Yom HaAtsmaout et Yom Yerouchalaïm : le mois de Iyar
Pourquoi le mois d'Iyar relie l'indépendance d'Israël à la reconquête de Jérusalem, et ce que le Maharal enseigne de la délivrance.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Yerouchalaïm, deux degrés : l'idéal et sa réalisation, 18 min
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Shalom à tous, je suis content de vous rencontrer, en espérant bien sûr que ces petites émissions auront un suivi et que nous pourrons ainsi aller à la rencontre de nombre de leçons des passions d'un hébreu.
Nous nous trouvons dans une période charnière, tout le monde en a conscience. Nous sommes entre la période de Yom HaZikaron, c'est-à-dire des journées de commémoration, et puis surtout cette journée de Yom HaAtsmaout, qui est le jour de l'indépendance d'Israël, de la souveraineté retrouvée. Et puis nous nous approchons inexorablement de cette journée de Yom Yerouchalaïm, qui est le 28 du mois d'Iyar.
Alors, je suis resté toujours assez étonné, si ce n'est ébloui, concernant le fait que le seul mot en hébreu qui porte un nom, le seul mot en hébreu qui se dit en araméen, « Iyar », comme tous les autres mots, eh bien, le seul mot qui porte un nom hébreu est ce mot d'« Iyar ». Il s'appelle « Ziv ». « Ziv » en hébreu, c'est la lumière, c'est le reflet lumineux. Est-ce pas hasard ?
Non, point. Le mois qui le précède est le mois de Nisan, où nous sommes sortis d'Égypte, et le mois qui le suit sera le mois de Sivan, où nous allons recevoir la Torah. Eh bien, dans ce seul mois de Ziv, de ce reflet lumineux dans l'histoire d'Israël, car, ô combien, nous ne pouvons défier l'histoire et dire que ce que nous vivions...
Quelques centaines de jours avant la déclaration de cette souveraineté, alors que l'on ouvrait les portails des camps de la mort et découvrait le drame et la tragédie de cette histoire humaine concernant en particulier notre peuple de manière systématique, nous comprenions que cette jointure, ce parallèle de l'histoire, n'était pas le fruit du hasard.
Il venait nous enseigner quelque chose. Le Maharal de Prague nous disait déjà: lorsque tu veux comprendre la délivrance à venir, ou la dernière délivrance, comme nous l'espérons que ce soit la nôtre, eh bien, il faut que tu apprennes de la délivrance première, c'est-à-dire de celle de la sortie d'Égypte. La sortie d'Égypte ne s'est pas faite simplement à travers les sons et lumières que certains veulent bien présenter. Non point !
Elle s'est faite à travers une véritable tragédie, dans la plaie de l'obscurité. Nos enfants, nos pères, nos mères ont été anéantis. Bien sûr, pas pour rien, le texte nous le dit. Rachi nous l'enseigne: durant la plaie de l'obscurité, les enfants d'Israël, quatre cinquièmes, qui ne voulaient pas sortir, ont été totalement anéantis,
ensevelis dans cette obscurité parce qu'ils ne voulaient pas sortir. Comme le dit le sage dans le Talmud: lorsque la septième année tu emmènes cet homme qui était à ton service parce qu'il t'avait volé, la septième année tu l'amènes devant les linteaux de porte, près de la Mezouza, et tu lui diras: mon enfant, voici qu'après m'avoir servi, nous ne voulons plus que tu sois le serviteur, mais que tu redeviennes le sujet de ton histoire. Et lui de répondre
malheureusement, malencontreusement, de répondre: « Vehafti est Adonis, j'aime mon maître ! » Alors le texte thoranique dit: tu prends le lobe de son oreille et tu le poinçonnes. Avez-vous remarqué, au XXe et au XXIe siècle, le nombre d'esclaves qui se promènent dans les ruelles de l'Occident ?
Ils sont nombreux à ne pas vouloir redevenir les sujets de leur histoire, qui s'acceptent de manière indécente et insuffisante comme les serviteurs, les objets d'une histoire de véritables malandrins. Mais c'est après ce drame que les enfants d'Israël sont investis d'une mission extraordinaire. Nous reparlons de cette Égypte ?
