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Le Chabbat, lumière qui révèle nos défauts

La réia, la chokhmah et la royauté : pourquoi le Chabbat éclaire nos défauts comme une lampe dans une pièce sombre.

59 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Le Midrash al-Nielam : la Chekhina concentrée à Yerouchalaïm, 60 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je voudrais vous proposer aujourd'hui une vision qui touche un petit peu à la chassidout, par rapport justement à ce sujet, qui est tellement immense que nous pouvons l'aborder de différentes manières. Il est important aussi de l'aborder de différentes manières, pour avoir une vision un petit peu plus globale d'un sujet qui, déjà comme cela, est difficile à cerner.

Donc, nous allons parler aujourd'hui du sens, de l'un des sens, de la vision. Nous avons cinq sens, mais ici, il s'agit de l'un des sens de la vision. On l'appelle la réia. Il faut savoir que ce sens-là de la vision se trouve dans les séphirot, dans la Chokhmah. Je vous ai dessiné ici un œil.

Alors que la Binah correspond à l'oreille. Et lorsque nous parlons du Chabbat, étant donné que le Chabbat est kodesh, dans sa définition, kodesh est relatif à la Chokhmah. Kodesh, c'est Chokhmah. Cela va de pair. Donc il est très important de comprendre que le Chabbat, bien que nous associions le Chabbat à la Malchout, à la royauté, en fait, ce n'est pas une royauté simple. C'est une royauté qui a été remplie de la Chokhmah.

Dans les pardès soufimes, c'est-à-dire dans une vision beaucoup plus complète des séphirot, la Chokhmah s'appelle Abba, papa, et la Malchout s'appelle Bat, fille. Et nous avons une règle: Abba yassad brata. En araméen, c'est le papa qui façonne sa fille.

Au niveau psychologique, cela veut dire que la première vision masculine qu'a une femme, c'est son papa. Et donc, intuitivement, pas souvent, pas toujours, mais intuitivement, elle cherche dans le futur mari qu'elle aura quelque chose qui appartient au père. Dans la Kabbale, le père représente la Chokhmah. C'est une sagesse. Donc, le papa est la sagesse.

Et c'est le papa qui va façonner la royauté. Pourquoi ? Tout simplement parce que la royauté a besoin de cette sagesse première pour continuer son travail, son œuvre. Rappelez-vous que la royauté va diffuser son royaume, en fait sa sagesse supérieure qu'elle a reçue de papa, aux éléments de ce monde. Nous sommes ici dans des mondes supérieurs.

Le monde dans lequel nous vivons vient en dessous de tout ce système. Vous êtes avec moi ? Cela veut dire qu'il y a ici un équilibre qui se crée dans un monde intérieur profond, que nous associons à un monde supérieur. Mais en réalité, cela ne veut pas dire supérieur dans l'espace. Supérieur dans le sens profond. Et après cette profondeur, il va y avoir une expression, une extériorisation de tout ce système-là.

Et donc, l'extériorisation passe par la Malchout. C'est son rôle d'exprimer, d'extérioriser. Or tout se passe chez elle, tout arrive chez elle, finalement, puisque toutes les sphères supérieures s'écoulent et arrivent finalement au dernier récipient, qui s'appelle la Malchout. C'est elle qui contient le tout. Et pour nous, qui sommes en bas, c'est elle notre maman.

Que se passe-t-il chez cette maman ? Eh bien, il y a notre racine, ce qu'on appelle Klal Israël, l'Assemblée d'Israël. L'Assemblée d'Israël se trouve dans la Malchout, dans cette royauté qui a reçu, en fait, toutes les lumières. Et de cette royauté d'Israël rayonnent tous les détails que nous sommes. Donc si vous prenez un personnage ici, il n'est rien de lui-même, si ce n'est que c'est un rayonnement de la royauté d'Israël.

