Exil et délivrance selon le Maharal de Prague
Les trois conditions de la Gueoula et la différence entre Gueoula et Gueoula chléma.
Rav Raphaël Kohane
Ensuite : PRENDRE EN COMPTE L'AVIS DU MONDE Rav Raphael Kohane, 1 min
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Est-ce qu'on a une définition dans la Torah de ce qu'on appelle l'exil et la délivrance, la galout et la Gueoula ? Pour cela, on a le Maharal de Prague. Dans son livre, Netsa'h Israël, il nous donne trois conditions de la délivrance. La première, c'est qu'on soit tous rassemblés, mais pas n'importe où. La deuxième, c'est qu'on soit tous en Erets Israël. Si on est tous rassemblés en Afrique... ça ne marche pas.
Et la troisième, très importante, c'est qu'on ait une autonomie, une souveraineté politique, que ce soit nous qui nous gérions. Donc si on est tous rassemblés en Israël, mais sous la tutelle d'un autre empire, par exemple, ça ne s'appelle pas Gueoula. Avec l'État d'Israël, on a commencé à se rassembler sur notre terre et à avoir une souveraineté. Donc c'est quand même très dur de dire qu'il ne s'est rien passé pour le peuple juif entre avant la création de l'État d'Israël et après.
Pour le Maharal, ce qu'on est en train de vivre, c'est au minimum un début de Gueoula. Il y a une formule comme ça dans le Talmud. Il y a un passouk qui dit: « Rappelle-toi de l'histoire du monde, des jours du monde, et comprends les années de tes générations. » C'est-à-dire qu'il y a une exigence d'essayer de comprendre les phénomènes historiques de ta génération.
Ça rappelle un petit peu ce qu'il y a dans la Guemara: une des questions qu'on pose à quelqu'un après la vie, c'est « Ha'im tsipita lishou'a ? » « As-tu espéré la délivrance ? » Et Rachi nous dit là-bas: « As-tu essayé de voir la réalisation des promesses prophétiques dans tes jours ? » C'est-à-dire que ce n'est pas une attente passive, mais c'est réellement essayer de scruter les événements
et de voir s'il y a des avancées pour le peuple d'Israël. On a une expression dans le Midrash Rabba qui dit comme ça: « ceux qui agissent avec Dieu ». Et d'ailleurs, ça rappelle une expression du Rav Tsvi Yehouda, qui dit: il n'y a pas que l'aide du ciel, mais il y a aussi, entre guillemets, aider le ciel, c'est-à-dire participer, être acteur,
aider le projet du Créateur.
Alors bien sûr, ce qu'on est en train de vivre, ce n'est pas la Gueoula chléma. Il faut faire la différence entre Gueoula et Gueoula chléma. La Gueoula, c'est ce qu'on a défini avec le Maharal, et la Gueoula chléma, c'est tout ce qu'on peut imaginer: c'est-à-dire la Machia'h, le Beit Hamikdach, etc.
Un jour, on va poser la question: mais pourquoi vous, les sionistes religieux, qui fêtez Yom Ha'atsmaout, pourquoi est-ce que vous continuez de vous endeuiller à Ticha BeAv, le jour de la destruction du Temple ? Alors, j'ai un peu rigolé, parce qu'en réalité, à Yom Ha'atsmaout, on fête ce qu'il y a, et à Ticha BeAv, justement, on se deuille sur tout ce qu'il n'y a pas. La situation est très loin d'être parfaite.
Parfois, on entend: mais en Israël aussi, on est en exil. Et je pense qu'en fait, il faut parler d'aspects d'exil, un peu comme quand on dit que Chabbat, c'est mé'ein 'olam haba, un aspect du monde futur. Ou que quelqu'un qui se met en colère, c'est keilou ove avoda zara: il est comme s'il était idolâtre. Il n'est pas vraiment idolâtre, sinon il ne pourrait pas prier avec nous dans un minyan. Et Chabbat, ce n'est pas complètement le monde futur. C'est un aspect du monde futur.
Alors encore une fois, bien sûr qu'aujourd'hui, on a des aspects, des béhinot, d'exil en Erets Israël. Tout le peuple n'est pas encore rassemblé, on n'a pas encore le Beit Hamikdach, et il y a encore énormément de choses à faire. Ça ressemblerait à quoi ? À quelqu'un, par exemple, qui rentre dans sa maison, mais sa maison est complètement en travaux. Les robinets ne marchent pas, les murs sont cassés, etc. Est-ce qu'on peut dire que cette personne est sans abri ? Je ne pense pas. Elle est chez elle. Elle a une maison. Mais sa maison est en travaux, il y a beaucoup de travail. C'est exactement pareil pour l'État d'Israël. C'est un bébé qui est né, et il faut s'en occuper. Il y a beaucoup de travail.
Mais c'est un très grand mérite. C'est une chance, c'est un mérite de pouvoir vivre dans cette génération et de participer à amener un Israël à ce qu'il doit vraiment être.
Cours de Machon Meir
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