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Du compte de l'Omer : de la sortie d'Égypte au don de la Torah

Pourquoi compter 49 jours entre Pessah et Chavouot, et ce que chaque degré doit réparer.

15 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : De Pessah à Chavouot : des animaux à l'humain, 5 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers téléspectateurs, shalom depuis Yerouchalaïm pour cette nouvelle émission d'En tête à tête avec Rav Yoël Benaroche, mon ami. Shalom mon ami, M. Ronia Krish. Nous sommes heureux de vous retrouver, et nous allons nous entretenir, dans les deux tiers de cette émission, à propos de la Omer. Alors Yoël, cette période de l'Omer, je vais l'introduire telle que je la ressens: entre la libération de l'Égypte, c'est-à-dire des carcans de l'esclavage, des carcans empêchant la liberté de devenir, et Chavouot, qui sera le don de la Torah.

On comprend bien qu'il y a ici, d'un côté, Pessah, cette libération du corps en quelque sorte, et à Chavouot, qui serait en quelque sorte le Chemini Atséret de cette sortie d'Égypte, le don de la Torah, qui est une liberté transcendante. C'est-à-dire que nous comprenons que l'homme n'est pas seulement le corps, mais qu'il est aussi, et qu'il devient surtout, l'homme par l'insufflation de cette âme, qui dans ce cas précis est la Torah.

Mais ce sur quoi je veux t'amener, c'est essentiellement sur ce fait que pendant cette période nous décomptons, enfin, en français, je crois qu'on dit « supputation » de l'Omer. Alors supputons. Nous allons compter et décompter les jours pendant 49 jours. L'idée m'est venue: n'y aurait-il pas une correspondance entre ces 49 jours et ceux dont nous entretiennent les Sages à propos des 49 Lamed Tetchar Touma, des portes d'impureté où se seraient enfoncés les enfants d'Israël ?

Qui plus est, pendant ces 49 jours, voici que les Sages ultérieurement nous demandent de lire les Pirkei Avot pendant six semaines. Comme si on nous demandait de comprendre que la mesure d'orge que nous amenions au Temple (l'orge, tu le sais comme moi, c'est l'alimentation animale) jusqu'au cinquantième jour, où l'on amenait les pains de blé, qui est l'alimentation de l'homme, n'y avait-il pas là, dans cette sortie d'Égypte vers le don de la Torah, une lente évolution

de la bête que l'on libérait, en espérant lui voir un jour faire valoir la valeur de la création voulue par Dieu ?

— Mon ami Rony, la période, comme tu l'indiques, entre l'état dans lequel se trouve la nation dans cet enfer, dans cet exil d'Égypte, effectivement fait tomber l'être dans les degrés les plus bas de la nature, de sa nature. Tu sais très bien que la nature est basée sur le chiffre 7, alors que l'au-delà de la nature, c'est déjà le chiffre 8, comme dit le Maharal. Or, ce chiffre 7, quand tu le multiplies par lui-même, 7 × 7, cela fait 49. On ne peut pas tomber plus bas que 49 degrés dans la matière de l'exil, dans ce noir, dans ces torpeurs.

— Je dis « on ne peut pas », mais il y a un risque. Car si nous tombions dans le cinquantième degré, ce que la Hassidout d'ailleurs indique comme étant la dépression, on ne serait plus jamais sorti d'Égypte. Or, d'après ce compte, la sortie d'Égypte place le peuple d'Israël à l'état zéro. C'est-à-dire qu'au moment même de la sortie, nous sommes dans un nouveau départ. Nous avons monté les 49 degrés d'impureté, et à partir de cela nous devons grimper dans les 49 degrés de la lumière, pour arriver à l'ultime 50, qui est la fête de Chavouot. N'y a-t-il pas, dans chacun des degrés qui nous emmène de Pessah à Chavouot, comme un rappel symbolique

que chacun de ces degrés viendrait, en quelque sorte, réparer, racheter ce qui nous entraîna vers la décadence ?

— Alors, j'y arrive. Il ne s'agit pas de nous sauver seulement de l'Égypte, car, si tu fais attention, le compte est un compte à partir de la sortie d'Égypte. C'est-à-dire qu'on ne fait pas un décompte de combien de jours il nous reste pour arriver à Chavouot. Nous comptons à partir de Pessah: un jour, deux jours, trois jours, à partir de cette sortie. Car la référence, c'est de sortir d'Égypte. Mais effectivement, à l'intérieur de ce système qui nous pousse de plus en plus loin de cette valeur égyptienne, étouffante, loin de notre identité,

nous devons, à l'intérieur, reconstruire notre être pour nous rapprocher de plus en plus de notre identité. Et ça, c'est le secret de cette Sefirat HaOmer que tu as très bien rappelée, en disant que le premier aliment est un aliment relatif aux animaux. C'est-à-dire que la première des choses, c'est d'abord d'être soumis à cette nouvelle identité, qui est en réalité la nôtre. Elle n'est pas nouvelle, elle est seulement retrouvée. On l'avait perdue en Égypte, pour arriver à un degré d'homme au moment de Chavouot.

Et donc il y a ici une évolution extraordinaire de tous les degrés, que d'ailleurs les Sages, dans la Kabbale, définissent comme étant les sept sphères inférieures, qui sont en réalité Hessed, Guevoura, Tiféret, Netsa'h, Hod, Yessod et Malkhout.

Nous devons arriver à Hag HaChavouot, à atteindre la royauté de Dieu sur terre, à travers le vêtement du peuple d'Israël.

— Je pense à cette phrase dans le texte qui nous dit: « Sour mera, vers cet homme ».

— Tout à fait. Retire-toi de ces mots, ou de ce mal tel qu'il est, comme concept de vie, et mets-toi en marche, en quelque sorte, vers le bien, le bon et le beau de ce qui t'attend. Pourquoi ? Parce que si ta référence n'est que le mal, et que tu dois t'en éloigner, en réalité tu n'as que le mal en face des yeux. Ce n'est pas une structure normale pour construire un être. Il faut partir du mal, mais il faut avoir une direction. Comme lorsque le Saint, béni soit-Il, dit à Abraham

— Mais il lui dit directement après: « Elé ha-aretz achér arékha ».

— Absolument. Il ne suffit pas de nous sauver du noir, il faut aller vers la lumière. Dans la responsabilité que nous avions traitée dernièrement, nous avions rappelé cela. Nous ne quittons pas ce qui n'est pas parce que cela n'est pas, mais parce que nous avons pris conscience de ce qui était. Alors d'autant plus nous apprécions la futilité, l'inutilité de ce qui était.

— Tu as rappelé, et à bon escient, ceux qui avaient accepté de sortir, et donc de s'engager. Avec comme exemple, on l'avait rappelé, un acte de résistance: aller prendre l'agneau dont on pense qu'il devait s'appeler Pascal à l'époque chez les Égyptiens, et ils ont été le prendre comme acte de résistance. Mais certains ont été amenés, je dirais presque, au metsoudat des portes d'Égypte, et on leur a demandé, enfin surtout on leur a déclaré, qu'ils avaient devant eux non pas le fait que les mots de l'Égypte en étaient terminés, mais qu'ils avaient devant eux la liberté probante. Et voici qu'ils répondirent, tel que dit la Guemara: « Ve'afti et adoni », « J'aime mon maître ».

Aussi, on les poinçonne à l'oreille. Ce qui nous fait dire que non seulement à l'époque, mais même aujourd'hui, nombre d'individus veulent affirmer, envers et contre tout, qu'ils aspirent à être les objets de leur histoire, et au grand jamais, que Dieu préserve, …

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