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La téchouva nationale selon le Rav Kook

Pourquoi la téchouva d'Israël passe par l'unité, la parole aux nations et la fin des tabous.

46 min

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Ensuite : Le schisme du royaume d'Israël et la faute de Chlomo, 48 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Comment le Rav perçoit-il aujourd'hui la techouva nationale ? C'est la première question.

Eh bien, c'est très simple. Nous avons déjà appris que, selon le Rav Kook, et il existe plusieurs sources anciennes en ce sens, la techouva nationale se réalise essentiellement par l'accomplissement des paroles des prophètes sur le retour en Erets Israël. Tout ce qui renforce l'État d'Israël, l'Aliya, l'emprise sur la terre, la sanctification du Nom de Hachem aux yeux des nations, fait évidemment partie de cette techouva.

Mais si l'on veut entrer un peu plus dans le détail, il y a un point très important: quelle est la finalité du peuple juif ? Si nous comprenons cette finalité, nous pouvons mesurer par rapport à elle l'état de sa techouva au niveau national.

Dans l'idée de national, il y a une ambiguïté. On pense souvent en termes de collectivisme contre individualisme: soit on est collectif, soit on est individualiste. On pense ainsi à cause des idéologies nationalistes du XIXe et du XXe siècle, qui font que l'individu n'a aucune importance dans le système collectif. En réaction, on a eu des systèmes individualistes à l'extrême. Aujourd'hui, la version la plus forte de cette tendance est ce qu'on appelle le postmodernisme, qui remet en question toute valeur, en particulier la valeur de l'État.

La Torah propose quelque chose de tout à fait différent: une sorte de synthèse. L'individu ne peut pas véritablement s'épanouir sans son enracinement dans la collectivité, et la collectivité ne peut pas véritablement s'exprimer si elle n'arrive pas à transmettre son message à chaque individu, à sa manière. Il y a donc un lien entre les deux.

Ce qui se passe aujourd'hui en Israël est quelque chose d'extraordinaire. Vous avez un gouvernement où se rencontrent la droite et la gauche. Quoi qu'on pense, ce gouvernement a-t-il été fondé dans le péché ? Fonctionne-t-il bien ou mal ? Cela n'a aucune importance par rapport aux problèmes qui nous occupent. Ce qui compte, c'est qu'il y a une rencontre entre différents éléments de la société qui pensent totalement différemment et qui sont obligés de travailler ensemble. C'est également un élément de techouva, très important.

Il y a un autre élément de techouva: nous avons commencé à réouvrir notre bouche par rapport aux nations. Jusqu'à présent, nous étions dans un dialogue intérieur. Les événements et des préoccupations spirituelles nous amènent aujourd'hui à nous adresser aux Goyim. Et on s'adresse aux Goyim non pas parce que nous sommes en état d'infériorité, mais bien le contraire: c'est parce que nous avons quelque chose à leur dire.

Il y a une expression qu'on employait autrefois chez les Juifs pour exprimer l'infériorité: « Mah yomrou ha-goyim » — qu'est-ce qu'ils vont dire, les Goyim ? Et aujourd'hui, un des rabbins hassidiques a dit que la vraie question est: « mayom rou » ou « lagoyim » ? Qu'est-ce qu'on dira aux Goyim ? Tout cela sont des processus qui sont engagés.

Il y a un troisième élément de techouva qui apparaît dans la société israélienne: la fin des tabous. Jusqu'à présent, si l'on était hiloni, on ne pouvait pas parler dans un langage traditionnel; si l'on était dati, on ne pouvait pas employer des éléments de la culture générale. Aujourd'hui, on sent très bien que, bien qu'il y ait des îlots de résistance, au niveau individuel, les barrières sont effectivement franchies. Cela aussi est très positif.

C'était un peu long, mais on fait ce qu'on peut.

— Merci beaucoup. Est-ce que je peux poser une question, s'il vous plaît ? Bonjour, je suis Yosef.

— Essayons d'abord de poser cette question. Non, parce qu'elle est dans le prolongement de la question sur la techouva d'Israël. Permettez-moi, Rav, de vous la poser: selon vous, quelles sont les étapes et quels sont les événements qui vont amener les nations à faire techouva ?

— Les éléments qui vont amener les nations à faire techouva peuvent être plusieurs choses. Entre autres, l'activité que j'essaie de pousser un peu, ce qu'on appelle Brit Olam, le noachisme, la diffusion du noachisme dans le monde, et également les interrogations intérieures au niveau spirituel, du fait même de ce qui se passe dans le monde. Il y a des processus, il y a des systèmes qui font que les choses agissent d'elles-mêmes. Je ne voudrais pas faire trop appel à la crise du corona ou à la crise climatique, etc. Disons qu'il y a simplement une recherche du sens de la vie. Une quête qui n'est plus aujourd'hui la quête des idéologies, mais une quête de sens. Et même si aujourd'hui les religions sont en chute, la spiritualité est en ascension. Voilà, c'est à peu près ce qui se passe.

— Ok, merci beaucoup, Rav. Maintenant, dans la suite, la même première question, elle demande aussi — donc Félicia — comment faire techouva, de retour en Erets Israël, auprès de nos frères de la diaspora. Elle nous précise qu'elle-même était volontaire au parrainage de Nouveau-Olympe, et elle dit qu'ils ont souvent peur des difficultés.

Monter en Erets Israël est un acte de émouna, au sens fort du terme. Pour Avraham Avinou, il lui est dit: quitte le pays où tu es et va dans le pays que je t'indiquerai, sans qu'on lui dise dans quel pays il va. Et finalement, il arrive au pays où il faut.

De même, si l'on avait demandé à Herzl, au moment où il écrit L'État juif et fonde le Congrès sioniste mondial, s'il avait réponse à toutes les questions ? S'il avait essayé de répondre à toutes les questions, il n'aurait pas fondé l'Organisation sioniste mondiale. Vivre est également un acte de émouna: avancer dans la vie, c'est accepter l'inconnu. Il en va de même pour le mariage. Il faut accepter l'inconnu avec amour, avec joie. C'est ainsi qu'on est assuré de ce que dit la Torah: c'est un pays où tu ne mangeras pas ton pain dans la misère et où tu ne manqueras de rien.

— Est-ce que cela veut dire qu'il n'y a pas de nécessités en Erets Israël ?

— Bien sûr qu'il y a des nécessités. Mais quand on comprend la joie de revenir à sa source de vie, tous les autres problèmes deviennent secondaires. Il faut leur insuffler l'optimisme.

— Merci beaucoup. Et maintenant, je vais demander à Michael Metoudi de poser ses questions, s'il s'en rappelle, sinon je les ai écrites. Michael Metoudi ?

— Oui, je suis là.

— Il est là, absolument. Je les ai écrites. En fait, j'avais trois questions. Je vais essayer d'aller de l'avant, à la moins urgente, je ne sais pas dans quel sens. [08:14]

J'aurais aimé avoir des éléments théologiques sur la résurrection des morts. Je voulais savoir si c'était un aboutissement, si cela se passe dans notre monde. Et si cela se passe dans notre monde, cela veut-il dire que ce monde est supérieur à tous les autres ? De ce que j'avais appris dans la Kabbale, les néchamot étaient destinées à évoluer dans d'autres mondes que le nôtre après la mort. Donc je suis un peu perdu par rapport à cette notion, et …

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