Si ce Hass vé-khalila se déconnecte de cette royauté, il est mort. Donc il reçoit sa vie de ce système-là. Il y a des cas où, Hass vé-khalila, cet élément individuel est déconnecté du tout. Cela s'appelle haya'v karet. Karet veut dire retranché.

Et donc, il y a ici un problème. Le mot karet a donné naissance au mot « écarté », c'est-à-dire découpé complètement de la racine d'Israël.

Maintenant, dans le texte, lorsque nous montons, lorsque nous faisons monter ce sens-là, qui est l'œil, vous savez ce que cela veut dire monter sa vue. Monter sa vue, c'est en réalité ramener la vue à sa source. Or, nous avons dit que la source de la vue, c'est la sagesse. Quand je vois quelque chose, ce n'est pas seulement un œil qui voit, c'est ma manière d'appréhender la chose que je vois. C'est-à-dire que c'est la sagesse qui se trouve dans mon contact avec la chose. Je peux voir des choses, mais ne rien comprendre.

Il y a d'ailleurs une expression: « je vois », cela veut dire « je comprends », « j'ai assimilé ». Donc voir, c'est intégré au niveau de la sagesse. Lorsqu'on monte notre vision au véritable degré du regard, car on peut voir d'une manière superficielle, et on peut monter son regard. Exemple: dans la Torah, nous avons des versets où, au lieu de dire « Abraham a vu », il est écrit « Abraham a élevé ses yeux ». Qu'est-ce que cela veut dire qu'il a élevé ses yeux ? Il a tout simplement monté le degré de sa vision.

Et au moment où tu montes, tu atteins la sagesse, tu peux voir en réalité de très, très, très loin. Tu peux voir l'aboutissement des choses, même au départ. Ici, dans notre arbre des séphirot, où est l'aboutissement ? Ici. Donc, lorsque Abraham voit, par exemple dans un des versets « il a vu l'endroit de loin », ce n'est pas l'image d'un type qui fait comme ça et qui voit. Ça, c'est le premier degré du texte. Dans le fond du texte, cela veut dire qu'Abraham est monté à un degré de vision nécessaire pour pouvoir voir jusqu'à la résultante de l'événement actuel. Donc il voit déjà le lendemain, mais il voit de loin.

Donc si j'arrive à élever ma vision à ce degré-là de Chokhmah, qui est en réalité la force même de l'homme, Koa'h-ma, parce que quand vous changez l'ordre, vous avez ici le mot koa'h et ma, ma étant en valeur numérique 45, comme Adam. Donc c'est la force de l'homme. La Chokhmah est la véritable force de l'homme.

Lorsque j'arrive donc à cette vision, je reprends le texte: je peux voir la clarté du Chabbat, c'est-à-dire je vois le vrai Chabbat. Pas encore un jour qui est arrivé, chaque semaine, il y a un Chabbat. Non. Je vois le fond, je vois l'éclairage, je vois la lumière cachée dans ce Chabbat, parce que j'ai élevé le niveau de ma vue.

Généralement, associée à cette élévation du regard, il y a une honte. Une honte. J'explique tout de suite. C'est-à-dire qu'il y a une honte qui se réveille, parce que le Chabbat nous paraît, à cet instant-là où on a atteint la véritable hauteur, le véritable niveau, comme une lumière extraordinaire, dont j'ai l'impression parfois de ne pas mériter. Donc se réveille chez moi une certaine honte de vivre à côté de cette grande lumière du Chabbat.

Quand je commence à comprendre le secret du Chabbat, je me dis que je n'ai jamais réellement senti un Chabbat, de tous les Chabbatot de ma vie, parce que je ne vis pas à la véritable hauteur de ce jour spécial. C'est ça que cela veut dire. D'ailleurs, à chaque fois que je suis en face de quelqu'un de grand, se …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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Ce cours fait aussi partie de la série « Toutes les vidéos, Rav Yoël Benharrouche ».

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