaux arc-en-ciel, les drapeaux de la communauté LGBT, déployés dans le centre de Jérusalem à l'occasion de la Gay Pride qui doit se tenir aujourd'hui. Il a demandé de retirer ces drapeaux.
C'est une requête qui peut paraître un peu mesquine, mais elle reflète en tout cas l'embarras de certains rabbins, ou grands rabbins, face au renforcement, très sensible, que l'on a constaté au cours des derniers…
Rav Élie Kling: Je crois qu'on mélange deux problèmes. Il y a le problème de la GPA, en effet, qui est un problème en soi, et sur lequel on n'a d'ailleurs pas réellement pu débattre ces dernières semaines, contrairement à ce qu'on aurait pu attendre, puisque tout cela tourne autour de cette fameuse loi.
Et puis il y a le problème en général, qui n'a rien à voir avec cette loi en particulier: la présence de plus en plus visible de la communauté homosexuelle dans les rues du pays, l'organisation de ces parades, etc. Cela pose certainement le problème de ce que l'on peut appeler, pour utiliser un terme de halakha, un problème de tsniout, au sens le plus large du terme.
Je vous propose de commencer par le problème général, c'est-à-dire ce renforcement de cette communauté et de ses exigences dans la société israélienne, exigences exprimées parfois avec une assez grande fermeté de sa part. Je ne pense pas que nous ayons le temps de traiter tout le problème en général; on parle en ce moment d'un problème très précis, qui est la loi votée récemment à la Knesset.
Cette loi permet l'élargissement de la GPA à des femmes célibataires qui ont des problèmes de stérilité. Je rappelle de quoi il s'agit, parce que le grand problème, l'un des grands problèmes, c'est que les médias se sont retrouvés à nouveau, comme cela arrive de temps en temps dans les cas de crise, à prendre parti et à empêcher toute discussion sur le fond.
Une sorte de terreur… Enfin, « terreur » est peut-être un mot un peu compliqué. Une terreur intellectuelle, en tout cas une dictature médiatique, qui fait qu'on est tous obligés d'avoir le même avis. Sinon, on est tout de suite traités de tous les noms: obscurantistes, homophobes, etc. Cela arrive de temps en temps, c'est un problème qu'on a en Israël. C'est arrivé la veille du désengagement de Gaza, c'est arrivé la veille des élections. De temps en temps, tout d'un coup, on se demande si les journalistes sont des journalistes, ou bien s'ils sont partis prendre parti.
Je suppose que nos auditeurs francophones ont un peu plus de mal que les hébraïsants parmi nous à suivre les nuances, effectivement, à comprendre ce qui se passe. Mais il est assez inquiétant qu'on parle justement en ce moment de danger pour la démocratie. Je parlerai tout de suite du fond, mais il est quand même inquiétant de voir cet engagement pour une cause qui fait qu'il n'y a plus de télé, plus de radio, plus que des manifestants.
La semaine dernière a eu lieu la fameuse grande manifestation de Ticha BeAv. Juste avant, pendant des heures et des heures, les journaux et les radios ont incité à participer à la manifestation. On ouvre parfois, dans les journaux israéliens et à la télévision, des heures entières de programmes quand il s'agit de grands problèmes, je ne sais pas, des attaques…
— Sécuritaires.
Rav Élie Kling: Oui, il y a eu la même chose. Moi, je suis tombé par hasard sur une émission de grande écoute, avec deux journalistes connus, un couple de journalistes, qui avaient le drapeau des homosexuels entre eux deux. Il y a une réaction sur Twitter de Dana Weiss, qui est la représentante de tout le côté social à la télévision, qui a tweeté de…
— Oui…
Rav Élie Kling: Mais Shadrin Begava, comment peut-on…
— Je vais traduire ça en français… Non, ils expriment leur solidarité avec cette…
Rav Élie Kling: Complètement, alors que ce sont quand même des journalistes.
— Le problème…
Rav Élie Kling: On va parler du fond. Je voudrais avoir la position du monde de la Torah, ou du monde des rabbanim.
— Non, non, vous ne représentez ni le monde de la Torah ni le monde des rabbanim ?
Rav Élie Kling: Non, je ne représente pas le monde de la Torah ni le monde des rabbanim. Je ne représente que le mien, il ne faut pas qu'il y ait de confusion; j'ai assez de problèmes comme ça. Je représente ce que je représente, mais je voulais simplement parler du fond du problème.
D'abord, nos auditeurs savent-ils de quoi il s'agit ? Il existait jusqu'à présent une loi, en vigueur depuis une vingtaine d'années, qui autorisait la pandékaout, c'est-à-dire la GPA, pour des couples, et uniquement des couples, qui sont stériles. Depuis, environ 700 enfants sont nés ainsi, soit une trentaine par an. La loi qui vient d'être votée, on a du mal à s'en souvenir, n'est pas une loi qui restreint la GPA; on a au contraire l'impression qu'elle l'élargit.
— Éthique.
Rav Élie Kling: On est partis dans des slogans pour ou contre l'homosexualité, etc., et vous comprenez que c'est le contraire d'un vrai débat de fond sur le problème. J'aimerais quand même que vous sachiez que cette loi a été votée non pas à la va-vite, mais sur la base d'une commission qui a discuté de la question pendant des mois et des mois. Dans cette commission figurent beaucoup de non-religieux. Il n'y a aucun rabbin là-dedans, aucun représentant officiel du monde religieux.
Elle est dirigée par Shlomo Bar Yosef, ancien directeur de Hadassah, ancien directeur de Bituach Leoumi, etc. Il y a là un professeur qui dirige la faculté de pharmacie de l'université de Beer-Sheva, et la directrice du département de fécondation de l'hôpital Carmel. Il n'y a, en somme, que des spécialistes de la question, qui se sont réellement posé le problème de fond: oui ou non, peut-on ou ne peut-on pas ?
Et ils sont arrivés à la conclusion qu'il ne fallait pas…
…qu'il y a un problème démocratique énorme quand il s'agit d'un problème sociétal et qu'on empêche le dialogue, en accusant tout le monde d'homophobie ou je ne sais quoi.
Pourquoi sont-ils si réticents ? Il faut bien comprendre qu'aujourd'hui, qui se présente comme mère porteuse ? Ce sont des femmes qui sont dans le besoin. Il y a une étude, une thèse de doctorat récemment soutenue, qui…
Certains, dans la communauté LGBT, vous diront bien entendu qu'il y a aussi des femmes qui veulent le faire par principe, pour aider, et qui sont tout à fait issues de couches sociales plutôt aisées, sans problème particulier. C'est en effet le vrai problème. À mon avis personnel, …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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