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Le Mont du Temple, de 1967 à nos jours

Comment le statu quo sur le Mont du Temple a été mis en place après la guerre des Six Jours, et pourquoi il reste contesté.

11 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : André Neher et Jérusalem, la rencontre avec le Mur, 5 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chers amis, bonjour. Nous sommes très proches de Yom Yerouchalaïm et, comme d'habitude, nous allons choisir parmi nos auteurs, nos poètes ou nos journalistes des écrits si intéressants concernant notre contemporain et, aujourd'hui, comme je vous le disais à l'instant, concernant Jérusalem.

Ce propos a été énoncé par une journaliste que j'admire beaucoup, Mme Lily Deray, dans le journal Amodia, et son énoncé est révélateur d'une situation que nous aurions pensée tout autre. Libéré voici 48 ans par Israël, le Mont du Temple, le lieu, comme vous le savez, le plus saint du peuple d'Israël, est néanmoins géré aujourd'hui

par le Wakf. Qu'est-ce que le Wakf ? Eh bien, c'est l'autorité musulmane responsable des lieux saints. La Knesset, le Parlement israélien, s'est réunie dernièrement, enfin l'année dernière plutôt, en séance extraordinaire pour débattre de la souveraineté israélienne sur le Mont du Temple, comme de bien entendu. À cette occasion, il est bon que nous nous penchions sur l'historique du Mont du Temple depuis la guerre des Six Jours et que nous analysions les enjeux politiques et religieux de ce que beaucoup considèrent comme le principal baril de poudre du Moyen-Orient. Je vous emmène dans cette histoire qui eut lieu il y a 48 ans, pour essayer de comprendre ce que nous vivons aujourd'hui, en 2015.

48 ans après que le commandant de la brigade des parachutistes, le célèbre général Motta Gour, eut prononcé la phrase que nous connaissons tous, « le Mont du Temple est entre nos mains », en 1967, en pleine guerre des Six Jours, beaucoup d'Israéliens ont le sentiment, à ce moment-là, que cette phrase est prometteuse. Et pourtant, aujourd'hui, peu d'entre nous comprennent que cette phrase n'est véritablement plus d'actualité.

Et c'est ce qui a conduit un des députés de la Knesset, qui n'est plus d'ailleurs dans cette Knesset, le député Moshe Feiglin, à réclamer la session extraordinaire du Parlement israélien, qui s'est tenue, comme vous vous en doutez, dans une ambiance houleuse. Les différents gouvernements israéliens sont parvenus à éviter le débat sur la question de la souveraineté israélienne sur ce que nous appelons le Har HaBayit. Ils l'ont fait en multipliant les slogans parlant de Jérusalem unifiée, ou réunifiée, pour l'éternité. Mais de facto, c'est la Jordanie qui en a la tutelle et c'est le Wakf qui est souverain, déclara M. Feiglin.

Pour comprendre les enjeux et l'ambivalence de l'approche israélienne par rapport au Mont du Temple, revenons en 1967. Quelques heures à peine après la libération de la Vieille Ville de Jérusalem par Tsahal, l'armée d'Israël, alors que le pays entier est en liesse, et que la fameuse photographie si célèbre des trois parachutistes en pleurs devant le Kotel a été prise à ce moment-là, le ministre de la Défense, M. Dayan, décide de façon unilatérale de transmettre la gestion du Mont du Temple, bien entendu, au Wakf, l'autorité musulmane, comme je le disais, chargée des lieux saints. Il renonçait donc, de facto, à la souveraineté israélienne sur les lieux.

Il ordonne à ce moment-là également de retirer le drapeau israélien qui avait été placé sur le toit de la mosquée. Et il déclare: « La dernière chose dont nous avons besoin à Jérusalem, c'est de brandir un drapeau sur la mosquée d'Omar. » Je vous laisse juste, bien entendu, cette approche de M. Dayan, particulièrement surprenante lorsqu'on sait à quel point le pays entier était enthousiaste face à la victoire miraculeuse de Tsahal. Un journal de l'époque cite même un des aumôniers de l'armée israélienne, qui se trouvait sur le mont durant ces heures fatidiques et qui affirmait qu'il avait monté la garde devant la porte de la mosquée d'Al-Aqsa avec d'autres, parce qu'il était persuadé qu'on allait y placer

des explosifs pour la détruire, dit-il.

