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Pessah, la Gueoula du Daat

L'exil d'Égypte comme exil de la connexion, du Daat, et ce que signifie en sortir.

43 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Pessah : passer par-dessus, la matzah et la bouche, 19 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Ouverture

Chalom aleikhem. Chalom aleikhem. Merci à vous tous pour votre fidélité, pour le nombre impressionnant de personnes qui participent. Nous allons vous annoncer une bonne nouvelle à la fin de notre intervention.

Aujourd'hui, dans le cadre de l'étude de Pessah, j'ai choisi de parler de l'exil d'Égypte comme étant l'exil de la connexion. En hébreu, galout ha-da'at, l'exil de la connexion, de la connaissance au sens biblique. Je vous rappelle que la connaissance relève de l'union entre le mâle et la femelle, entre Adam et Ève, union qui donne naissance à un enfant.

Adam a connu, au sens de yada, Ève, et elle est tombée enceinte de cette connaissance. Et, bizarrement, le Zohar nous dit qu'en exil d'Égypte, ce qui manquait, c'est qu'en réalité cette connexion, cette connaissance, était en exil. C'était elle qui était la matrice même de tout l'exil.

Alors, essayons de comprendre. Bien entendu, vous pouvez poser des questions. D'abord, il faut savoir que l'arrangement du monde est synonyme de retour vers tous les éléments à l'ordre qui leur correspond. Chaque élément a sa place dans le monde, à un degré, au niveau territorial, et au niveau de l'être que nous sommes, et au niveau temporel qui correspond à l'être en question.

C'est très facile à comprendre: une plante que j'ai plantée dans une terre qui ne lui est pas appropriée ne poussera pas. Il en est de même pour l'homme. Cela veut dire que l'exil est en réalité une sortie de l'ordre. C'est le début de la compréhension de cette notion d'exil: toute sortie de l'ordre tel que l'Infini, béni soit-Il, l'a prévu est une forme d'exil.

Être exilé de soi-même, c'est en réalité vivre en dehors de ce que Neshama projette. Vivre en dehors de sa terre, c'est être en exil de la terre qui correspond à ta nature. Être en exil du temps, c'est tout simplement ne pas respecter les temps qui correspondent à ma nature: le Chabbat, si je parle du peuple d'Israël. Je ne vais pas demander à un non-juif de respecter le Chabbat. Pourquoi ? C'est l'inverse: je le mettrais en danger, parce que ce serait lui faire vivre un temps qui n'est pas le sien. Donc vous comprenez qu'il y a ici une importance capitale.

Et donc, à vos notes: le problème, c'est que toutes les fautes que nous commettons dans notre vie ont pour conséquence que l'ordre initial est désordonné. Nos fautes, en réalité, ne sont pas seulement une faute vis-à-vis de l'Éternel ou vis-à-vis de mon voisin; elles remettent en place des degrés qui ne sont pas à leur place. Tout est dispersé dans un sens qui sépare complètement les éléments. J'espère que vous comprenez.

Et donc cela élargit les différences et les degrés entre les sibot, les causes, et les totsaot, les résultats qui sont liés à ces mêmes causes. Autrement dit, il y a encore une forme d'exil: les causes et les conséquences de ces causes ne sont plus visibles ni compréhensibles pour l'homme. L'homme ne sait plus. Quelle est la conséquence de sa parole d'hier ? Quelle est la conséquence de son acte d'avant-hier ? Quelle est la conséquence du fait qu'il ait fait telle ou telle chose ?

Si la personne perd cette vision globale des causes et de leurs résultats, c'est qu'elle n'a plus une vision globale de la réalité, et elle est tombée dans une vision fractale qui la limite dans sa façon de voir la vie.

Et donc, dès qu'on perd, à cause des fautes, cette vision globale qui fait partie de notre vie, alors que, dans le ventre de maman, dit la Guemara dans le traité de Nida, page 30, le bébé est formaté pour voir d'une extrémité du monde à l'autre. Si aujourd'hui, quand je me déploie, quand je sors du ventre, j'ai un problème: la tête ne touche plus les pieds, alors que dans le ventre de la mère, la tête touchait les pieds. Cela voulait dire que chez le bébé, la tête, qui est la source, la pensée, et les pieds, qui sont le résultat, la démarche, étaient reliés.

Alors que chez l'homme adulte qui se déploie lorsqu'il sort du ventre de sa mère, il y a un problème évident: la tête est en haut, les jambes sont en bas. Et s'il n'y a pas un élément qui fait le lien entre la tête et le corps, l'homme sera dans des pensées complètement en dehors de sa vie, alors que ses actes seront dans des actions qui sont en dehors de sa pensée initiale. Donc il y a un décalage total, il y a une explosion de l'être.

Et donc on perd la possibilité de voir de l'extrémité à l'extrémité, c'est-à-dire de la source jusqu'au résultat, jusqu'aux effets, comme nous pouvons le faire, comme je vous l'ai dit, par notre système de création. C'est ainsi que Dieu nous a créés, avec cette capacité-là. Nous l'avons donc perdue lorsqu'on sort et qu'on arrive dans ce monde.

Ça, c'est ce qu'on appelle un exil, parce que tu es capable de voir une totalité, et là tu ne vois que la moitié des choses, le quart des choses, un huitième des choses; tu n'es donc plus dans une vision globale. Cela s'appelle Galout Ha-Da'at, c'est l'exil de la connexion de tous les degrés.

Le Zohar Hakadosh arrive à la conclusion suivante. D'après tout ce que je viens de vous dire, quelle est la conclusion du Zohar ? En Égypte, quand on parle de l'exil, c'est le Da'at de l'homme qui était en exil. Rien d'autre. Autrement dit, quand le Da'at est en exil, tout est en exil. Conclusion: l'exil d'Égypte, c'est l'exil de la connexion entre les choses. D'accord ?

Et à tel point cet exil est grand qu'on n'arrive plus à comprendre les connexions entre les incidents de notre monde. Et aujourd'hui, même si ce n'est pas ma langue natale, j'arrive un tout petit peu à comprendre les méandres de la langue française. Étant donné qu'on n'est plus capable de voir les choses, on appelle ça des coïncidences. Alors que « coïncidence », ce sont deux mots: connexion des incidences. Et donc, moralité, on n'arrive plus à voir la connexion des incidences dans notre monde, et ça, c'est notre premier exil.

Alors, vous savez, avant de vous préoccuper de la matza que vous allez manger et de savoir si votre maison est propre, si vous avez oublié ce point initial, eh bien tout le reste ne sera que forme, alors que le fond vous manquera. Donc on essaie, dans ce chiour, de redonner le fond, pour ne pas tomber immédiatement et seulement dans la forme de la fête. Je répète: l'essentiel de Pessah, c'est de renouer avec le Da'at, avec ce qu'on appelle la sefira de Daat, pour que notre Daat ne soit pas en exil.

Et pour cela, et pour ne pas sortir en plus de notre cours habituel, hebdomadaire, qui traite de la Torah des secrets, je vous le dis et je vous le répète, pour ceux qui n'étaient pas là dans les chiourim: la Torah des secrets, c'est la Torah …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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