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Le psaume 107 et la reconnaissance de la Guemara

Pourquoi le Mizmor 107 se lit à Yom HaAtsmaout, et quels quatre cas doivent réciter la birkat hagomel.

1 h 09

Rav Élie Kling

Ensuite : Travail et Torah : laquelle a la primauté ?, 3 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Ce soir, étant donné la proximité que nous avons avec Yom HaZikaron et Yom HaAtsmaout, je voudrais étudier avec vous le chapitre que la Rabbanout Harachit, le grand rabbinat d'Israël, a décidé il y a fort longtemps déjà être le chapitre de Tehilim par lequel commencerait la Tefila de Yom HaAtsmaout. Cette année, cela tombe donc mercredi soir, lorsqu'on termine les cérémonies de Yom HaZikaron et que nous commencerons les festivités de Yom HaAtsmaout au moment où le drapeau, qui était en berne pendant toute la journée de Yom HaZikaron, sera de nouveau élevé. À ce moment-là, dans les batikmestèdes d'Israël, et de plus en plus dans le monde également. Enfin, je dois dire qu'à mon époque, quand j'étais encore en France, c'était surtout en Israël que ça se passait. Il y avait très peu de communautés qui le faisaient en France. J'ai cru comprendre que ça commençait à se développer également.

En tout cas, on commencera par ce psaume, le psaume 107 de Tehilim, Kouf Zayn. Le titre est un peu accrocheur, parce que la vérité, c'est que je ne suis pas sûr à 100 % que ce soit bien David qui l'ait écrit. David a écrit la majorité des psaumes, mais certains, ce n'est peut-être pas obligatoire de les lui attribuer. Certains, on est sûr que ce n'est pas lui, d'autres on ne sait pas trop. En tout cas, c'est clair qu'il s'agit d'un des mizmorim les plus importants.

Et d'ailleurs, nos frères d'origine séfarade ont l'habitude de lire ce psaume, pas seulement à Yom HaAtsmaout, mais chaque jour de Pessa'h. En fait, c'est le psaume de Pessa'h. Certaines communautés séfarades le lisent le soir, tous les jours, d'autres dans la journée, après la Tefila de Cha'harit. En tout cas, on le lit une fois par jour. Nos frères d'origine ashkénaze n'ont pas cette habitude de lire pour chaque fête le psaume de la fête correspondante. Mais celui-là est lu par tout le monde le jour de Yom HaAtsmaout.

Alors, de quoi s'agit-il ? Premièrement, ce psaume a une particularité, et c'est assez rare pour qu'on le souligne: c'est un mizmor de Tehilim qui a donné lieu à une halakha. En général, il y en a peu qui proviennent des mizmorim de Tehilim. Mais là, si vous regardez dans Berakhot, comme nous le montre le premier texte que vous avez sous les yeux, la Guemara, à la page Noun Dalet à Moudalèche, et qui ensuite a été reprise dans la halakha même, nous dit la chose suivante. Amar Rav Yehouda, c'est Rav Yehouda qui parle, et il nous dit: Amar Rav, au nom de Rav: arba'a tsrikhim lehodot, ils sont quatre à devoir remercier.

C'est-à-dire qu'il y a quatre sortes d'individus qui, lorsqu'il leur arrive ce qui leur arrive, et surtout lorsqu'ils arrivent à se libérer de ce qui leur est arrivé, doivent absolument remercier. Remercier, cela veut dire, nous dira ensuite la Guemara, dire ce qu'on appelle Birkat HaGomel, c'est-à-dire remercier HaKadosh Baroukh Hou de nous avoir sortis du problème, de la galère, comme on dit aujourd'hui, dans laquelle on était. Ils sont donc normalement quatre. Moi, personnellement, je vois plus la feuille, je vois juste le titre. Je ne sais pas si les autres le voient, mais tout à l'heure on voyait bien, là on voit juste le début.

