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De la Galout à la Gueoula : la émouna comme vie

Comment la émouna, vécue et non seulement crue, fait sortir Israël d'Égypte et ramène Dieu sur terre.

49 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Le silence, condition du dévoilement de la Gueoula, 47 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Merci à tous, merci à vous, merci à Johan, merci à David, merci à tous les rabbins qui participent aujourd'hui à cette belle journée de préparation à cette fête, qui est une double fête. Nous avons tous tendance à croire qu'il s'agit seulement de Pessah, mais en fait la fête de Pessah ne dure qu'un jour, alors que le reste s'appelle Chag HaMatzot, et ne s'appelle plus le Chag HaPessah. On l'appelle Chag HaPesach parce que le korban, le sacrifice de l'agneau pascal, avait lieu le soir même, mais cela ne dure qu'une journée. Tout le reste s'appelle Chag HaMatzot, la fête des matzot.

Alors aujourd'hui, Bessiata Dishmaya, je voudrais traiter un sujet qui nous est rapporté par nos sages dans le Midrach, et qui se rapporte à la émouna. Vous savez que notre émouna est primordiale, et nous devons savoir ce que représente cette émouna, quelle est sa traduction, quelle est la notion qu'elle recouvre.

En hébreu, le mot qui donne naissance à tout, dont la racine est de trois lettres, c'est Amen. Amen en hébreu ne veut pas dire... oui, c'est possible, je réponds Amen, c'est OK. En réalité, la véritable traduction de la notion d'Amen, c'est « certifié ». Je certifie, mais certifié dans le véritable sens du terme, c'est-à-dire je fais en sorte que ce qui vient d'être dit devienne une réalité concrète.

En hébreu, par exemple, Ben, un garçon, se dit au féminin Bent, comme en arabe. Mais il y a une règle en hébreu: le noun au milieu d'un mot tombe. Donc bent va devenir bat. Ben au masculin, bent qui devient bat. La même chose pour amen: au masculin, amen avec un noun, le noun tombe, et cela devient emet. Donc amen au féminin, c'est la vérité, la certitude.

Je redéfinis la émouna. Émouna, c'est tout simplement acheminer, faire en sorte de faire circuler la notion dans laquelle nous avons la émouna, pour lui donner vie, pour la certifier, pour la rendre réelle. Je ne suis pas en train de parler d'une croyance. En français, « je crois ». Pas du tout. En hébreu, émouna, « je certifie, je véhicule, j'achemine » le degré dans lequel j'ai la émouna, pour en faire une réalité de vie. C'est tout à fait autre chose.

D'où est-ce que nous apprenons ce degré de émouna ? Le verbe léomen, à l'infinitif, signifie entraîner, acheminer. Nous avons rencontré cette notion avec Mordechai et Esther. Mordechai faisait en réalité venir dans Esther toutes les notions de l'infini. Il faisait grandir Esther: il acheminait dans son petit corps de petite fille, dans sa Nechama, dans son être, toutes ces notions de l'infini. C'est en cela que Mordechai devient Omen, c'est-à-dire le certificateur, celui qui va donner vie à la chose en question.

Il n'est pas là pour enseigner quelque chose. Vous n'êtes pas là pour étudier au sens de simplement avoir des informations concernant la fête de Pessah. En réalité, tous les cours que vous suivez, en tout cas c'est comme cela que cela doit être, vous devez les vivre. Ces cours doivent devenir une parcelle de votre vie. C'est vous, le cours. Le cours devient vous. Vous absorbez, vous mangez, vous consommez cette notion que vous êtes en train d'étudier. Et en cela, vous êtes ma'aminim. C'est en cela que vous avez la émouna, et non pas seulement « je crois qu'il y a un bon Dieu dans le ciel ». Tout cela n'a aucun rapport avec la notion véritable et la traduction véritable de ce concept d'émouna.

Donc, en réalité, Amen, Amin, et vous allez comprendre tout de suite pourquoi je vous explique cette notion, parce qu'elle va être le fondement de notre chiour. Amen, je ne crois pas, je certifie. Je fais grandir la chose dans ce monde, comme quelqu'un qui s'entraîne et qui va donner en réalité une vitalité à son corps. S'entraîner en hébreu, léhit'omen, la même racine. Je certifie ce que tu dis: c'est une formule qui est acceptée, qui est amenée dans la vie dans laquelle nous sommes.

Et voici que j'approche de mon sujet principal. Le Maharal, dans son livre Guevourot Hachem, nous apporte un Midrach, le Midrach Rabba sur le livre de Chemot, dans la paracha de Chemot, et il nous dit la chose suivante. D'après tout ce que je viens de vous expliquer concernant cette notion d'émouna, nous dit le Maharal, nos pères n'ont été sauvés d'Égypte que grâce à cette notion. D'où est-ce qu'il tire cela ? Tout simplement d'un verset: « le peuple a certifié ». Non pas « il a cru ce qu'on lui a dit ». Je recommence avec la notion que je viens d'expliquer: si le peuple a certifié les paroles divines, c'est qu'il est maintenant en train de les vivre. Ces paroles divines sont devenues le peuple lui-même.

Et donc, ils ont entendu. Puisque maintenant ils sont dans l'être de la chose, ils ne font plus la chose, ils sont la chose. Et là, la notion est extrêmement profonde. Dans le langage de la Torah, cela veut dire « a eu un rapport intime avec son peuple ». Incroyable, mais vrai. Ça veut dire tout simplement: comme si l'Infini, béni soit-Il, a injecté dans le peuple d'Israël, par une relation intime, toutes les notions de l'infini.

À ce moment-là, pour qu'il y ait un rapport intime entre HaKadosh Baruch Hou et le peuple d'Israël, il faut que le peuple d'Israël change d'étape. Au départ il était esclave; après il était le fils de HaKadosh Baruch Hou, Banim atem laHachem Elokeikhem. D'ailleurs, lorsque HaKadosh Baruch Hou envoie Moïse, la première chose qu'il dit au Pharaon, c'est: « Laisse sortir mon fils, Bni Bekhori, mon premier-né, Israël. » Or on ne peut pas avoir un rapport intime entre le père et ses enfants.

Morale: si la Torah dit que HaKadosh Baruch Hou a eu un lien, une liaison intime, profonde, avec le peuple d'Israël, c'est que le peuple d'Israël, au moment de la sortie d'Égypte, est devenu l'épouse de HaKadosh Baruch Hou. Voyez: on est passé d'un état d'esclavage, on est monté à un état de fils, et on arrive à un état supérieur: Knesset Israël, bat Zougo shel HaKadosh Baruch Hou, l'Assemblée d'Israël, la partenaire, la femme, le côté féminin de HaKadosh Baruch Hou.

De la même manière que la femme révèle l'homme avec lequel elle est mariée, le peuple d'Israël a pour fonction, et dès lors de révéler son mari, HaKadosh Baruch Hou, dans le monde. C'est ce qu'on appelle la Haggada. La Haggada, ce n'est pas seulement dire, mais faire acheminer, faire comme des guidim, comme des veines, comme des tendons qui acheminent les éléments supérieurs dans le monde. D'ailleurs, de là vient le mot Haggada. La Haggada de Pessah n'est pas une simple diction, mais un acheminement.

Le Maguid, comme « guide » en français: d'ailleurs le mot « guide » a pris naissance de ce fameux guidage dont HaKadosh Baruch Hou nous parle. Nous sommes donc ici dans une nouvelle constellation. Le peuple d'Israël s'avère être l'épouse, pas moins que cela, des valeurs de l'infini. …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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