Tous les juifs doivent-ils faire leur Alyah ?
Ce que la Torah considère comme acquis, puis la vraie question : quand l'exil prend-il fin ?
Rav Raphaël Kohane
Ensuite : Être utile en temps de guerre : le combat de ceux qui sont loin du front, 12 min
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Alors, la question du jour: est-ce que tous les juifs du monde doivent faire leur alyah ou pas ? Bien sûr, on parle du point de vue de la Torah, pas du point de vue sécuritaire ou du point de vue du confort. Ces deux aspects, on peut aussi les traiter, mais une fois qu'on a le bon cadre, c'est-à-dire pour ceux qui s'intéressent à ce que la Torah dit, à ce qu'elle exige de nous, donc à ce qu'elle pense de cette question: doit-on faire la alyah ou pas ? Et on a l'impression que ça fait débat. On a l'impression qu'il y a des rabbanim sionistes et des rabbanim anti-sionistes. Il y a tout un arc entre les deux, mais on a l'impression que ça fait débat.
Et avant de comprendre le débat, c'est très important de comprendre sur quoi on est tous d'accord. Il y a pas mal de consensus, en fait, sur ce sur quoi on est d'accord. Et une fois qu'on a compris ça, on peut aussi comprendre sur quoi on n'est pas d'accord, et se faire un avis de manière beaucoup plus juste. C'est ce qu'on appelle réduire les machlokot.
Alors, sur quoi est-on tous d'accord ? On est tous d'accord que l'exil est une punition, c'est-à-dire que le fait que le peuple juif soit parti de sa terre, c'est à cause de fautes. On expliquera peut-être plus tard quel genre de fautes. En tout cas, c'est une punition selon tout le monde. Et la volonté de revenir est un idéal pour tout le monde. Donc c'est déjà pas mal. On est tous d'accord que le fait que le peuple juif ne soit pas sur sa terre est quelque chose de négatif, c'est une punition, et on espère tous revenir sur notre terre. C'est déjà énorme.
Pour mieux expliquer, il faut comprendre le terme de punition. Quand on parle de punition, on ne parle pas du tout d'une sorte de vengeance cruelle du Créateur qui n'est pas content parce qu'on n'a pas fait Sa volonté. Ce n'est pas ça. Une punition, c'est quelque chose de réparateur et d'éducateur. À quoi ça ressemble ? Ça ressemble à quelqu'un, par exemple, qui a mangé des choses mauvaises pour sa santé. De manière naturelle, il va tomber malade, et donc il va falloir qu'il aille chez le médecin pour que celui-ci lui dise comment corriger sa nutrition.
L'exil, c'est un peu pareil. L'exil, c'est une sorte de grand hôpital. C'est-à-dire que le peuple juif s'est mal conduit, il s'est un peu égaré de son identité, et on lui a dit: écoute, tu ne peux plus rester sur cette terre, ça ne convient plus, il faut que tu sortes en exil. Et en exil, il va se passer quelque chose. C'est ça qui est important, parce que l'exil a un but. Ce n'est pas seulement une punition: l'exil a un but réparateur, un but éducateur, de la même manière que l'hôpital a pour but de guérir le malade.
Maintenant, quand le malade doit sortir de l'hôpital, ça peut faire machloket entre les médecins, et il y a beaucoup de conséquences à cela. Si on sort un peu trop tôt de l'hôpital, la personne doit encore recevoir un traitement, et sortir trop tôt peut être vraiment dangereux. Mais sortir trop tard de l'hôpital peut aussi être très mauvais: à un moment, l'hôpital peut dégrader la santé de la personne. Le moment où elle doit sortir n'est pas forcément clair pour tout le monde.
Il y a plein de sources là-dessus, qu'on va essayer de voir, et qui sont comprises différemment par les rabbins. La question n'est pas vraiment: est-ce que les juifs doivent faire leur alyah ? Elle est plutôt: quand est-ce qu'ils doivent faire leur alyah ?
Il n'existe pas d'identité juive religieuse qui ne soit pas en attente de revenir en Terre d'Israël. Dans toutes nos prières, trois fois par jour, on prie pour le retour des exilés. Quand on mange un petit bout de pain, on fait le Birkat Hamazon, on parle de Yerouchalaïm. Personne n'imagine la Machiah ou le Temple ailleurs qu'à Yerouchalaïm. C'est la finalité. C'est quelque chose d'extrêmement central dans toutes nos prières.
Maintenant, ce qui reste à définir, c'est: quand est-ce qu'on sait que c'est la fin de l'exil ?
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