Le 10 du mois de Nisan, l'Éternel demande aux enfants d'Israël d'aller chercher un agneau, qui était l'animal idolâtré par les Égyptiens, d'aller chercher un agneau chez l'Égyptien, de le reprendre à leur barbe et à leur nez, et de le ramener chez eux. Je comprends, vous avez une question: c'est de savoir, il ne devait pas y avoir qu'un seul agneau. L'Éternel avait donné le nom de code à Moshé, qui le répéta aux enfants d'Israël. Il fallait prendre un agneau, mais qui ne répondrait qu'à l'appel de son nom.
Comment s'appelait-il ? Ah, j'avais oublié de vous le dire. Son nom était Pascal. Ils ont donc été chercher un agneau, et ils l'ont ramené dans leurs chambres, et pendant quatre jours, l'animal qu'il était se mit à bêler, de manière à provoquer en quelque sorte les Égyptiens, qui ne pouvaient broncher.
Face à tant d'outrecuidance de la part de ces Hébreux, qui n'étaient que les esclaves de l'Égypte, voici que ces derniers avaient osé prendre un agneau, se rebeller. Et le 14 du mois de Nisan, écoutez bien: le 14 du mois de Nisan, au jour se finissant, c'est-à-dire au crépuscule,
de cette journée, mais à l'aurore de ce quinzième jour qui serait le jour de la délivrance, l'Éternel demanda aux enfants d'Israël de prendre l'agneau, de le sacrifier, de prendre le sang, de peindre les linteaux des portes pour signifier qu'ici un Hébreu résidait, mais qui plus est, de faire de la viande un barbecue. Alors, vous le savez peut-être, mais qui n'a pas émis cette boutade: que le jour de l'indépendance en Israël, si l'on était pilote
et qu'on survolait les cieux de l'État d'Israël, on serait enfumés par les fumées des barbecues, comme des encens mis à la senteur des narines de l'Éternel ? Désolé pour l'anthropomorphisme. Et vous voulez me dire, vous, que c'est par hasard que les enfants d'Israël contemporains se mettent à faire un barbecue, qui, des siècles auparavant,
signifiait qu'ils affirmaient leur identité d'Hébreux et qu'ils fêtaient la délivrance qui aurait lieu quelques heures plus tard ? Nom d'une pipe incroyable ! Qui l'eût cru ? Eh bien, voilà que nous sommes aujourd'hui dans cette situation où nous retrouvons l'indépendance. Vous savez quelle est l'indépendance ? Atsmaout. La racine...
Etsem, c'est l'os. C'est comme si Atsmaout, c'était l'ossature de, le squelette de.
Et je vous disais quoi ? Que nous marchions inexorablement vers ce jour de Yom Yerouchalaïm. Oui, oui, oui, je sais. Le jour de l'indépendance d'Israël, trois groupes armés de nos Israéliens se sont présentés devant les murailles de Jérusalem: le Léhi de Yitzhak Shamir, l'Irgoun de Menahem Begin et la Palmah de Yigal Allon. Et les murailles n'ont pas tremblé. Les murs ne sont pas tombés, les portes ne se sont pas ouvertes. 19 ans plus tard,
Tsahal ! Non plus trois pluriels, mais un singulier: « se présenter devant les murailles ! » Elles ont tremblé, et la porte des Lions s'est ouverte devant nos parachutistes, et le monde fut dans un émoi des plus totaux lorsque le soldat arriva sur l'esplanade du Temple et dit: « Har HaBayit beyadenou: le mont du Temple est entre nos mains. »
Retrouver Jérusalem 19 ans après avoir affirmé la souveraineté, c'est vous dire que nous avions bâti le squelette, support d'un devenir, et que 19 ans plus tard, Jérusalem revenait, comme dans la création de l'être, lorsque le fœtus est naissant. Nos sages nous enseignent que lorsque le fœtus …
Cours de Machon Meir
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