Le respect des parents face au commandement de ne pas convoiter
Pourquoi la Torah place le respect des parents en face de « tu ne convoiteras pas », et trois explications.
Rav Élie Kling
Ensuite : Le cochon cachère : quand nos ancêtres mangeaient du porc, 1 h 19
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous ! Alors, le 6 du mois de Sivan, c'est la fête de Chavouot. Chavouot, c'est le don de la Torah. Ça prête un peu à confusion, le don de la Torah. Ce n'est pas qu'on a reçu un rouleau de Torah ce jour-là. Les enfants d'Israël se trouvent au pied du Sinaï, et il y a ce spectacle son et lumière impressionnant. Il y a des éclairs, il y a un tonnerre, il y a des chofars, etc. Et puis tout d'un coup, une grande voix céleste. C'est un peu comme si tout le peuple était devenu prophète à ce moment-là. Un prophète juif, c'est quelqu'un qui entend la voix divine.
Et là, tout d'un coup, ce n'est pas le prophète qui entend, c'est tout le monde ! Tout le monde ! Et qu'est-ce qu'ils entendent ? Ils entendent ce qu'on va appeler plus tard les dix paroles, ou les dix commandements. Anokhi Hachem Elokékha. Donc le don de la Torah, ce n'est pas qu'on a reçu quelque chose de physique, de matériel; on a entendu, on a entendu la voix divine. Après, le fait que ça soit inscrit sur des tables et que ensuite ça soit développé par une Torah, ce sont des choses qui viendront postérieurement.
Mais ce jour-là, à Chavouot, c'est le don de la Torah, c'est-à-dire qu'on a entendu les dix paroles. Ces dix paroles se présentent divisées en deux. Ça va nous donner deux tables: une table avec les cinq premières paroles et une table avec les cinq dernières. En général, quand on les analyse, on dit que la première table s'occupe des relations entre l'homme et Dieu, les relations verticales, si vous voulez, et la deuxième, plutôt les relations horizontales entre l'homme et son prochain. Ce qui est intéressant, et le midrash
le dit, Rachi rapporte que, puisque ces deux tables sont collées, on peut également faire une lecture horizontale. Parce que le premier commandement se trouve en face du sixième, le deuxième en face du septième, etc., et le cinquième en face du dixième. Si c'est présenté de cette manière-là, c'est qu'on peut a priori apprendre quelque chose de ces cinq lignes. Autrement dit, y a-t-il un rapport entre les différentes lignes ? Cette lecture horizontale permet finalement cinq enseignements.
Chaque fois, on peut se poser la question: quel rapport entre le premier et le sixième, entre le deuxième et le septième ? Donc on a cinq questions et apparemment cinq réponses. Mais dans le cadre de Shofar, qui est une présentation assez rapide d'un seul thème finalement, je préfère que nous nous concentrions cette fois-ci sur la dernière ligne, la cinquième. La dernière ligne, c'est le respect des parents, au niveau de la première table. Et en face, dans la deuxième table, c'est le lo tahmod. Lo tahmod, cela veut dire « tu ne convoiteras pas ». Sans doute le plus difficile des dix. Ne pas convoiter, c'est quand même beaucoup plus difficile que ne pas tuer. Moi personnellement, je vous avoue, là on est entre nous, j'ai jamais tué personne.
Pourquoi le respect des parents se trouverait-il en face de « tu ne convoiteras pas » ? Un jour, j'ai parlé de ça dans une salle où il y avait deux psys. Et à peine ai-je posé la question « quel rapport y a-t-il entre le respect des parents et "tu ne convoiteras pas" ? » que les deux se sont levés et ont dit: « Et bien sûr, c'est le complexe d'Œdipe ». Vous voyez à quel point il peut y avoir des formations professionnelles… Moi, ça m'a pris
un peu de temps pour comprendre ce qu'il voulait dire. Il voulait simplement dire que « tu ne convoiteras pas », au cas où tu as des pulsions sexuelles quelque part, eh bien, ne convoite pas la relation particulière qu'il y a entre ton père et ta mère. Respecte leur relation entre elles. Évidemment, je ne pense pas que c'est exactement ça que la Torah voulait dire en juxtaposant ces deux lois. Rachi donne une autre explication. Rachi dit que, quand quelqu'un convoite ce qui se passe chez l'autre, eh
bien, finalement, il ne faut pas s'étonner si…
Il ne respectera plus ses parents. J'explique. Ce n'est pas vraiment une punition. Imaginez que vous vous trouvez tous les vendredis soirs, ensemble, autour de la table du Chabbat. Et puis, au lieu de parler des choses importantes, c'est-à-dire: qu'est-ce que tu as appris à l'école, la petite Torah, etc., voici que vous faites tourner la discussion autour de la question: comment ça se fait que notre voisine a changé pour la troisième fois de manteau ? Comment ça se fait qu'ils ont changé de voiture, comment ça se fait
qu'ils sont partis en vacances alors que nous, on n'est pas partis en vacances, pourtant ils ne gagnent pas autant, etc. Et que toute la discussion tourne autour de ça. Autrement dit, vous convoitez ce qui se passe chez l'autre. Eh bien, dit Rachi, si tu n'arrêtes pas de convoiter ce qui se passe chez l'autre, au bout d'un moment, tu ne t'étonnes pas que tes enfants disent: « Si tout le bien qui existe dans le monde est chez le voisin, pourquoi est-ce que je respecterais mon père et
ma mère ? J'aurais dû respecter les voisins, qui sont apparemment moins nuls que mes propres parents. »
Ce n'est donc pas réellement une faute et sa punition; ça serait plutôt une attitude et sa conséquence. Et je vais vous donner une troisième explication. Elle est un peu inversée. Ce n'est pas de ne pas convoiter pour pouvoir comprendre le respect des parents, c'est le contraire. Le respect des parents, figurez-vous, c'est de plus en plus compliqué à faire, cette halakha, cette mitsva. Parce que nos parents vivent, heureusement, de plus en plus longtemps. On a gagné une espérance de vie incroyable en quelques années. Mais on n'a pas encore, comme vous le savez, vaincu les gènes de la vieillesse. Et donc c'est de plus en plus compliqué, de plus en plus long également.
De respecter ses parents, ses vieux parents, ses parents pour lesquels tu retrouves parfois les mêmes gestes que tu avais avec tes enfants. Tu dois les aider à se vêtir, à bouger, à s'asseoir, etc. Et tu te dis au bout d'un moment: pourquoi ? Pourquoi suis-je obligé de faire tellement de choses pour mes parents alors que ça me prend tellement de temps, tellement d'énergie, souvent d'argent ? La seule réponse possible, c'est parce qu'ils t'ont donné ce qui est le plus important pour toi, la vie. Tu dois respecter tes parents parce qu'ils t'ont donné un bien très précieux, le fait même de vivre. Et donc, ça n'a pas de prix. Et la vérité, c'est que plus tu respectes tes parents, plus c'est difficile, plus tu es obligé, pour pouvoir continuer à le faire, de valoriser ta propre existence.
Celui qui sait valoriser sa propre existence aura moins de tentations de regarder celles du voisin. Autrement dit, le respect des parents, surtout aujourd'hui, fait que finalement, tu es de moins en moins enclin à …
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