Pessah : passer par-dessus, la matzah et la bouche
Pourquoi Pessah est une fête de l'essence plutôt que des actes, et ce que signifient la matzah et la parole.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : La fête de Pessah, comme vous ne l'avez jamais comprise !, 1 h 02
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
— Rav Yoël, Chalom, comment allez-vous ?
Rav Yoël Benharrouche: Chalom, Toda raba, merci beaucoup.
— Merci à vous de nous recevoir encore une fois chez vous, dans votre studio. C'est toujours avec un grand plaisir. La dernière émission a eu beaucoup de succès. On a fait comme ça vingt minutes, on a discuté de l'actualité, mais on se rapproche de Pessah. On est à une semaine et demie avant Pessah et les gens se posent des questions, les élèves se posent des questions. La première question, qui est la plus évidente mais pourtant la plus compliquée, c'est Rosh Hachana, c'est le début de l'année. Kippour, c'est le jour où on est méchapère. Pessah, c'est le jour où on est passah. C'est-à-dire quoi, Pessah ?
Rav Yoël Benharrouche: Pessah, c'est en réalité un saut par-dessus. Dans le sens premier, c'est que l'Éternel passe par-dessus les maisons des enfants d'Israël pour éviter de les tuer lors de la sortie d'Égypte, la nuit même de la sortie d'Égypte, alors qu'il tue les premiers-nés égyptiens.
En réalité, dans le sens profond, ça veut dire que Hakadosh Baroukh Hou ne regarde pas le niveau dans lequel nous étions, il passe par-dessus, il dépasse le niveau pour nous sauver malgré notre niveau, qui était très, très, très bas. Nous étions à 49 degrés d'impureté et malgré cela, nous sommes sortis d'Égypte. C'est-à-dire que Hakadosh Baroukh Hou a fermé les yeux sur notre niveau, qui était vraiment très bas, pour nous sortir d'Égypte.
Donc l'information première, c'est que Hakadosh Baroukh Hou ne nous a pas sauvés pour ce que nous faisions, mais pour ce que nous étions. Et ça change énormément toutes les données. Ça veut dire que le peuple d'Israël n'a pas été choisi par rapport à ce qu'il fait, mais par rapport à son essence divine, et c'est comme ça qu'il a été créé.
Et chaque fois que nous arrivons à un moment de libération, c'est comme si l'Éternel ne regardait plus notre niveau réel, mais qu'il voyait l'intériorité, c'est-à-dire notre capacité de base, ce qu'on appelle en hébreu la ségoula, et c'est grâce à cela qu'il nous sauve.
Donc, passer au-dessus des maisons, c'est tout le sens de passar, sauter par-dessus. — Passer, ça veut dire sauter par-dessus ?
Rav Yoël Benharrouche: Tout simplement. En hébreu, le mot passar, lifsoach, passer par-dessus. C'est un verbe. Ce qui veut dire qu'en réalité, à Pessah, on est jugé par rapport à notre essence, et pas seulement par rapport à nos actes. Et ça, c'est très rassurant, parce que si on était jugé par rapport à nos actes, peut-être qu'on ne serait jamais sorti d'Égypte. Donc Hakadosh Baroukh Hou a fermé les yeux sur notre niveau réel, pour nous sauver par rapport à notre réel niveau intérieur, même si celui-ci n'est pas encore dévoilé.
— Moi, je me rappelle, dans vos cours, vous avez parlé de Pessah et de la bouche. Quel rapport avec la bouche ?
Rav Yoël Benharrouche: Ça aussi, c'est la même chose. Le fait de pouvoir être le peuple qui révèle le divin, c'est comme si la bouche de l'univers était ouverte. Et la bouche de l'univers, c'est le peuple d'Israël. Nous sommes la bouche de l'éternité. Donc, lorsque Dieu nous sort d'Égypte, il libère, quelque part, la bouche qui va raconter ce qu'il est. Le peuple d'Israël est le porte-parole de l'éternité. Et en nous sortant d'Égypte, Dieu libère en fait sa propre parole, son propre dévoilement. Il va pouvoir, à partir de ce moment-là, se dévoiler dans le monde, parce qu'Israël est là, comme interlocuteur, comme porte-parole de son infinité.
— Mais alors, quel rapport avec la matsa ?
Rav Yoël Benharrouche: La matsa, c'est tout simplement le fait de savoir sa place. La matsa est un pain qui est précis. En hébreu, hechem medouyak. C'est-à-dire que nous avons la nécessité exacte de notre vie. Quand tu dépasses ce degré, il y a toujours un risque que l'ego se mette à l'intérieur du processus et gâche ce processus.
Ce qui fait qu'en réalité, la matsa, on domine le temps pour la faire, de 18 minutes, qui correspondent aux 18 degrés, en hébreu, de la vie. La valeur numérique de vie en hébreu, c'est 18. C'est-à-dire que la matsa, c'est un pain de vie. Au-dessus, au-delà de ce temps, tu commences à rentrer des éléments étrangers à l'essentiel de ta vie.
Donc, mange pendant cette période de sept jours comme si tu prenais des antibiotiques. Pendant sept jours, tu vas manger un pain qui est précis, qui correspond à ton essence de vie. Et une fois que tu as guéri de toute cette maladie de l'ego, tu peux recommencer à manger du pain.
C'est quand même une fête pas comme les autres, déjà parce que c'est une fête qu'on prépare deux mois à l'avance. C'est-à-dire, deux mois à l'avance, moi je vois ma femme, elle commence déjà: « Écoute, on ne peut pas acheter ça, viens, on commence à faire ça. » Il y a une préparation à cette fête. On ne rentre pas dans Pessah comme on rentre dans Rosh Hachana.
Alors, c'est vrai que Pessah a pris, en fait, une forme qui n'est pas réellement celle qui était au départ. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, et malheureusement je le dis, on s'occupe beaucoup plus de la préparation extérieure des choses, et moins de ce qu'on devrait en réalité faire à l'intérieur même de l'être.
C'est-à-dire que lorsque je fais attention au hamets, de ne pas le faire entrer à la maison à partir de deux mois, un mois et demi, est-ce que je fais la même attention au niveau du hamets qui rentre dans ma vie ? Et donc il faut traduire le hamets comme quelque chose qui vient et qui gonfle tout ce que nous sommes dans notre essence réelle.
Donc, faire attention au hamets à la maison, c'est une chose, mais faire attention au hamets de ma vie, c'est encore autre chose. Et il faut faire attention à ces deux parties. C'est-à-dire qu'à chaque fois que vous enlevez un élément de hamets de votre maison, l'idéal, c'est de penser en même temps à vous nettoyer d'une partie du hamets de votre esprit et de votre corps.
— Moi, je connais un peu nos élèves, et ils vont dire: « Oui, mais on mange du hamets toute l'année. » Donc on a le droit, toute l'année, d'avoir ce plein-là, cet avir-là, mais pendant sept jours, on n'a pas le droit ?
Rav Yoël Benharrouche: Tout à fait. C'est pour ça que la nourriture de Pessah, comme je l'ai dit tout à l'heure, est une forme d'antibiotique qui nous met en place dans la vraie mesure de la vie. Une fois que tu as compris que tu dois te mettre comme une matsa, qui est à zéro, qui est plate, tu peux recommencer à manger du pain sans aucun risque de gonfler. Parce qu'au fur et à mesure que tu grandis, chaque fois que tu passes un Pessah, tu mets ton ego dans les véritables proportions qu'il devrait avoir, et tu sais qui mettre en premier, c'est-à-dire les valeurs …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».
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