Donc, ils sont quatre à devoir normalement remercier, et les quatre en question sont les suivants. D'abord, Yorédei HaYam. C'est-à-dire que si vous faites une croisière et que vous vous en sortez, en arrivant à un bon port, vous devez faire Birkat HaGomel. D'abord parce que le fait de voyager en bateau, surtout à l'époque, était considéré comme une véritable expédition dangereuse: on était à la merci de la moindre tempête. Ensuite, certains poskim, certains décisionnaires, disent aujourd'hui que ce n'est pas seulement le danger qui est important, mais aussi

le fait que traverser la mer dans un bateau, c'est se trouver dans une situation qui ne peut pas être permanente. L'homme ne vit pas dans un bateau. Le bateau sert de période transitoire pour aller d'une rive à l'autre, mais on ne peut pas réellement y vivre. Si, pour une raison technique quelconque, on se trouvait coincé là-bas, ce serait très, très problématique, on ne pourrait pas vivre une vie normale. Donc, quand on sort de cette période transitoire, on doit faire Birkat HaGomel.

Je vous dis cela ainsi parce que, évidemment, dans le texte de la Guemara, on ne parle pas de ceux qui prennent l'avion, pour des raisons évidentes que vous pouvez imaginer. Mais c'est le même principe. Ce n'est pas seulement une question de danger ou de non-danger. Même si c'est quelque chose qui n'est pas vraiment dangereux, et c'est vrai que les accidents d'avion, baH, ne sont pas très fréquents, le fait même de se trouver dans une situation qui n'est pas habituelle, une situation permanente, on ne vit pas dans un avion. L'avion, par définition, sert à transporter des passagers d'un endroit à un autre. Alors quand on en sort, on doit faire Birkat HaGomel.

C'est le même principe pour la voiture. Je ne veux pas entrer maintenant dans les considérations halakhiques trop poussées sur la voiture. Comme vous le savez, il y a toutes sortes de possibilités et de décisions là-dessus. À quel moment faut-il réellement faire Birkat HaGomel lorsqu'on a voyagé en voiture ? Est-ce une question de kilométrage ? Est-ce une question de durée minimum ? Il est évident, par exemple, que si je prends ma voiture dans mon village pour aller à la makolet, qui se trouve à quelques centaines de

mètres, et que je reviens ensuite à la maison, je ne fais pas Birkat HaGomel. Alors à partir de quel moment dois-je le faire ? Ce sont évidemment des considérations halakhiques importantes, mais le principe est le même. Non seulement la voiture est dangereuse, mais surtout c'est un moyen de transport, ce n'est pas un lieu d'habitation perpétuel. C'est la raison pour laquelle, quand on en sort après un certain voyage, il faut faire Birkat HaGomel.

Donc ça, c'est la première catégorie, ceux qui ont voyagé sur mer, que le texte appelle Yorédei HaYam. Deuxième catégorie: Holkhei midbarot, ceux qui traversent les déserts. Traverser un désert, là, ce qui est provisoire, ce n'est pas le véhicule, comme le bateau de tout à l'heure, c'est le désert. Le désert n'est pas fait pour être habité. Ou alors, si on habite un désert, on le transforme en quelque chose qui n'est plus un désert. Mais un désert, normalement, c'est fait pour être traversé. Et lorsqu'on n'a pas le

choix, il faut bien le traverser. Mais tout le monde sait quels sont les dangers du désert. Les traversées du désert ne sont pas des choses évidentes. Si nos ancêtres ont passé quarante ans là-bas, c'est qu'ils avaient des miracles permanents qui leur permettaient de boire, de manger et de se protéger des différents dangers qui peuvent exister. Sans cela, sans doute n'auraient-ils pas pu vivre aussi longtemps dans ce fameux désert. Un désert, ce n'est jamais très agréable. Il y a toutes sortes de rencontres, d'animaux, il y a

la soif qui …

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