Dix jours après, le nouveau statu quo concernant le Har HaBayit était mis en place. Refusant de passer par le gouvernement ou par une commission gouvernementale, de peur de faire face à des réactions trop, disait-on, sentimentalistes, Dayan suit les conseils de David Farhi, le conseiller aux questions arabes du commandant de la région centre, le général Ouzi Narkiss, de douce mémoire. Celui-ci lui affirme que, du point de vue de la théologie musulmane, aucune modification du statut du Mont du Temple n'est acceptable si elle est imposée par une autorité non musulmane.

Le 17 juin, Dayan rencontre les membres du Conseil suprême du Mont du Temple et leur expose le nouveau statu quo, selon lequel les soldats israéliens quitteront l'esplanade. Le gouvernement israélien sera responsable de la sécurité en général, mais ne sera pas impliqué dans la surveillance des lieux et de leur gestion. En outre, les Juifs seraient autorisés à visiter le Mont du Temple, mais, entendez bien, il ne leur serait pas permis d'y prier. Le ministre de la Défense transmet alors, geste ô combien symbolique, les clés du Har HaBayit à Shawish Hassanein, le gardien en chef du Wakf sur le Mont du Temple.

Dayan est persuadé, et l'histoire a prouvé à quel point, malheureusement, il s'est trompé, que par ce geste il parviendrait à retirer au conflit israélo-arabe sa dimension religieuse. Écoutons-le. Je cite: « Nous devons considérer le Mont du Temple comme un site historique appartenant au passé, et ne pas empêcher les Arabes de le considérer comme une mosquée. » Ainsi écrivait-il dans ses mémoires. Selon lui, le Kotel devait être le lieu de culte central des Juifs, et le Mont du Temple restait le lieu de culte des musulmans.

Mais, au fil des années, les musulmans, comme vous le savez, ont tout fait pour effacer et occulter le passé juif du Mont du Temple, le passé hébreu, nous dirons, pour être plus juste. Ils l'ont nommé d'ailleurs « l'esplanade des mosquées », ce qui n'a jamais été le cas, en tout cas dans le libellé et dans la nomination historique. Al-Aqsa a toujours appartenu à l'islam, et les Juifs n'y possèdent aucun lien historique, prétendent-ils. Pourquoi en serait-il autrement ?

Alors que le public israélien dans son ensemble, bien, disons-le, a accepté dans la plus grande indifférence que l'islam gère le lieu le plus saint du peuple d'Israël. C'est d'ailleurs avec la même indifférence que les Israéliens accepteront, trente ans plus tard, que le statut de tuteur, entendez bien le mot, du Har HaBayit soit accordé à la Jordanie dans le cadre des accords de paix avec Israël.

Les grands rabbins d'Israël, le Rav Eliyahou Bakchi-Doron et le Rav Israël Meir Lau, demandèrent au gouvernement quelques éclaircissements. Le Rav Bakchi-Doron exigea que le Mont du Temple conserve son statut, le plus saint du peuple d'Israël, et que tout changement de ce statut soit soumis d'abord et avant tout au Grand Rabbinat.

En août, le Rav Yisrael Mirlo affirma que la halakha ne pouvait pas changer au gré des décisions des politiques, et que le Conseil du Grand Rabbinat s'insurgerait contre tout signe de souveraineté étrangère sur le Mont du Temple, y compris son internationalisation ou sa transformation en territoire extraterritorial.

Même si M. Yitzhak Rabin s'est engagé à respecter les conditions des grands rabbins, de facto, Israël, nous le savons, a bien du mal à empêcher que ce Mont du Temple …

Cours de Machon Meir

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