Réouven a-t-il vraiment fauté avec Bila
Pourquoi la Torah décrit cet acte de façon choquante, et ce que la bénédiction de Yaakov en retient.
Orot veKelim
Ensuite : Le Tanakh, seule source : la thèse de Rony Akrich, 49 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous, shalom à toutes. Shalom, shalom. Très heureux de vous retrouver dans Yeshiva Online, même si on doit commencer dans deux minutes. Et peut-être pour répondre juste à ta question, Hanna. Ah, OK. Ça veut dire quelqu'un qui est indépendant financièrement, OK ?
Ça veut dire que c'est concernant les halakhot de Chanouka, par exemple. Quelqu'un qui est dépendant financièrement de ses parents, par exemple, il peut se faire acquitter, selon certaines opinions, par ses parents. OK ? Très bien. Merci beaucoup.
J'espère que vous n'allez pas m'en vouloir, mais aujourd'hui, on va parler non pas de la paracha de cette semaine, mais de la paracha de la semaine dernière. On est encore dimanche, donc on est encore imprégnés, imbibés de la paracha d'hier. Et il y a un sujet dans la paracha d'hier qui est extrêmement petit en termes de versets, et qui est extrêmement étrange, vraiment très déconcertant.
Eh bien, on va rentrer tout de suite dans le vif du sujet. C'est l'épisode de Reouven.
Une seconde. Juste, je répète, on a dit le shiour, les refois de Evelyne, Léa, Batrachel, qui était une connue participante de notre cours, du Beth Hamidrash. Et aussi pour Léon Michmat, ce qu'on a entendu tout à l'heure, malheureusement, qui n'est pas au Pégois. Voilà.
Donc, on est dans Parachat Vayichlah. Alors j'espère que vous voyez tous mon écran. La source numéro 1, c'est Béréchit, perek 35, pasouk 22.
On commence comme ça: on est juste après la mort de Rachel, qui meurt en accouchant de son dernier enfant, du dernier enfant de Yaakov aussi, donc le douzième, Binyamin. Elle meurt en accouchant et elle est enterrée sur le chemin d'Ephrat, qu'on appelle aujourd'hui Beth Léhem. Il y a aujourd'hui un monument qu'on appelle le tombeau de Rachel, situé dans ces environs-là, où beaucoup de Juifs ont l'habitude d'aller prier. Mais c'est une parenthèse.
Donc, Yaakov a mis une pierre tombale sur son tombeau. Jusqu'à aujourd'hui, elle est là-bas. Alors, Israël, c'est Yaakov en tant que personne, Yaakov en tant que famille aussi.
Et donc, il dressa sa tente dans un endroit qui s'appelle Migdal Eder. Très bien. Et là, il va se passer un événement très particulier. Donc, ce fut, dans le moment où résidait Israël sur cette terre...
Alors, littéralement, il a couché Bila, la concubine de son père, et Israël a entendu. Il a couché Bila.
Ce n'est pas tellement clair ce que ça veut dire, mais a priori, le verbe vayichkav veut dire « coucher ». Lorsqu'on l'emploie dans ce genre de contexte, ça veut dire qu'il a couché avec Bila, qui est donc une des quatre femmes de son père. Vayichma Israël, et Israël, donc Yaakov, qui est appelé ici Israël, a entendu.
Et là, il y a quelque chose d'extrêmement rare dans la Torah. Vous voyez le petit pé qui est entre parenthèses ? Ça veut dire une parasha pétouha, un espace. Il y a un espace. En général, les parachiot pétouhot, ces espaces-là, c'est toujours après des pessoukim, jamais à l'intérieur d'un seul et même verset. Donc là, c'est vraiment une exception totale. Il y a un espace à l'intérieur d'un verset, et le verset se finit en disant: les enfants de Yaakov étaient douze. Et on commence dans le verset d'après à les citer. Très, très bizarre.
Qu'est-ce qui se passe ici ? Reouven est allé coucher Bila. Israël a entendu. Pause.
Et les enfants de Yaakov étaient douze. Très bizarre, très étrange. On n'en reparle pratiquement plus de cette histoire dans la Torah, sauf à la fin de la vie de Yaakov, à la dernière paracha du livre de Béréchit, la paracha de Vayé'hi, que je vous amène ici en source numéro 2.
Yaakov rassemble ses douze enfants. Regardez comme c'est écrit au verset à lire. Donc, Yaakov fait venir ses enfants et leur dit: rassemblez-vous, je vais vous révéler ce qui va arriver à la fin des temps.
Ils arrivent, ils se sont rassemblés, les enfants de Yaakov, et ils ont commencé à écouter leur père. Yaakov va faire une sorte de bénédiction, mais ce n'est pas vraiment une bénédiction. C'est, on va dire, un langage particulier pour chacun des douze fils, qui est en fait son identité propre. Il n'hésite pas, à l'occasion, à faire un reproche s'il y a besoin, ou à dire un peu quel va être son rôle dans le peuple juif, s'il y a besoin, etc.
Donc il va passer comme ça chaque enfant. Ce que d'ailleurs Moshé Rabbénou fera aussi à la fin de sa vie, dans la dernière paracha de la Torah, Vézot Haberakha. C'est quoi ? C'est « voici la bénédiction ». Chaque tribu: ce que fait Yaakov avec chaque enfant à la fin de sa vie, Moshé le fera avec chaque tribu à la fin de sa vie aussi.
Et c'est intéressant de comparer un peu les brakhot de Yaakov et les brakhot de Moshé, en fonction de chaque tribu, pour appréhender, on va dire, les différences entre les tribus.
En tout cas, regardez ce qu'il dit à Reouven, le personnage qu'on a vu dans les pessoukim d'en haut: « Reouven, mon premier-né, mon aîné... Il y a marqué en dessous: mon orgueil et les prémices de ma vigueur, le premier en dignité, le premier en puissance. » Très bien.
Et le pasouk d'après: « Impétueux comme l'onde, tu n'auras pas la prééminence, car tu es monté sur le lit de ton père. Alors tu as profané ma couche. » Pourquoi tu as perdu ta noblesse ? Car tu as attenté au lit paternel, tu as flétri l'honneur de ma couche. C'est comme ça qui est traduit ici.
Donc, il y a ici une allusion à ce qui s'est passé plus haut. On voit qu'Israël, Yaakov, ne réagit pas. Il a entendu que Reouven avait couché avec Bila, on va voir. En tout cas, il a entendu qu'il s'est passé quelque chose, il ne réagit pas. Et seulement à la fin de sa vie, il n'hésite pas à dire à Reouven: tu as perdu ta noblesse, tu as perdu ton droit d'aînesse, car tu as attenté au lit paternel, tu as flétri l'honneur de ma couche.
On voit donc que c'est un reproche, que c'est quelque chose de négatif. Ça, c'est pour les versets, pour la Torah écrite. Et c'est très étonnant de voir ce que nous dit là-dessus la Torah orale, donc la Guemara.
Regardez la source numéro 3. Ici, il faudrait mettre deux points.
« Tout celui qui dit que Reouven a fauté se trompe. » Chez Nehémar, comme il est dit dans le passage qu'on a vu juste après l'espace, il y a marqué: « Et les enfants de Yaakov étaient douze. » Mais le pasouk nous apprend...
Il nous apprend que koulam, koukola, tous les enfants de Yaakov se valent. Il n'y a pas de différence. Il y a aussi bien Yehouda, Reouven, Issachar, Zévouloun, et il n'y en a pas un qui est plus ou moins qu'un autre, ce qu'on aurait pu penser si Reouven avait fauté. C'est-à-dire de la …
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