Orot HaTechouva, partie 41
Le Rav Kook y voit une lumière de techouva dans l'aspiration sioniste, et une critique du déracinement de la sainteté juive.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Orot HaTechouva, partie 42, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Bonjour à tous. Nous recevons tout de suite le Rav... Yavo Atta... Nous sommes à la fin d'Orot HaTechouva.
— C'est une grave erreur ce que tu viens de dire, Yakov. Nous ne sommes pas à la fin d'Orot HaTechouva.
— Je dis presque à la fin.
— Non, nous ne sommes pas presque à la fin, car après le chapitre 17, dans l'édition de Horeshon, il y a encore des chapitres supplémentaires qui ont été ajoutés. J'espère que tu vas bien nous les mettre à l'écran.
— Tout à fait, je m'en occupe tout de suite. Ça s'appelle Tosfot Techouva, c'est encore une dizaine de pages. Bon, on en tiendra compte. Je m'en occupe en même temps.
En tout cas, nous sommes dans le dernier chapitre des premières éditions du Horeshon. Nous allons donc nous y mettre. Il y est question d'une analyse du phénomène du sionisme comme phénomène de techouva. On a déjà vu le premier paragraphe, qui dit que la résurrection nationale est le fondement de la grande techouva, de la construction de la grande techouva, la techouva d'abord d'Israël supérieur, qui entraîne la techouva du monde entier, au niveau universel.
Le phénomène du sionisme est à comprendre dans le cadre du phénomène beaucoup plus grand et plus vaste de la techouva, aussi bien au niveau national qu'au niveau universel, et probablement également au niveau cosmique. Et là, nous rencontrons tout de suite une difficulté: le sionisme n'est pas religieux, en tout cas pas dans sa mouvance principale. Alors, comment comprendre qu'il s'agisse d'une techouva ?
Pour le Rav Kook, il s'agit d'une techouva qui se cherche. Il va d'abord donner l'exemple de l'individu, lorsqu'on veut véritablement faire techouva, bien qu'on en soit empêché par divers empêchements. Je lis ici, dans le paragraphe précédent, que l'on est troublé, ou bien que l'on a la faiblesse, ou l'impossibilité, l'incapacité, de réparer des choses qui concernent les relations envers son prochain.
Donc nous avons parfois un désir de techouva, mais ce désir est entravé par des raisons pratiques, bien que l'empêchement soit très grand et que le cœur doive être brisé, du fait de la conscience que l'on a du devoir de réparer toutes ces déficiences, de la manière la meilleure et la plus parfaite.
Si la volonté de faire techouva est puissante, bien qu'on n'ait pas encore la force d'écarter tous les empêchements, c'est un cas classique. Vous allez me dire que cela concerne les chapitres précédents, mais nous allons voir tout de suite quel rapport cela a avec notre sujet.
Il faut cependant recevoir et accepter cette illumination de techouva comme un contenu qui purifie et qui sanctifie, et ne pas se déplacer, c'est-à-dire ne pas sentir qu'on n'est pas à sa place à cause des empêchements qui empêchent d'achever la techouva. Il ne faut pas se détourner de toute élévation et de toute ascension spirituelle qui est digne de lui, en fonction de la sainteté de son âme et de son caractère saint.
Je veux faire techouva, je n'y arrive pas, j'ai des difficultés, mais j'ai le désir. Et ce désir fait que je suis porté à des ascensions spirituelles qui correspondent à ce qu'est ma néchama, à ce que sont mes actes. Est-ce que je dois renoncer à ces ascensions à cause des empêchements pratiques ? La réponse est non. Bien qu'il y ait des empêchements sur le plan pratique, et que la techouva ne soit pas achevée, je ne dois pas renoncer à mon ascension spirituelle.
Tout cela est vrai pour l'individu. Qu'en est-il du klal, de la collectivité ? C'est là qu'intervient la phrase qui correspond à notre sujet. De même que c'est une grande règle pour l'individu, cela est bon également pour la collectivité dans son ensemble. La lumière de la techouva est présente au sein d'Israël, ici Israël en tant que nation: l'éveil du désir de la nation dans son ensemble de revenir à sa terre, à son esprit et à son caractère.
Il y a en vérité une lumière de techouva qui est présente en elle, c'est-à-dire le sionisme dans toutes ses dimensions: le désir du retour à la terre d'Israël, la terre historique, et également le retour à une société plus juste. Souvent, les premiers sionistes étaient des socialistes ou des socialisants. Disons ce sentiment qu'on est en train de retrouver notre identité primordiale: tout cela, dit le Rav, c'est un mouvement de techouva. Il y a une lumière de techouva dans cette aspiration.
Et en vérité, cela est dit très clairement dans l'expression employée par la Torah: Vechavta ad Hachem Elohékha, « tu reviendras à l'Éternel ton Dieu ». Alors, à quoi le Rav Kook fait-il référence ? Au chapitre 30 du livre de Devarim, dans lequel il est question simultanément de deux phénomènes: de la techouva et du retour à la terre.
Ce qui est surprenant, c'est que là-bas la Torah emploie les mêmes termes pour parler de la techouva en tant que processus spirituel et pour parler du retour en Erets Israël comme retour à Dieu. « Tu reviendras à l'Éternel ton Dieu », et juste après: « l'Éternel ramènera tes captifs et te ramènera de toutes les nations ». Les mêmes expressions sont donc employées pour le retour individuel et le retour collectif. On voit bien que, pour la Torah, c'est la même chose.
Le Rav Kook a été précédé en cela par le Rav Alkalaï, le Rav Yehouda Alkalaï de Sarajevo au XIXe siècle, qui a également interprété le verset Vechavta comme se référant à la techouva collective du peuple vers sa terre. De même, quelques siècles plus tôt, Rabbi Yitzhak Arama, en Espagne, dans son livre Akedat Yitzhak, interprète également ces versets comme le retour à la terre.
On pourrait même dire plus que cela: le sionisme est le plus grand mouvement de techouva de l'histoire. Pour une raison très simple: quand l'individu fait techouva, c'est son individualité qui fait techouva. Mais pour le sionisme, c'est une nation tout entière, une entité énorme, gigantesque, qui fait sa techouva, et qui, grâce à cela, enseigne la techouva au monde entier, lequel prendra exemple sur le peuple d'Israël, pour voir comment il est possible de revenir à son identité primordiale.
Ce mouvement de techouva est intérieur. Il est recouvert par beaucoup d'écrans qui le cachent. Techouva... Mais aucun empêchement de perfectionnement ne peut empêcher la lumière suprême d'apparaître parmi nous. C'est-à-dire que lorsqu'on voit des phénomènes négatifs dans la société d'Israël, en particulier liés au mouvement sioniste, le Rav te dit: non, non, ce ne sont que des écrans. Un écran ne peut pas empêcher le flux de lumière de se manifester, même s'il est capable parfois de l'obscurcir.
Je pense que c'est difficile de dire plus clairement. Nous passons directement au guimel. Le Rav Kook nous dit que nous devons attendre patiemment que toutes ces kelipot ou ces kissouïm se dissipent, et reconnaître...
Et parfois, quand j'ai vu ce matin le jour-là...
Vous parlez ici de la techouva individuelle.
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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