Hannouka selon le Rav Yisrael Ktoner : reconnaissance et remerciement
Le double sens de l'hébreu HODAA, reconnaître et remercier, et son lien avec la victoire de Hannouka.
Orot veKelim
Ensuite : Réouven a-t-il vraiment fauté avec Bila, 54 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Super. Bonsoir, Rabbi Avraham. Très bien. Vous nous parlez de Hanouka. Shalom à tous. Merci au Rabbi Jacob Zerbim pour cette invitation. C'est vraiment un grand plaisir pour moi d'être parmi vous aujourd'hui.
Alors, on va s'entretenir un petit peu de Hanouka, en tout cas dans la pensée du Rabbi Yitzhak. Bien sûr, le cours est donné pour l'élévation de l'âme de la dame qui s'est fait assassiner ce matin sur le mont du Temple, et pour la guérison des blessés de l'attentat.
Le Rav Yitzhak Hutner, qui était un des grands rabbins au niveau de la pensée, vous m'entendez ? On l'entend, on l'entend. Là, on ne vous connecte plus.
Pourquoi on n'entend plus ? Avraham, on n'entend plus, on ne voit plus. Ça marche ? On ne voit plus, on n'entend plus, Avraham. Attends une seconde. Je vais changer de... Est-ce que peut-être avec le téléphone, ça marcherait mieux ? Je suis vraiment désolé pour l'imprévu. Est-ce que c'est mieux maintenant ? C'est bon ?
Ça marche. Bon, alors on reprend. Ce n'est pas grave. Je ne sais pas ce que vous avez entendu ou pas. Tov, shalom à tous. Bien sûr, quand je dis tous, je pense aussi à tous et à toutes.
Mais puisque, je ne sais pas si vous avez entendu, la semaine dernière, le dictionnaire Le Robert, en France, a décidé de faire rentrer un nouveau pronom personnel dans la liste des pronoms personnels, qui est le pronom « iel », qui vient désigner une personne qui ne veut pas se reconnaître comme étant un homme ou une femme. Et donc, par ceci, Le Robert s'est plié devant les minorités qui font beaucoup de bruit. Et donc, nous, en Israël, on tient à maintenir les traditions et ne pas déconstruire toutes les mesures, tout le bagage moral qu'on a reçu depuis des générations. Donc, shalom à tous et shalom à toutes.
Voilà, j'aimerais m'entretenir avec vous aujourd'hui de la pensée du Rav Yitzhak Hutner. Le Rav Hutner était un rabbin du siècle dernier, qui est décédé dans les années 80, qui est né en Pologne, qui a grandi dans la yeshiva de Slobodka, qui est passé par Erets Israël, qui a même été un des élèves du Rav Kook, le Rav Avraham Its'hak, le père. Il a étudié pendant quatre ans chez le Rav Kook, et puis après, il est parti en Amérique.
Manitou avait l'habitude de dire que le Rav Yitzhak Hutner était le plus grand explicateur, commentateur du Maharal de Prague de cette génération. Et donc, Manitou lui-même avait l'habitude d'étudier, même de dispenser des cours dans la pensée du Rav Hutner.
Le Rav Hutner a écrit des livres à peu près sur toutes les fêtes. Voici le livre que je vous présente. Et si je peux faire un share screen, je pourrais vous montrer aussi le texte. Est-ce que vous voyez le texte ? Je suis à la page 35 dans le livre du Rav Hutner sur Hanouka.
Dans le vocabulaire de l'hébreu, qui est la langue du saint, se retrouvent littéralement dans la même auberge, on pourrait dire sous la même égide, deux notions. La première notion, c'est le fait d'être reconnaissant envers son prochain. Alors, entre parenthèses, il y a, pour ceux qui comprennent le yiddish, la traduction en yiddish. Je ne comprends pas, donc on va sauter.
La deuxième notion, c'est le fait d'acquiescer, d'avouer ou d'affirmer les propos de celui qui est en face de nous. Donc, deux notions se trouvent en hébreu sous le même mot. On va voir tout de suite quels mots. Première notion: la reconnaissance envers son prochain. Et le deuxième mot, c'est le fait d'avouer ou de reconnaître que ce qu'il dit est vrai. Et donc, pour ces deux notions, il y a un mot commun en hébreu, qui est le mot hodaa, qui veut dire en même temps reconnaître et en même temps remercier.
Hodaat baal din, c'est une notion qu'on retrouve beaucoup dans le Talmud, qui vient dire que, quand il y a un litige entre deux personnes et qu'une des deux personnes reconnaît que ce que l'autre dit est vrai, il avoue que c'est vrai. C'est hodaat baal din.
Alors bien sûr, je dois vous dire, mais en général, souvent dans la pensée du Rav Hutner, il veut parler d'un sujet et il commence par quelque chose qui n'a apparemment aucun rapport avec ce qu'il veut dire, puis à la fin, il retombe sur ses pattes et il nous explique comment il y a un rapport avec ce qu'on ne voulait pas. Donc si on ne comprend pas encore quel est le rapport avec Hanouka, soyez patients, nous verrons ça à la fin, ne vous inquiétez pas.
Le fait de reconnaître la véracité des paroles de la personne qui est en face de nous, c'est le fait d'être reconnaissant envers son prochain qui nous a fait une bonté. Donc, ce sont ces deux notions qui se trouvent sous le même mot en hébreu, hodaa. En français aussi, on a le mot « reconnaître »: être reconnaissant, et reconnaître que ce que tu dis est vrai. Il y a ici un parallèle aussi avec le français.
Maintenant, la question qui se pose, c'est pourquoi il y a un lien entre ces deux notions, pourquoi sont-elles regroupées sous le même mot en hébreu ? Il y a forcément un lien, il y a forcément une cohérence, et donc le Rav va nous expliquer ici quel est le lien. Il y a une volonté profonde chez l'homme d'être indépendant. Ça veut dire littéralement s'appuyer sur la table de lui-même.
C'est une expression qu'on retrouve beaucoup dans la Guemara, qui veut dire que quand quelqu'un est toujours à la table de quelqu'un d'autre, il est un peu sous sa tutelle. Et donc, l'homme a une volonté intérieure première d'être indépendant, de ne pas avoir besoin de son prochain, sans avoir besoin, comme on l'a dit, de l'aide de son prochain.
Mais à partir du moment où un homme reconnaît et est reconnaissant envers son prochain pour une bonté qu'il lui a faite, à ce même moment-là, cette personne reconnaît aussi quelque chose. Qu'est-ce qu'elle reconnaît ? Elle reconnaît que, cette fois-ci, à ce moment-là, elle n'a pas pu être indépendante.
Donc, le Rav nous dit ici qu'au même moment où l'homme est reconnaissant envers son prochain pour une bonté qu'il lui a faite, en fait, par ceci, il reconnaît le fait qu'il n'a pas été indépendant, qu'il n'a pas réussi à se débrouiller tout seul, mais qu'il a eu besoin de l'aide de son prochain. Et donc, c'est pour ça que ces deux notions sont liées en hébreu, sous le mot hodaa.
Et donc, de là, on peut dire que la racine, la profondeur, en fait, de chaque remerciement, et en fait de chaque reconnaissance, c'est le fait de reconnaître quelque chose, le fait de reconnaître qu'on n'a pas réussi à être indépendant. Et si ce que va nous expliquer ici le Rav Hutner est vrai quand on parle des relations entre l'homme et son prochain, alors à plus forte raison, c'est vrai avec notre relation avec notre Créateur, …
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