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Éducation, Torah et langue araméenne selon le Rav Kook

Comment le Rav Kook lit l'image du beurre de la Torah et défend l'étude de l'araméen contre les méthodes faciles.

1 h 01

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Ensuite : Pureté, impureté et la fenêtre de l'âme, 1 h 02

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Salam à tous, chavoua tov à toutes et à tous. J'espère que vous allez bien. On change d'horaire aujourd'hui, le Rafisson avait un petit contretemps. Aujourd'hui, on va parler d'éducation, dans le Rav Kook, à travers deux textes. Le premier texte est tiré de Ein Aya, l'œuvre du Rav Kook qui commente les aggadot de la Guemara.

Dans la Haggada, il y a toutes sortes d'histoires, d'allégories, d'exemples, qui sont parfois très énigmatiques, voire même bizarres. Le Rav Kook fait comme beaucoup d'autres, mais c'est un peshat assez actuel: il fait l'effort de nous expliquer toutes ces histoires et de nous réconcilier, en fait, un peu avec la bizarrerie qu'il peut y avoir parfois dans les histoires de la Guemara.

Donc, ça, c'est le premier texte, qui va surtout parler de la manière d'enseigner la Torah aux jeunes enfants. Et le deuxième texte est une lettre ouverte du Rav Kook, qu'il a publiée dans un journal en 1909, où il parle de manière un peu plus large du sens, du but du système éducatif. Mais ça, on y arrivera un petit peu plus tard.

Donc, le premier texte, je vous fais un partage. Le voilà. On commence avec une guemara. Une guemara dans Massekhet Berakhot, qui dit comme ça, c'est tout en haut, en gras.

On dit dans la Beraïta de Rabbi Yanaï: quelle est l'explication du verset ? C'est un verset dans Michlé. Michlé, c'est un texte qui a été écrit par Chlomo HaMelekh. Comme son nom l'indique, Michlé, ça veut dire des mechalim, donc toutes sortes d'exemples. En français, on le traduit par les Proverbes. Et il y a un passage qui dit comme ça: « De la pression du lait sortira le beurre. »

Très bien, et la Guemara se sert de ce passage pour faire un enseignement assez original. Elle dit comme ça, et juste ici: « Chez qui trouve-t-on le beurre de la Torah ? Eh bien, chez celui qui vomit le lait qu'il a tété du sein de sa mère, sur elle. »

Donc, c'est un petit peu bizarre, d'accord ? C'est bizarre. Alors, le beurre de la Torah, c'est quoi, le beurre ? C'est un petit peu comme on dit en français, la crème de la crème. C'est-à-dire le meilleur, quoi. Le meilleur, l'élite, en fait. Donc, chez qui trouve-t-on des talmidei hachamim, des gens qui ont une Torah, mais une Torah la meilleure, on va dire ? Eh bien, c'est chez ceux qui vomissent le lait qu'ils ont tété du sein de leur mère, sur elle. Très, très spécial.

Donc, on parle d'éducation, mais c'est aussi l'occasion de rencontrer ce genre de texte qui, finalement, est vraiment génial. À chaque fois, on se dit: mais qu'est-ce que cette guemara vient de nous dire ? Dans le meilleur des cas, on dit: bon, on ne comprend pas. Dans le pire des cas, on dit: mais c'est complètement pas actuel, ça ne peut pas nous parler, etc. Et en fait, on voit à travers l'explication du Rav Kook que ça rentre extrêmement bien dans les mots de la Guemara, et que le message est tout à fait actuel. Donc, le Rav Kook explique comme ça.

Je viens de lire les trois premières lignes, qui disent comme ça. Vous l'aurez compris, ce sont les pédagogues, on va dire, les éducateurs

qui s'élèvent et qui veulent amener des moyens pour faciliter le joug de l'étude, faciliter la difficulté, en fait, de l'étude. Ça veut dire que c'est très, très dur pour des jeunes enfants. On parle donc des enfants qui arrivent à l'école, après l'âge de six ans. Ça commence vers six ans, où on s'assoit dans une classe

et on apprend, on a un enseignement, et c'est parfois difficile. Comment va-t-on leur faire apprendre leurs tables de multiplication ? Comment va-t-on leur apprendre à lire, à écrire, à connaître toutes sortes de domaines, etc. ? Que ce soit dans le domaine profane, comme dans le domaine de la Torah.

On est face à une difficulté. Et donc, à l'époque du Rav Kook, et c'est toujours vrai aujourd'hui, il y a toutes sortes de gens qui essaient de trouver des moyens de faciliter cet apprentissage. Par exemple, ils vont apprendre les tables de multiplication en chanson. Ça veut dire qu'en fait, l'élève, l'enfant, ne va pas se rendre compte qu'il est en train d'apprendre.

On va lui faire toutes sortes de jeux, peut-être même des jeux de rôle, des jeux de théâtre, des trucs avec des couleurs. Aujourd'hui, on va se servir sûrement d'écrans, de tablettes, etc., pour que l'enfant pense qu'il est en train de jouer, et qu'il soit donc très volontaire, alors que, finalement, le but, c'est qu'il apprenne quelque chose. Il y a donc toutes sortes de théories d'éducation qui vont dans ce sens-là.

Le Rav nous dit comme ça: ces pédagogues pensent qu'ils apportent beaucoup de bénédictions au monde, puisque, finalement, on pourrait dire que ça marche. Ça veut dire qu'au final, de manière extrêmement facile, l'enfant va pouvoir te réciter toutes ces tables de multiplication. Ça, c'est dans le domaine du chol. Il va pouvoir te réciter une tonne de mishnayot dans le domaine du kodech.

Donc, on voit qu'en fait, on a réussi à ce que l'enfant acquière des connaissances sans qu'il ait eu besoin de passer par la case effort. Par la case effort, par la case qui est difficile, celle de la sueur, et donc pas forcément celle de la volonté, de la difficulté, etc.

Ils se disent: ok, c'est génial, on a contourné la difficulté pour arriver au but. Nous dit le Rav que l'utilité de cette chose-là, de cette pensée-là, n'est en vérité qu'erronée. Pourquoi ?

Car la connaissance ne se mesure pas selon la quantité, mais selon la qualité. Et qu'est-ce que la qualité d'une connaissance ? C'est selon la profondeur de la compréhension et

la capacité à l'utiliser dans le monde, c'est-à-dire à voir cet apprentissage dans le monde. C'est-à-dire qu'on peut connaître la table de multiplication par cœur parce qu'on connaît une chanson, mais finalement, on ne comprend pas du tout comment ça marche. Ça veut dire que si maintenant on nous donne quelque chose qui sort de ce qu'on a appris, on n'est pas capable de comprendre le raisonnement.

Et deuxième chose: voir cet apprentissage dans le monde. Ça veut dire qu'une fois qu'on a besoin de calculer quelque chose, si la connaissance est seulement superficielle, ça ne va pas tellement nous aider. Donc, ce qui compte, en fait, c'est la qualité. La qualité de l'apprentissage, et pas seulement sa quantité. Et ça, c'est vrai

dans tous les domaines, mais encore plus dans le domaine du kodech, le domaine de la Torah. Pourquoi est-ce que c'est encore plus important dans le limoud Torah ? Parce que dans le limoud Torah,

finalement, c'est un limoud qui va al pi gadol selon l'impression, l'influence que ça va avoir sur celui qui l'étudie. C'est-à-dire que lorsqu'on étudie une sagesse profane, ça peut avoir une influence sur nous, certes, mais pas sur toute notre personnalité. Par exemple, quelqu'un qui va étudier les …

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